Catégorie : B2B

  • Immobilisation incorporelle : définition, exemples et amortissement

    En bref

    Une immobilisation incorporelle est un actif non monétaire et sans substance physique détenu durablement par l’entreprise (logiciel, fonds de commerce, marque, brevet, licence). Elle est inscrite au compte 20 du PCG et amortie sur sa durée d’utilisation prévisible — sauf quand celle-ci est indéterminée (fonds de commerce, marques durables) auquel cas elle fait l’objet d’un test de dépréciation annuel obligatoire (PCG art. 214-15). Trois critères cumulatifs déterminent l’immobilisation : identifiabilité, contrôle, avantages économiques futurs.


    Définition comptable et fiscale

    Le PCG (article 211-1 et 211-3) qualifie d’immobilisation incorporelle un actif qui réunit trois critères :

    • Identifiable : séparable de l’entité (cessible isolément) ou résultant d’un droit légal ou contractuel.
    • Contrôlé par l’entité : pouvoir d’obtenir les avantages économiques futurs et d’en restreindre l’accès aux tiers.
    • Source d’avantages économiques futurs : génération de cash-flows attendus.

    S’ajoute la condition d’évaluation fiable du coût d’acquisition.

    À la différence des immobilisations corporelles (machines, véhicules, immeubles) qui ont une consistance physique, l’incorporel est par nature immatériel : un logiciel, une marque, un brevet, une licence d’exploitation, un nom de domaine.

    Liste des principales immobilisations incorporelles

    Le compte 20 — Immobilisations incorporelles se subdivise en :

    Compte Intitulé Exemples
    201 Frais d’établissement constitution, premier établissement (option d’amortissement)
    203 Frais de recherche et développement R&D capitalisable (conditions strictes)
    205 Concessions, brevets, licences, marques brevets déposés, licences logicielles
    206 Droit au bail indemnité versée au bailleur ou cédant
    207 Fonds commercial clientèle, achalandage acquis
    208 Autres immobilisations incorporelles logiciels, sites internet, noms de domaine

    Les principales catégories en pratique :

    Logiciels (compte 205 ou 2088)

    Logiciel acquis ou développé en interne, immobilisé dès qu’il est destiné à un usage durable. Voir Amortissement d’un logiciel.

    Sites internet (compte 2088)

    Sites avec serveur propre et fonctionnalités dépassant la simple présentation. Voir Amortissement d’un site internet.

    Brevets et licences (compte 205)

    Brevets déposés à l’INPI ou licences acquises auprès d’un tiers. Amortis sur la durée de protection légale (20 ans pour un brevet) ou sur la durée d’utilisation économique (souvent plus courte).

    Marques (compte 205)

    Marques déposées acquises auprès d’un tiers (les marques créées en interne ne sont pas immobilisables — PCG art. 311-3). Durée de protection : 10 ans renouvelable. Amortissement sur durée d’utilisation prévue ; si indéterminée, test de dépréciation annuel.

    Fonds de commerce (compte 207)

    Ensemble incorporel composé de la clientèle, de l’achalandage, du droit au bail (souvent), du nom commercial, de la marque. Non amortissable en principe, exception PME 10 ans (PCG 2022). Voir Amortissement du fonds de commerce.

    Droit au bail (compte 206)

    Indemnité versée au précédent locataire pour reprendre un bail commercial avantageux. Non amortissable, fait l’objet d’un test de dépréciation si la valeur diminue.

    Frais de recherche et développement (compte 203)

    Capitalisables uniquement si toutes les conditions PCG art. 311-3-1 sont remplies (faisabilité technique, intention de réaliser, ressources disponibles, génération d’avantages économiques, évaluation fiable). Sinon → charges. Amortissement linéaire sur 5 ans maximum (sauf cas spécifiques).

    Frais d’établissement (compte 201)

    Frais de constitution, frais de premier établissement, frais d’augmentation de capital. Option d’immobilisation : soit charges, soit immobilisation amortie sur 5 ans en linéaire.

    Comptabilisation à l’acquisition

    Le coût d’entrée comprend :

    • Le prix d’achat net de remises et rabais.
    • Les frais accessoires directement attribuables (honoraires, frais de mise en service).
    • Pour les actifs développés en interne : tous les coûts directs affectables (salaires des développeurs, sous-traitance directe).

    Sont exclus : les frais administratifs généraux non attribuables, les frais de formation des utilisateurs, les pertes opérationnelles avant mise en service.

    Écriture type — acquisition d’un logiciel

    15/03/2026
    205 — Concessions, brevets, licences (ou 2088 logiciels)        12 000,00
    44562 — TVA déductible immobilisations                            2 400,00
           404 — Fournisseurs d'immobilisations                              14 400,00
    (Acquisition logiciel comptabilité, facture n° XXX)
    

    Écriture type — production interne

    30/06/2026
    2088 — Logiciel développé en interne                            45 000,00
           72 — Production immobilisée                                       45 000,00
    (Mise en service logiciel développé en interne — coûts capitalisables)
    

    Amortissement et dépréciation

    Règle générale

    Toute immobilisation incorporelle à durée d’utilisation déterminée est amortie sur cette durée selon le PCG (art. 214-1).

    Exemples :

    Actif Durée typique
    Logiciel acquis 1 à 3 ans (linéaire ou dégressif)
    Logiciel développé en interne 5 ans linéaire
    Site internet 3 à 5 ans linéaire
    Brevet 5 à 20 ans (durée d’usage économique)
    Licence d’exploitation durée du contrat
    Frais de R&D capitalisés 5 ans maximum
    Frais d’établissement 5 ans maximum

    Cas des actifs à durée indéterminée

    Pour les actifs dont la durée d’utilisation est indéterminée — fonds de commerce, marques durables, droit au bail — il n’y a pas d’amortissement sauf exception (PME ⩽ 50 salariés, < 10 M€ CA et < 10 M€ total bilan, qui peuvent amortir le fonds sur 10 ans depuis la réforme PCG 2022).

    À la place, l’entreprise procède au test de dépréciation annuel obligatoire (PCG art. 214-15) : si la valeur actuelle du bien est inférieure à sa valeur comptable, on constate une dépréciation au compte 29X. Voir Dépréciation comptable.

    Régime fiscal — déductibilité des amortissements

    Les amortissements des immobilisations incorporelles sont fiscalement déductibles à la double condition d’être :

    • Comptablement constatés dans les comptes annuels.
    • Justifiés par une durée d’usage raisonnable et documentable.

    Cas particuliers :

    • Fonds de commerce amorti sur 10 ans (PME) : déductibilité fiscale temporaire pour les acquisitions du 1/1/2022 au 31/12/2025, puis non-déductibilité au régime de droit commun (sauf reconduction législative).
    • Frais d’établissement : amortissement déductible sur 5 ans linéaire.
    • R&D capitalisée : déductibilité de l’amortissement, mais l’option charge directe (avec CIR) reste plus favorable la plupart du temps.

    Exemple chiffré — brevet

    Une PME industrielle dépose un brevet à l’INPI fin 2025. Coût total : honoraires d’avocat + redevances de dépôt = 15 000 €. Durée d’utilisation économique estimée : 8 ans (durée plus courte que la protection légale de 20 ans, justifiée par l’obsolescence technologique probable du procédé).

    Plan d’amortissement

    Annuité = 15 000 / 8 = 1 875 €/an.

    VNC à fin année 1 : 13 125 €. À fin année 4 : 7 500 €. À fin année 8 : 0 €.

    Écritures

    À la mise en service (entrée au bilan) :

    15/12/2025
    205 — Brevets                                       15 000,00
           404 — Fournisseurs d'immobilisations                  15 000,00
    

    Dotation annuelle :

    31/12/2026
    6811 — Dotation aux amortissements                  1 875,00
           2805 — Amortissements brevets                          1 875,00
    

    Cas particuliers à surveiller

    Marque créée en interne

    Non immobilisable. Les coûts de création de marque (design, étude, dépôt initial) restent en charges. Seules les marques acquises auprès d’un tiers sont immobilisables.

    Listes de clients, parts de marché, charges similaires

    Non immobilisables sauf acquisition séparée (PCG art. 311-3). Une liste clients développée par l’effort commercial reste hors bilan.

    Goodwill / écart d’acquisition

    Constaté lors d’une acquisition d’entreprise pour le différentiel entre prix payé et juste valeur des actifs/passifs identifiables. Comptabilisé en compte 207 ou en immobilisation incorporelle selon le référentiel. Non amortissable en règle générale (test annuel obligatoire), avec exception PME comme pour le fonds de commerce.

    Cryptomonnaies et NFT

    Régime débattu. La position majoritaire de l’ANC (avis 2018-07) est de les classer en immobilisations incorporelles si détenues durablement avec intention de revente différée, en stocks si détenues pour la revente courante.

    FAQ

    Quelle différence entre immobilisation incorporelle et corporelle ?
    L’incorporelle n’a pas de substance physique (logiciel, marque, brevet) ; la corporelle est un bien matériel (véhicule, mobilier, immeuble). Le critère de comptabilisation est le même : durée d’utilisation supérieure à 12 mois et valeur unitaire significative.

    Une marque créée par l’entreprise est-elle immobilisable ?
    Non. Le PCG art. 311-3 exclut explicitement les marques, fichiers clients, têtes de réseau et éléments similaires développés en interne. Seules les marques acquises auprès d’un tiers entrent au bilan.

    Quel seuil pour immobiliser un logiciel ?
    Le seuil d’application courant est 500 € HT par tolérance fiscale, mais c’est plus la durée d’utilisation (> 12 mois) et la nature (logiciel autonome) qui déclenchent l’immobilisation. En dessous, charge directe au compte 6068 ou 6234.

    Le SaaS s’immobilise-t-il ?
    En règle générale non — un abonnement SaaS est une prestation de services sans transfert de contrôle, donc charge récurrente (compte 6234). Exception : les frais initiaux de paramétrage et migration peuvent être immobilisés s’ils sont substantiels et créent un actif identifiable.

    Faut-il faire un test de dépréciation chaque année ?
    Oui, uniquement pour les immobilisations incorporelles à durée d’utilisation indéterminée (fonds de commerce, certaines marques). Pour les autres incorporelles amortissables, le test n’est requis qu’en présence d’un indice de perte de valeur (baisse du CA, perte de client significatif, obsolescence technique).

    Comment évaluer une marque en interne ?
    Pour les marques acquises, le coût d’entrée est le prix payé. Pour les marques développées en interne, on ne les comptabilise pas (PCG). À titre d’information, les méthodes de valorisation existantes en finance (royalties relief, multiple de chiffre d’affaires, méthode des flux futurs) servent uniquement pour la documentation interne ou les opérations exceptionnelles (cession, fusion).

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement pour les immobilisations incorporelles ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia gère tous les types d’actifs incorporels (logiciel, brevet, marque, fonds de commerce). Mode linéaire ou dégressif selon le bien. Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement comptable

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 211-1 et 211-3 (définition immobilisation), 311-3 (exclusion incorporels créés en interne), 214-1 (amortissement), 214-15 (test dépréciation) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-10 (généralités amortissements), BIC-AMT-20-30 (incorporels) — BOFiP-Impôts.
    • Avis ANC (Autorité des Normes Comptables) n° 2015-06 (évaluation et comptabilisation incorporels) et n° 2018-07 (cryptomonnaies).

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. La frontière charge / immobilisation et le choix de la durée d’amortissement méritent une analyse au cas par cas.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • LMNP : amortissement, décomposition par composants et avantage fiscal réel

    En bref

    Le statut LMNP au régime réel (loueur en meublé non professionnel) est l’un des rares dispositifs qui permet à un particulier d’amortir un bien immobilier comme une entreprise. La technique repose sur la décomposition par composants (article 214-9 PCG) : le bien est ventilé entre terrain (non amortissable), gros œuvre (50 ans), façade et toiture (25 ans), installations techniques (15-20 ans), agencements et mobilier (5-10 ans). L’amortissement cumulé efface généralement le résultat fiscal pendant 15 à 25 ans. À la cession, les amortissements sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière des particuliers — l’avantage est différé, pas définitif.


    Pourquoi le LMNP réel permet d’amortir un bien immobilier

    Un particulier qui loue un logement nu déclare ses loyers en revenus fonciers — un régime qui ne permet pas d’amortir le bien. Les seules charges déductibles sont les intérêts d’emprunt, la taxe foncière, les travaux d’entretien et les charges de copropriété.

    Le statut LMNP au régime réel change radicalement la donne. Le bien meublé est traité comme une immobilisation d’entreprise : il rentre au bilan du loueur, génère des amortissements annuels, et ces amortissements s’imputent sur les loyers encaissés pour réduire ou annuler le résultat fiscal.

    Trois conditions cumulatives :

    • Le bien est loué meublé (mobilier suffisant pour une habitation immédiate — décret du 31 juillet 2015).
    • Les recettes annuelles sont inférieures à 23 000 € OU représentent moins de 50 % des revenus du foyer fiscal (sinon basculement en LMP).
    • Le loueur opte pour le régime réel (et non pour le micro-BIC à 50 % d’abattement forfaitaire).

    L’amortissement n’est jamais pris en compte par le micro-BIC. C’est le régime réel uniquement qui ouvre l’amortissement du bien.

    La décomposition par composants — le cœur du mécanisme

    L’avantage fiscal majeur du LMNP repose sur la décomposition par composants (PCG art. 214-9). Le bien est ventilé en plusieurs composants à durées d’amortissement différentes, ce qui permet une déduction accélérée les premières années.

    Ventilation type d’un appartement LMNP

    Composant Part du prix Durée Justification
    Terrain 10-20 % non amortissable PCG art. 214-3
    Gros œuvre 40-50 % 40-60 ans structure porteuse
    Façade et étanchéité 5-10 % 20-30 ans enveloppe extérieure
    Toiture (si maison) 5 % 25 ans composant identifiable
    Installations techniques 15-20 % 15-25 ans chauffage, électricité, plomberie
    Agencements intérieurs 5-10 % 12-15 ans cloisons, sols, peintures
    Mobilier 5-10 % 5-10 ans meubles, équipements

    Total amortissable : 80-90 % du prix d’achat (hors terrain).

    Méthodes de ventilation acceptées

    L’administration fiscale n’impose pas de barème universel. Trois approches sont admises :

    • Ventilation par expertise d’un professionnel (la plus défendable).
    • Barème pratique d’un cabinet spécialisé LMNP (le plus fréquent).
    • Estimation par devis détaillé si le bien est neuf ou rénové.

    La part du terrain doit être documentée : valeur foncière de référence, comparables locaux, ou expertise. Pour un appartement urbain, la part terrain est généralement de 10-15 % ; pour une maison avec jardin, elle peut atteindre 20-30 %.

    Exemple chiffré complet — appartement à 250 000 €

    Un investisseur LMNP achète un appartement meublé à 250 000 € HT (frais de notaire 8 % inclus dans la valeur immobilisée si activée).

    Ventilation retenue

    Composant Coût Durée Annuité
    Terrain 30 000 non amortissable
    Gros œuvre 110 000 50 ans 2 200
    Façade et étanchéité 20 000 25 ans 800
    Installations techniques 50 000 20 ans 2 500
    Agencements intérieurs 25 000 15 ans 1 667
    Mobilier 15 000 8 ans 1 875
    Total 250 000 9 042

    Annuité d’amortissement totale : 9 042 € la première année.

    Impact fiscal

    Loyers nets annuels (après charges, intérêts, taxe foncière, comptabilité) : 8 500 €.

    Avant amortissement → résultat fiscal de 8 500 € imposé au TMI + prélèvements sociaux.

    Après amortissement de 9 042 € → résultat fiscal de − 542 €, plafonné à 0 € par la règle dite du plafonnement des amortissements (art. 39 C du CGI). L’excédent de 542 € est reporté sur les exercices suivants sans limite de durée.

    Sur 15 ans, ce mécanisme permet de neutraliser intégralement la fiscalité sur les loyers, voire de constituer un stock d’amortissements reportables (la « bombe fiscale » utilisée à la cession ou à la baisse des loyers).

    Le plafonnement des amortissements — règle clé

    L’article 39 C du CGI fixe une règle anti-déficit propre au LMNP : les amortissements ne peuvent pas créer un déficit fiscal imputable sur les autres revenus.

    Concrètement :

    • L’amortissement annuel s’impute sur les loyers nets dans la limite du résultat avant amortissement.
    • L’excédent d’amortissement est reporté indéfiniment sur les exercices suivants.
    • Ce report ne s’éteint qu’en cas de cession du bien (et même dans ce cas, son utilisation est limitée).

    Règle pratique : on peut neutraliser le résultat à zéro mais pas le rendre négatif via les amortissements. Les autres charges (intérêts, taxe foncière) peuvent en revanche créer un déficit BIC normal, imputable sur les BIC futurs (art. 156 du CGI).

    Régime fiscal de la cession LMNP

    C’est le point d’attention majeur du LMNP au régime réel. Lors de la vente du bien, deux régimes s’affrontent selon la qualification :

    Si le bien reste en LMNP non professionnel (cas général)

    La plus-value relève du régime des plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U du CGI). Conséquences :

    • Calcul comme pour un bien classique : prix de vente − prix d’acquisition (sans déduction des amortissements pratiqués).
    • Abattement pour durée de détention : exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (prélèvements sociaux).
    • Les amortissements ne sont PAS réintégrés dans le calcul de la plus-value (réforme 2024 — confirmée par la loi de finances).

    C’est l’avantage fiscal majeur du LMNP non professionnel : on amortit pendant la détention, on revend sans réintégration des amortissements.

    Si le bien bascule en LMP (loueur professionnel)

    Si l’activité bascule en LMP (recettes > 23 000 € ET > 50 % des revenus), la plus-value relève des plus-values professionnelles (art. 39 duodecies). Dans ce cas :

    • Distinction court terme / long terme.
    • Réintégration des amortissements dans la plus-value à court terme (taxée au barème IR).

    Le franchissement involontaire du seuil LMP est donc à surveiller — il transforme rétroactivement le profil fiscal du bien.

    Réforme 2025 — réintégration partielle

    La loi de finances 2025 a modifié partiellement le traitement des amortissements en LMNP : à compter du 1er janvier 2025, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le calcul de la plus-value des particuliers, mais après abattement pour durée de détention. Le mécanisme aligne progressivement le LMNP sur le régime LMP. Les amortissements antérieurs au 1er janvier 2025 restent neutres.

    À jour : avril 2026. Le point sur la réforme dans LMNP réforme 2025 — ce qui change.

    Comptabilité LMNP — obligations spécifiques

    Le LMNP au régime réel impose :

    • Tenue d’une comptabilité commerciale (livre-journal, grand livre, balance, bilan, compte de résultat).
    • Déclaration 2031 annuelle (résultat des activités BIC) + liasse fiscale (2033 A à 2033 G).
    • Adhésion à un OGA (organisme de gestion agréé) recommandée pour bénéficier de la non-majoration de 25 % du résultat (la majoration a été supprimée à compter de 2023 mais l’OGA reste utile).

    Le coût de la comptabilité (500-1 500 €/an selon le niveau de service) est lui-même déductible comme charge.

    Cas particuliers

    Acquisition à crédit

    Les intérêts d’emprunt sont déductibles en charge (compte 661). Les frais de dossier, frais de notaire et frais de garantie peuvent au choix être :
    Activés au coût d’acquisition (et donc amortis avec le bien).
    Comptabilisés en charge sur l’exercice (option fiscalement plus favorable).

    Travaux après acquisition

    • Travaux d’entretien et de réparation : charges déductibles.
    • Travaux d’amélioration ou d’agencement : à immobiliser et amortir sur leur durée propre.
    • Gros travaux structurels : à intégrer comme nouveau composant ou en remplacement (sortie de l’ancien composant + entrée du nouveau).

    Bien démembré (usufruit / nue-propriété)

    L’usufruitier amortit le bien sur la durée de l’usufruit (si temporaire) ou sur la durée résiduelle estimée. La nue-propriété ne génère pas d’amortissement tant qu’elle n’est pas reconstituée.

    Résidence services (EHPAD, étudiants, tourisme)

    Le bien suit les mêmes règles d’amortissement par composants. Le bail commercial du gestionnaire ne modifie pas la qualification LMNP, sauf si l’investisseur fournit lui-même les services para-hôteliers.

    FAQ

    Quelle différence entre LMNP au réel et LMNP au micro-BIC ?
    Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % (30 % à compter de 2025 pour les meublés de tourisme non classés) sur les loyers, sans déduction de charges réelles ni amortissement. Le réel permet de déduire les charges réelles + amortissements, mais impose une comptabilité commerciale. Le réel est plus avantageux dès que les charges réelles + amortissements dépassent 50 % des loyers, ce qui est presque toujours le cas en LMNP avec emprunt.

    Faut-il un expert-comptable pour le LMNP au réel ?
    Pas obligatoire mais fortement recommandé. La tenue de la comptabilité, la liasse fiscale 2031 + 2033, la gestion du tableau d’amortissement par composants, et l’optimisation du résultat fiscal nécessitent une compétence spécifique. Coût annuel : 500 à 1 500 €/an, intégralement déductible.

    Que se passe-t-il si je dépasse les 23 000 € de loyers ?
    Vous restez en LMNP tant que les recettes BIC restent inférieures à 50 % des revenus de votre foyer fiscal. Au-delà, vous basculez en LMP (loueur professionnel) — régime fiscalement différent (plus-values professionnelles, déficits imputables sur le revenu global, mais affiliation SSI).

    Peut-on amortir des frais de notaire ?
    Au choix du loueur. Soit on les active au coût d’acquisition (et ils sont amortis avec les composants concernés), soit on les passe en charge dans l’exercice d’acquisition. La seconde option est généralement plus favorable fiscalement la première année.

    Quand commencer l’amortissement ?
    À la date de mise en service du bien, c’est-à-dire à la date de mise en location effective (premier locataire). Si le bien est inoccupé pendant des travaux, l’amortissement ne commence qu’à la fin des travaux et au démarrage de la location.

    Les meubles s’amortissent-ils séparément ?
    Oui, le mobilier est un composant à part entière, amorti sur 5 à 10 ans selon la nature (mobilier basique 5 ans, équipements électroménager 5-7 ans, literie 5 ans, agencements bois 8-10 ans). Le mobilier renouvelé en cours de bail suit le même régime.

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement LMNP ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « LMNP » qui ventile automatiquement le bien par composants à partir du prix d’achat et de quelques paramètres, et qui génère le tableau d’amortissement complet sur 30 ans. Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement LMNP

    Sources

    • Code Général des Impôts, articles 39 C (plafonnement amortissements LMNP), 150 U (plus-values particuliers), 155 (LMP/LMNP), 156 (déficit BIC) — Légifrance.
    • Plan Comptable Général (PCG), articles 214-3 (terrain), 214-9 (composants) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-CHAMP-40-20 (LMNP/LMP) — BOFiP-Impôts.
    • Loi de finances 2025, art. 24 (réintégration partielle des amortissements LMNP) — Légifrance.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. La ventilation par composants, le choix des durées et la gestion des reports d’amortissement méritent une analyse au cas par cas.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Subventions d’équipement : comptabilisation, amortissement et fiscalité

    En bref

    Une subvention d’équipement (ou subvention d’investissement) est une aide accordée par une collectivité publique ou un organisme pour financer une immobilisation déterminée. Elle se comptabilise au crédit du compte 131 (capitaux propres) et fait l’objet d’une reprise au résultat au même rythme que l’amortissement du bien financé (compte 139 → compte 777). Fiscalement, le législateur permet l’étalement de l’imposition sur la durée d’amortissement (art. 42 septies du CGI) — sauf option pour la taxation immédiate.


    Le mécanisme — un revenu différé corrélé à l’amortissement

    Une subvention d’équipement a une logique économique particulière : elle finance un actif durable qui va générer des avantages économiques sur plusieurs années. La doctrine comptable veut donc que la subvention soit rapportée au résultat progressivement, en parallèle de la consommation du bien financé.

    Le PCG (art. 947-13) consacre cette logique :

    • À la perception : la subvention entre au passif du bilan en capitaux propres (compte 131 — Subventions d’équipement).
    • Chaque année : on transfère une fraction de la subvention vers un compte de produit (775 7 — Quote-part des subventions virée au résultat de l’exercice), proportionnellement à l’amortissement comptabilisé sur le bien financé.
    • Quand la subvention est entièrement reprise : le compte 131 est soldé.

    Le résultat : la subvention apparaît comme un produit étalé, qui compense partiellement la dotation aux amortissements de l’exercice.

    Comptabilisation — les écritures à passer

    À la notification d’attribution

    Quand la collectivité notifie l’octroi de la subvention (avant encaissement) :

    15/01/2026
    4411 — État, subventions d'équipement à recevoir              50 000,00
           131 — Subventions d'équipement                                   50 000,00
    (Notification subvention équipement, financement projet XXX)
    

    À l’encaissement

    15/03/2026
    512 — Banque                                                  50 000,00
           4411 — État, subventions d'équipement à recevoir              50 000,00
    (Encaissement subvention)
    

    Reprise annuelle au résultat

    À chaque clôture, on calcule la quote-part de subvention à virer au résultat. La méthode standard est la proportionnalité à l’amortissement :

    Quote-part = Subvention × (Annuité d’amortissement de l’exercice ÷ Coût total amortissable du bien)

    Exemple : subvention de 50 000 € pour un bien de 200 000 € amorti sur 10 ans.

    • Annuité d’amortissement bien : 200 000 / 10 = 20 000 €.
    • Quote-part subvention reprise : 50 000 × (20 000 / 200 000) = 5 000 €/an sur 10 ans.

    Écriture annuelle :

    31/12/2026
    139 — Subventions d'équipement inscrites au compte de résultat   5 000,00
           777 — Quote-part des subventions virée au résultat                   5 000,00
    (Reprise annuelle subvention équipement)
    

    Au fil des années, le compte 131 reste à 50 000 € au passif et le compte 139 monte progressivement (en négatif) jusqu’à 50 000 €. À la fin de l’amortissement du bien, les deux comptes se soldent.

    Régime fiscal — l’option de l’article 42 septies

    L’article 42 septies du CGI permet à l’entreprise d’étaler l’imposition de la subvention sur la durée d’amortissement du bien financé. C’est l’option par défaut en pratique, alignée sur le traitement comptable.

    Conditions

    L’étalement fiscal nécessite :

    • Une subvention attribuée par l’État, les collectivités territoriales ou les organismes publics (UE, FEDER, ADEME, BPI, régions, etc.).
    • Une subvention destinée à financer une immobilisation déterminée (bien identifié dans la convention).
    • Une option expresse de l’entreprise (généralement implicite par le traitement comptable d’étalement).

    Conséquence

    La quote-part annuelle de subvention reprise au compte 777 est directement imposable au résultat de l’exercice de reprise. L’étalement aligne l’imposition sur la déduction de l’amortissement du bien financé.

    Cas du bien non amortissable (terrain)

    Si la subvention finance un bien non amortissable (terrain), l’étalement se fait sur 10 ans par convention.

    Cas de cession ou destruction

    Si le bien financé est cédé ou détruit avant la fin de l’amortissement, le solde de subvention non encore repris est rapporté au résultat de l’exercice de cession — sauf si l’entreprise réinvestit dans un bien de même nature dans un délai raisonnable.

    Différence avec une subvention d’exploitation

    Il faut distinguer :

    Subvention Finalité Compte Traitement
    Équipement / investissement Financer une immobilisation 131 Étalement sur la durée d’amortissement
    Exploitation Compenser une charge ou une perte 74 Imposable immédiatement
    Aide à l’embauche Compenser un coût salarial 74 Imposable immédiatement
    Subvention d’équilibre Combler un déficit 74 Imposable immédiatement

    Une subvention d’équipement peut basculer en subvention d’exploitation si l’aide n’est pas affectée à un investissement déterminé — la qualification dépend de la convention d’attribution.

    Exemple chiffré complet — installation photovoltaïque

    Une PME agricole installe une centrale photovoltaïque de 80 000 € HT en 2026. Elle bénéficie d’une subvention ADEME de 24 000 € (30 % du coût, encaissée en mars 2026).

    Plan d’amortissement de la centrale (composants)

    Composant Coût Durée Annuité
    Panneaux 56 000 25 ans 2 240
    Onduleur 12 000 10 ans 1 200
    Structure 12 000 25 ans 480
    Total 80 000 3 920

    Reprise annuelle de subvention (méthode proportionnelle simplifiée)

    Quote-part = 24 000 × (3 920 / 80 000) = 1 176 €/an pendant 10 ans (durée du composant le plus court — onduleur), puis recalcul.

    Variante simplifiée : étalement sur la durée d’amortissement la plus longue (25 ans) → 24 000 / 25 = 960 €/an pendant 25 ans.

    L’option retenue dépend de la documentation et de l’usage de l’entreprise. Toutes les méthodes sont admises tant qu’elles sont cohérentes avec le rythme d’amortissement.

    Écritures la première année

    À la notification puis encaissement :

    01/03/2026
    4411 — État, subventions à recevoir                  24 000,00
           131 — Subventions d'équipement                          24 000,00
    
    15/03/2026
    512 — Banque                                          24 000,00
           4411 — État, subventions à recevoir                     24 000,00
    

    À la clôture (méthode 25 ans) :

    31/12/2026
    139 — Subventions inscrites au résultat                  960,00
           777 — Quote-part subventions virée au résultat            960,00
    6811 — Dotation aux amortissements                     3 920,00
           2815x — Amortissements composants centrale              3 920,00
    

    Effet net sur le résultat 2026 : amortissement (− 3 920) + reprise subvention (+ 960) = − 2 960 €.

    Cas particuliers et points de vigilance

    Subvention couvrant une partie seulement du bien

    Le mécanisme est identique sur la quote-part subventionnée. Le bien reste comptabilisé pour son coût total (la subvention ne vient pas en déduction du coût d’entrée). On amortit le bien sur 100 %, et on reprend la subvention proportionnellement.

    Subvention conditionnelle (à rembourser si non-respect)

    Si la convention prévoit un remboursement en cas de non-respect des conditions (engagement de maintien d’emploi, durée d’usage minimale), il convient de provisionner le risque si la condition est susceptible de ne pas être remplie. La subvention n’est définitivement acquise qu’à l’expiration des conditions.

    Subvention en nature

    Apport en nature (matériel mis à disposition gratuitement par une collectivité) : enregistrement à la juste valeur au compte 131 en contrepartie de l’immobilisation reçue. Mécanisme identique de reprise par la suite.

    Crédit d’impôt

    Un crédit d’impôt (CIR, CICE) n’est pas une subvention au sens comptable. Il est traité en réduction de l’impôt sur les sociétés (compte 695) ou en produit (compte 731). Pas de mécanisme de reprise étalée.

    Suramortissement

    Le suramortissement (déduction supplémentaire en plus de l’amortissement classique) est une mesure fiscale sans contrepartie comptable. Aucune écriture en classe 1 — uniquement une déduction extra-comptable sur la liasse fiscale 2058 A.

    FAQ

    Une subvention reçue avant l’achat du bien doit-elle être comptabilisée ?
    Oui — dès la notification d’attribution, même si le bien n’est pas encore acquis. L’écriture passe au compte 131 par la contrepartie du compte 4411 (subvention à recevoir). La reprise commence quand le bien commence à être amorti.

    Peut-on choisir d’imposer immédiatement la subvention au lieu de l’étaler ?
    Oui — c’est l’option opposée à l’art. 42 septies. L’entreprise déclare la totalité de la subvention en produit imposable de l’exercice de perception. Choix possible si le déficit en cours absorbe la subvention sans surcoût d’IS, ou pour anticiper une future hausse d’IS.

    La subvention est-elle exonérée de TVA ?
    La TVA dépend du caractère affecté ou complément de prix de la subvention. Une subvention d’équipement classique (financement d’un investissement) est en règle générale hors champ de TVA. Une subvention qui correspond à un complément de prix (subvention d’exploitation directement liée à une vente) est en revanche soumise à TVA. À vérifier dans chaque cas auprès de la convention et du BOFiP TVA-CHAMP-10-10-40-30.

    Que faire si je revends le bien financé avant la fin de l’amortissement ?
    Le solde non encore repris du compte 131 est rapporté au résultat de l’exercice de cession (compte 139 → 777, totalité du solde). Imposable immédiatement, sauf réinvestissement dans un bien de même nature dans un délai raisonnable.

    Comment traiter une subvention couvrant plusieurs biens ?
    On ventile la subvention entre les biens financés au prorata de leur coût d’acquisition. Chaque fraction de subvention suit ensuite la durée d’amortissement du bien correspondant. Méthode à documenter dans une fiche de calcul jointe au dossier comptable.

    Faut-il un compte spécifique pour chaque subvention ?
    Pas obligatoirement. Les subventions sont comptabilisées au compte 131 (et 139) avec un suivi auxiliaire par convention. Pour des montants significatifs ou des subventions spécifiques (Europe, ADEME, région), un sous-compte distinct est recommandé pour faciliter le suivi de la reprise et les contrôles éventuels.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement comptable

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 312-1, 947-13 (subventions d’investissement) — Légifrance.
    • Code Général des Impôts, article 42 septies (étalement fiscal des subventions d’équipement) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-PDSTK-10-30-10 (subventions d’équipement) — BOFiP-Impôts.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. La qualification de la subvention et son rythme de reprise doivent être documentés au regard de la convention d’attribution.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Amortissement linéaire : principe, calcul et écritures

    En bref

    L’amortissement linéaire est la méthode de droit commun pour répartir le coût d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation. Le principe : annuité constante chaque année = base amortissable ÷ durée. C’est la méthode comptable par défaut (PCG art. 214-13) et la méthode fiscale par défaut quand le dégressif n’est pas applicable. La première et la dernière année se calculent au prorata temporis (au jour près) si l’acquisition ou la cession ne tombe pas en début ou fin d’exercice.


    Le principe — répartition uniforme du coût

    L’amortissement linéaire repose sur une logique simple : un bien dont la durée d’utilisation est de N années perd en théorie 1/N de sa valeur chaque année. Donc l’annuité d’amortissement est constante.

    Cette méthode est imposée comptablement par le PCG sauf cas où une autre méthode reflète mieux la consommation des avantages économiques (rare en pratique). Le linéaire reste le standard absolu :

    • Tous les immeubles s’amortissent en linéaire (pas de dégressif possible).
    • Tous les biens incorporels s’amortissent en linéaire (sauf logiciels avec régime spécial).
    • Tous les véhicules de tourisme, le mobilier, certains équipements sont en linéaire obligatoire.
    • Le dégressif est une option fiscale réservée à certaines catégories (matériel industriel, informatique, utilitaires) — sur option de l’entreprise.

    La formule de calcul

    Annuité standard (année complète)

    Annuité = Base amortissable × Taux linéaire = Base ÷ Durée.

    Avec :
    Base amortissable = coût d’acquisition (HT pour entreprise assujettie à TVA) − valeur résiduelle estimée. La valeur résiduelle est en pratique souvent nulle ou négligeable, donc base = coût d’acquisition.
    Taux linéaire = 1 ÷ durée d’utilisation. Pour 5 ans : 1/5 = 20 %. Pour 4 ans : 25 %. Pour 10 ans : 10 %.
    Durée = durée d’utilisation prévisible, généralement alignée sur les durées d’usage admises par le BOFiP.

    Prorata temporis (année incomplète)

    Pour l’année d’acquisition et l’année de cession, le calcul se fait au jour près :

    Annuité prorata = Annuité pleine × (Nombre de jours d’utilisation ÷ 360 ou 365).

    L’usage majoritaire en France retient 360 jours par an (mois de 30 jours) pour l’amortissement comptable, mais 365 reste admis et plus courant en informatique de gestion.

    Le calcul démarre à la date de mise en service (et non à la date d’acquisition si différente).

    Exemple chiffré complet

    Une PME acquiert au 15 avril 2026 un équipement de production pour 24 000 € HT. Durée d’utilisation : 6 ans. Mise en service : 15 avril 2026.

    Plan d’amortissement

    Annuité pleine = 24 000 ÷ 6 = 4 000 €/an.

    Année 2026 : prorata du 15/4 au 31/12 = 8 mois et 16 jours = 256 jours sur 360 jours = 71,11 %.

    Année Période Annuité VNC fin
    2026 15/4 → 31/12 (256 j) 2 844 21 156
    2027 année pleine 4 000 17 156
    2028 année pleine 4 000 13 156
    2029 année pleine 4 000 9 156
    2030 année pleine 4 000 5 156
    2031 année pleine 4 000 1 156
    2032 1/1 → 14/4 (104 j) 1 156 0
    Total 24 000

    Sur 7 années calendaires, on amortit l’équivalent de 6 années pleines.

    Écritures comptables

    À l’acquisition :

    15/04/2026
    2154 — Matériel industriel                   24 000,00
    44562 — TVA déductible immobilisations         4 800,00
           404 — Fournisseurs d'immobilisations          28 800,00
    (Acquisition équipement de production, facture XXX)
    

    Dotation 2026 (clôture) :

    31/12/2026
    6811 — Dotation aux amortissements           2 844,00
           28154 — Amortissements matériel industriel        2 844,00
    (Dotation linéaire 2026, prorata 256 jours)
    

    Dotations 2027 à 2031 (annuelles complètes) :

    31/12/AAAA
    6811 — Dotation aux amortissements           4 000,00
           28154 — Amortissements matériel industriel        4 000,00
    

    Dotation 2032 (dernière, prorata) :

    31/12/2032
    6811 — Dotation aux amortissements           1 156,00
           28154 — Amortissements matériel industriel        1 156,00
    

    Comment choisir la durée

    Le PCG (art. 214-3) définit la durée d’amortissement comme la durée d’utilisation prévisible du bien. En pratique, deux références :

    Durées d’usage du BOFiP

    Pour les PME, l’administration tolère l’utilisation des durées d’usage courantes par catégorie (BIC-AMT-10-40-30). Liste indicative :

    Bien Durée d’usage
    Logiciel acquis 1 à 3 ans
    Matériel informatique 3 à 5 ans
    Matériel industriel léger 6 à 10 ans
    Matériel industriel lourd 10 à 20 ans
    Mobilier de bureau 10 ans
    Véhicule de tourisme 4 à 5 ans
    Véhicule utilitaire 4 à 8 ans
    Agencements 10 à 15 ans
    Bâtiment industriel 20 à 50 ans
    Bâtiment de bureaux 25 à 50 ans
    Brevet 5 à 20 ans

    Durée d’utilisation propre

    Les moyennes et grandes entreprises doivent retenir leur durée d’utilisation propre (souvent plus longue que la durée d’usage). En cas d’écart, l’amortissement comptable se fait sur la durée d’utilisation propre, et l’écart avec la durée d’usage fiscale peut être traité en amortissement dérogatoire (compte 145).

    Voir Durées d’amortissement par catégorie de bien pour le détail.

    Le linéaire vs le dégressif

    Critère Linéaire Dégressif
    Statut Méthode de droit commun Option fiscale
    Annuité Constante Décroissante
    Biens Tout actif amortissable Liste limitative (art. 39 A)
    Calcul prorata Au jour près Par mois entier (arrondi sup)
    Complexité Simple Bascule, dérogatoire
    Effet trésorerie Linéaire Accélère les premières années

    Le linéaire reste majoritairement utilisé en France pour deux raisons : il s’applique partout, il est simple à gérer comptablement. Le dégressif est réservé à des arbitrages d’optimisation ponctuelle.

    Cas particuliers

    Année de cession

    L’année de la sortie de l’actif (vente, mise au rebut, destruction), on calcule un dernier amortissement au prorata temporis entre le 1er janvier et la date de sortie. La VNC à la date de sortie sert ensuite à calculer la plus-value ou la moins-value de cession. Voir Cession d’une immobilisation.

    Mise en service différée

    Si l’acquisition et la mise en service ne sont pas concomitantes (équipement à installer, bâtiment à équiper), l’amortissement démarre à la date de mise en service effective. Entre les deux dates, le bien est inscrit en immobilisations en cours (compte 23X) et ne génère pas d’amortissement.

    Composants de durées différentes

    Si un bien comprend plusieurs composants à durées différentes (immeuble, centrale photovoltaïque), on amortit chaque composant en linéaire sur sa durée propre. Voir Approche par composants.

    Révision du plan d’amortissement

    Le plan d’amortissement initial peut être révisé en cours de vie si la durée résiduelle change (changement d’usage, accélération de l’obsolescence, dépréciation constatée). La VNC est alors étalée sur la nouvelle durée résiduelle estimée. La modification doit être documentée et justifiée — pas de révision discrétionnaire pour minorer le résultat.

    Bien entièrement amorti mais toujours utilisé

    Quand un bien arrive à VNC nulle mais reste en service, il reste au bilan (compte 2x au débit, compte 28x au crédit, montants identiques) jusqu’à sa sortie effective. Aucune dotation supplémentaire n’est passée. Si la durée d’utilisation se révèle plus longue que prévue, l’amortissement n’est jamais récupéré — c’est un gain comptable et fiscal antérieur consolidé.

    FAQ

    Faut-il toujours appliquer un prorata temporis ?
    Oui, dès que l’année d’acquisition ou de cession est incomplète. Le calcul se fait par défaut au jour près (en 360 ou 365 jours selon le logiciel comptable). C’est différent du dégressif qui calcule par mois arrondi au mois supérieur.

    Comment calculer le taux linéaire ?
    Taux = 100 % ÷ durée en années. Durée 5 ans → 20 %. Durée 8 ans → 12,5 %. Durée 10 ans → 10 %. Durée 20 ans → 5 %.

    Le linéaire est-il toujours déductible fiscalement ?
    Oui dès que la durée retenue correspond à une durée d’utilisation raisonnable (pas inférieure à la durée d’usage admise par le BOFiP, sinon réintégration de l’amortissement excédentaire). Pour les véhicules de tourisme, plafonnement spécifique de l’art. 39-4 du CGI.

    Peut-on amortir un bien acheté d’occasion ?
    Oui. La base amortissable = prix d’acquisition de l’occasion. La durée d’amortissement = durée d’utilisation prévisible résiduelle (souvent plus courte que la durée d’usage standard pour un bien neuf). Le dégressif est en revanche normalement exclu pour les biens d’occasion.

    Comment gérer un investissement progressif (acquisition + travaux d’installation) ?
    On comptabilise les acomptes et travaux en immobilisations en cours (compte 23X) jusqu’à la mise en service. À la mise en service, on bascule l’ensemble au compte d’immobilisation final (compte 21X). L’amortissement commence à cette date sur la base totale (acompte + travaux + frais).

    Faut-il enregistrer une dotation à zéro pour un bien inutilisé ?
    Non — si le bien est durablement inutilisé, on continue de passer la dotation comme prévu au plan d’amortissement (le PCG ne prévoit pas d’arrêt). Si l’inutilisation est durable au point de constater une perte de valeur, on constate une dépréciation (compte 681X / 29X). Voir Dépréciation comptable.

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement linéaire ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode linéaire qui génère automatiquement le tableau d’amortissement avec prorata temporis, ligne par ligne, exportable en PDF ou XLSX. Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement linéaire

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), article 214-13 (mode d’amortissement reflétant la consommation), article 214-3 (durée d’utilisation) — Légifrance.
    • Code Général des Impôts, articles 39-1-2° (amortissements admis en déduction), 39-4 (plafonnement véhicules) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-10 (généralités) et BIC-AMT-10-40-30 (durées d’usage) — BOFiP-Impôts.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. Le choix de la durée et le calcul du prorata doivent être documentés et défendables.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Amortissement dégressif : principe, coefficient et calcul

    En bref

    L’amortissement dégressif est une méthode fiscale optionnelle qui permet d’accélérer la déduction d’une immobilisation les premières années. Le principe : appliquer un coefficient (1,25 / 1,75 / 2,25 selon la durée) au taux linéaire pour obtenir le taux dégressif, puis l’appliquer chaque année à la valeur résiduelle (et non au prix d’origine). Le passage au linéaire se fait automatiquement quand l’annuité linéaire calculée sur la durée restante devient supérieure à l’annuité dégressive. Réservé à certains biens (matériel industriel, informatique, véhicules utilitaires) et exclu pour d’autres (immeubles, voitures particulières, mobilier).


    Le principe — accélérer la déduction fiscale

    L’amortissement dégressif est défini par l’article 39 A du CGI. C’est une option fiscale : l’entreprise choisit librement, à l’acquisition d’un bien éligible, entre l’amortissement linéaire (de droit commun) et l’amortissement dégressif. Le choix est définitif sur la durée du bien.

    L’intérêt principal : déduire plus de charges les premières années et donc différer l’impôt. Sur la durée totale, le total des amortissements est le même qu’en linéaire (la base amortissable est identique), mais le rythme est différent.

    L’option dégressive est donc particulièrement intéressante :

    • En début d’exploitation d’un bien neuf coûteux (réduction immédiate du résultat fiscal).
    • Pour les entreprises bénéficiaires soumises à l’IS (économies d’IS reportées).
    • Pour optimiser un stock d’amortissement dérogatoire (compte 145), constaté en différentiel comptable / fiscal.

    Les biens éligibles au dégressif

    Le dégressif n’est pas accessible à tout actif. L’art. 39 A du CGI et le décret d’application listent les catégories éligibles :

    Biens éligibles

    • Matériels et outillages industriels utilisés à des opérations industrielles de fabrication, transformation ou transport.
    • Matériel informatique : ordinateurs, serveurs, périphériques techniques.
    • Matériel de bureau : à condition d’être utilisé à des fins industrielles ou commerciales et d’avoir une durée d’usage ≥ 3 ans (limitation pratique).
    • Véhicules utilitaires (catégorie N1, type CTTE/CAM) : pas les voitures particulières.
    • Installations productrices d’énergie : photovoltaïque, éolien (composants techniques uniquement).
    • Bâtiments industriels légers (durée d’usage ≤ 15 ans, hôtellerie sous conditions).

    Biens exclus

    • Voitures particulières (catégorie M1) : amortissement linéaire obligatoire, plafonné par l’art. 39-4 du CGI.
    • Immeubles d’habitation et bureaux : linéaire obligatoire.
    • Mobilier de bureau classique : linéaire obligatoire (sauf si à usage industriel).
    • Logiciels : un régime spécifique d’amortissement sur 12 mois est possible, mais pas le dégressif au sens de l’art. 39 A.
    • Immobilisations incorporelles en règle générale (sauf logiciels via le régime des 12 mois).

    Le coefficient dégressif

    Le coefficient dépend de la durée d’amortissement prévue :

    Durée d’usage Coefficient Taux linéaire Taux dégressif
    3 ou 4 ans 1,25 33,33 % ou 25 % 41,67 % ou 31,25 %
    5 ou 6 ans 1,75 20 % ou 16,67 % 35 % ou 29,17 %
    > 6 ans 2,25 ≤ 14,29 % ≤ 32,14 %

    Le taux dégressif = taux linéaire × coefficient.

    Exemple : durée 5 ans → taux linéaire 20 % × 1,75 = taux dégressif 35 %.

    Le mécanisme de calcul

    Le dégressif s’applique chaque année à la valeur résiduelle (et non au prix d’origine), jusqu’au point de bascule où le linéaire reprend la main.

    Étape 1 — Annuité de la 1re année

    Annuité = prix d’acquisition × taux dégressif.

    Prorata temporis si l’acquisition n’est pas en début d’exercice : calcul mensuel arrondi au mois supérieur (à la différence du linéaire qui se calcule en jours).

    Étape 2 — Annuités suivantes

    Annuité = valeur résiduelle (VNC) × taux dégressif.

    La VNC = prix d’origine − amortissements cumulés.

    Étape 3 — Bascule en linéaire

    Chaque année, on compare :

    • Annuité dégressive = VNC × taux dégressif.
    • Annuité linéaire sur durée résiduelle = VNC ÷ années restantes.

    Quand l’annuité linéaire devient supérieure, on bascule définitivement en linéaire pour le reste de la durée.

    Exemple chiffré complet

    Une PME industrielle achète au 1er janvier 2026 une machine-outil pour 60 000 € HT. Durée d’usage : 5 ans. Coefficient dégressif : 1,75. Taux dégressif : 20 % × 1,75 = 35 %.

    Tableau d’amortissement

    Année Base Taux Annuité dégressive Annuité linéaire (résiduelle) Méthode appliquée Annuité retenue VNC fin
    2026 60 000 35 % 21 000 60 000 / 5 = 12 000 dégressif 21 000 39 000
    2027 39 000 35 % 13 650 39 000 / 4 = 9 750 dégressif 13 650 25 350
    2028 25 350 35 % 8 873 25 350 / 3 = 8 450 dégressif 8 873 16 477
    2029 16 477 35 % 5 767 16 477 / 2 = 8 239 bascule linéaire 8 239 8 239
    2030 16 477 8 239 (linéaire imposé) linéaire 8 239 0

    Total amortissements : 21 000 + 13 650 + 8 873 + 8 239 + 8 239 = 60 000 €

    Sur 5 ans, le total est identique au linéaire pur (60 000 €). Mais en 2026, l’amortissement dégressif (21 000 €) est 75 % plus élevé que l’amortissement linéaire (12 000 €) — soit une économie d’IS différée de 9 000 € × 25 % = 2 250 € d’impôt déplacé sur l’avenir.

    Écritures

    Dotation 2026 :

    31/12/2026
    6811 — Dotation aux amortissements                              12 000,00
    6872 — Dotation aux amortissements dérogatoires                  9 000,00
           2815 — Amortissements installations techniques                   12 000,00
           145 — Amortissements dérogatoires                                 9 000,00
    (Dotation 2026 — linéaire 12 000 + dérogatoire 9 000 = dégressif fiscal 21 000)
    

    L’écart entre amortissement comptable (linéaire) et amortissement fiscal (dégressif) est porté en amortissement dérogatoire (compte 145). Voir Amortissement dérogatoire.

    Cas du prorata temporis

    Pour le dégressif, le prorata est calculé par mois et arrondi au mois supérieur.

    Exemple : machine acquise le 15 mars 2026, durée 5 ans, taux dégressif 35 %.

    Mois d’amortissement 2026 : du 15 mars (mois 3) au 31 décembre = 10 mois (arrondi).

    Annuité 2026 = 60 000 × 35 % × 10/12 = 17 500 €.

    À comparer avec le linéaire qui se calcule en jours (15/3 → 31/12 = 290 jours / 365 = 0,795).

    Avantages, inconvénients, alternatives

    Avantages du dégressif

    • Économie d’impôt immédiate la première année.
    • Décalage de la trésorerie fiscale en faveur de l’entreprise.
    • Constitution d’un stock d’amortissement dérogatoire (compte 145), réversible à la cession.

    Inconvénients du dégressif

    • Complexité comptable (gestion du dérogatoire, de la bascule, de la VNC chaque année).
    • Annuités décroissantes sur les exercices suivants — peut peser si la rentabilité du bien augmente avec le temps.
    • Pas applicable à tous les biens — exclusion des voitures particulières et de l’immobilier de bureaux.

    Alternative — le suramortissement

    Pour certains investissements stratégiques (transition écologique, robotique, numérique), le législateur a parfois ouvert un suramortissement : déduction supplémentaire de 40 % à 60 % de la valeur du bien, en plus de l’amortissement classique. Mécanisme proche de l’amortissement dérogatoire, à surveiller chaque année dans la loi de finances.

    FAQ

    Le dégressif est-il obligatoire ou optionnel ?
    Optionnel. L’entreprise choisit à l’acquisition entre linéaire et dégressif (si le bien est éligible). Le choix est définitif pour ce bien. Si on n’opte pas pour le dégressif, on amortit en linéaire.

    Peut-on changer de méthode en cours de vie du bien ?
    Non. Le choix est figé à l’origine. Seul le passage automatique au linéaire au bon moment de la bascule modifie le rythme — mais ce n’est pas un changement de méthode au sens strict, c’est l’aboutissement mécanique du dégressif.

    Le dégressif est-il accessible aux entreprises soumises à l’IR ?
    Oui. Toutes les entreprises soumises à un régime réel d’imposition (IS, IR-BIC, BA réel) peuvent opter pour le dégressif sur les biens éligibles. Seul le régime micro-BIC ou micro-BA exclut le dégressif (la base est forfaitaire).

    Que se passe-t-il à la cession d’un bien amorti en dégressif ?
    La VNC à la date de cession est calculée sur la base des amortissements dégressifs cumulés (pas le linéaire pur). Le solde d’amortissement dérogatoire (compte 145) lié à ce bien est repris immédiatement au compte 7872 lors de la sortie. Voir Amortissement dérogatoire.

    Le dégressif fonctionne-t-il sur les biens d’occasion ?
    Non, en règle générale. Le dégressif est réservé aux biens neufs. Exception ponctuelle : certains biens d’occasion peuvent y être éligibles si la loi le prévoit (rare, à vérifier au BOFiP).

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement dégressif ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « dégressif » qui calcule automatiquement le tableau année par année avec la bascule au linéaire et le différentiel d’amortissement dérogatoire à comptabiliser. Gratuit, sans inscription.

    Quel est le différentiel d’IS gagné en optant pour le dégressif sur 100 000 € ?
    Pour un bien de 100 000 € amorti sur 5 ans à l’IS 25 %, l’avantage cumulé en valeur actualisée (taux 4 %) est de l’ordre de 2 500 à 3 500 € selon le rythme retenu. C’est une trésorerie déplacée, pas une économie nette définitive — l’avantage est financier, pas fiscal au sens strict.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement dégressif

    Sources

    • Code Général des Impôts, article 39 A (amortissement dégressif), article 39 B (passage au linéaire) — Légifrance.
    • Annexe II au CGI, articles 22 à 25 (modalités d’application du dégressif) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-20-20 (amortissement dégressif) — BOFiP-Impôts.
    • Plan Comptable Général (PCG), article 214-13 (cohérence amortissement comptable / dérogatoire) — Légifrance.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. L’éligibilité au dégressif et le choix de la durée d’usage méritent une analyse au cas par cas.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Immobilisation financière : définition, exemples et comptabilisation

    En bref

    Une immobilisation financière est un actif financier détenu durablement par l’entreprise pour générer un revenu, exercer un contrôle ou une influence sur une autre entité, ou immobiliser des fonds (cautions, dépôts). Elle est inscrite aux comptes 26 (titres) ou 27 (autres immobilisations financières) du PCG. À la différence des immobilisations corporelles et incorporelles, elle ne s’amortit pas — elle fait éventuellement l’objet d’une dépréciation (compte 296/297) si la valeur descend durablement sous la valeur d’entrée.


    Définition

    Le PCG (article 221-1) définit les immobilisations financières comme des actifs financiers détenus durablement, à la différence des valeurs mobilières de placement (compte 50) qui sont détenues dans une optique de placement de trésorerie à court terme.

    Le critère de distinction repose sur l’intention de l’entité au moment de l’acquisition :

    • Détention durable, contrôle, influence → immobilisations financières (compte 26 ou 27).
    • Placement de trésorerie, revente probable < 1 an → valeurs mobilières de placement (compte 50).

    L’horizon de détention attendu doit être supérieur à 12 mois. Cette intention détermine le classement et le traitement comptable.

    Les principales immobilisations financières

    Le compte 26 regroupe les titres ; le compte 27 les autres immobilisations financières.

    Compte 261 — Titres de participation

    Titres dont la possession durable est utile à l’activité de l’entreprise — typiquement, prise de participation dans une filiale ou société liée. Le PCG retient une présomption : les titres représentant plus de 10 % du capital sont présumés titres de participation.

    Exemples :
    – Détention de 30 % du capital d’une filiale opérationnelle.
    – Achat de titres dans une société partenaire commerciale stratégique.
    – Holding détenant les titres de ses filles.

    Compte 266 — Autres formes de participation

    Investissements en titres de SCI immobilières (gestion patrimoniale), parts dans des fonds de capital-risque détenus durablement, participations minoritaires non stratégiques mais durables.

    Compte 271 — Titres immobilisés autres que TIAP

    Titres de placement long terme (obligations, actions) destinés à être conservés sans intention de prendre le contrôle.

    Compte 272 — Titres immobilisés (droits de créance)

    Obligations à long terme, titres participatifs, certificats d’investissement.

    Compte 274 — Prêts

    Prêts consentis par l’entreprise à des tiers (clients, salariés, partenaires) avec une durée résiduelle supérieure à un an. Pour la fraction à moins d’un an, reclassement en charge à payer ou créance courante.

    Compte 275 — Dépôts et cautionnements versés

    Versements faits à des tiers (bailleurs, fournisseurs d’énergie, organismes professionnels) qui seront restitués à l’issue d’un contrat. Le dépôt de garantie d’un bail commercial est l’exemple type.

    Compte 276 — Autres créances immobilisées

    Créances long terme diverses qui ne rentrent pas dans les comptes précédents (prêts assimilés, créances rattachées à des participations).

    Comptabilisation à l’acquisition

    Le coût d’entrée est le prix d’achat + frais accessoires directement attribuables (commissions, droits de mutation, honoraires).

    Écriture type — acquisition de titres de participation

    30/04/2026
    261 — Titres de participation                    50 000,00
           512 — Banque                                     50 000,00
    (Acquisition 100 % SARL filiale, 100 parts à 500 €)
    

    Écriture type — dépôt de garantie sur bail commercial

    01/06/2026
    275 — Dépôts et cautionnements versés             5 000,00
           512 — Banque                                      5 000,00
    (Dépôt de garantie bail commercial, 5 mois de loyer)
    

    Écriture type — prêt à un salarié sur 3 ans

    15/03/2026
    274 — Prêts au personnel                          10 000,00
           512 — Banque                                     10 000,00
    (Prêt aide au logement salarié X, remboursable en 36 mensualités)
    

    Pas d’amortissement — mais dépréciation possible

    Les immobilisations financières ne s’amortissent pas. Elles ne perdent pas de valeur par usage ou par le passage du temps comme une machine ou un véhicule.

    En revanche, elles peuvent faire l’objet d’une dépréciation (compte 296/297 selon le compte d’origine) si leur valeur d’inventaire descend durablement sous leur valeur d’entrée.

    Test de dépréciation

    À chaque clôture, l’entreprise compare :

    • Valeur d’entrée = coût d’acquisition.
    • Valeur d’inventaire = ce qu’on récupérerait à cette date dans des conditions normales.

    Pour les titres de participation, la valeur d’inventaire est généralement la quote-part de situation nette de la société détenue, ajustée si nécessaire (rentabilité, perspectives, comparables sectoriels).

    Pour les prêts et créances, la valeur d’inventaire prend en compte le risque de non-recouvrement.

    Si la valeur d’inventaire est durablement inférieure, on constate une dépréciation :

    31/12/2026
    6866 — Dotation aux dépréciations financières     8 000,00
           2961 — Dépréciation des titres de participation         8 000,00
    (Test de dépréciation 2026 — situation nette filiale en baisse)
    

    Voir Dépréciation comptable — règles et test annuel pour le détail du mécanisme.

    Régime fiscal

    Cession de titres de participation

    Régime fiscal distinct du régime de droit commun. Pour les sociétés à l’IS, les plus-values long terme sur titres de participation détenus depuis plus de 2 ans sont exonérées d’IS sauf une quote-part de frais et charges de 12 % réintégrée au résultat imposable (art. 219-I-a quinquies du CGI). C’est le régime du « niches Copé ».

    Cette niche fiscale rend les titres de participation particulièrement attractifs sur le long terme — c’est le pilier des structurations en holding.

    Dividendes reçus

    Pour les sociétés à l’IS détentrices d’une participation ≥ 5 % depuis au moins 2 ans, les dividendes reçus de la filiale bénéficient du régime mère-fille : exonération d’IS sauf 5 % de quote-part de frais et charges (art. 145 et 216 du CGI).

    Dépréciation déductible

    La dépréciation des titres de participation est comptabilisée mais non déductible fiscalement pour les sociétés à l’IS (régime cohérent avec l’exonération des plus-values long terme). Elle est en revanche déductible pour les autres immobilisations financières (prêts, dépôts).

    Cas particuliers

    Compte courant d’associé débiteur

    Une avance de trésorerie consentie à un associé n’est pas une immobilisation financière — elle est qualifiée fiscalement de distribution (art. 111 du CGI) et imposable en revenus mobiliers chez l’associé.

    Si l’avance est consentie par l’associé à la société (compte courant créditeur), elle figure au passif et n’a aucune incidence sur les immobilisations financières.

    Caution donnée mais non décaissée

    Une caution donnée à un tiers (par exemple caution bancaire de bonne fin) sans décaissement effectif ne s’enregistre pas au compte 275. Elle est mentionnée hors-bilan en engagement.

    Titres de placement vs titres immobilisés

    Distinction d’intention au moment de l’acquisition. Un transfert de classement (compte 50 → compte 271) est possible mais doit être documenté et justifié comptablement.

    Prêt avec garantie sur immobilisation

    Si le prêt est garanti par un nantissement sur immobilisation, le compte d’immobilisation prêtée n’est pas affecté tant que la garantie n’est pas appelée. En cas d’appel de la garantie, la créance contre le débiteur défaillant remplace l’immobilisation.

    Sortie des immobilisations financières

    À la cession ou au remboursement :

    • Sortie de l’immobilisation : compte 26x ou 27x au crédit pour la valeur d’entrée.
    • Encaissement : compte 512 au débit.
    • Plus ou moins-value : différence entre prix de cession et valeur d’entrée, comptabilisée au compte 7756/6756 pour la majorité des immobilisations financières (résultat exceptionnel).

    Pour les titres de participation, voir le régime spécifique des plus-values long terme ci-dessus.

    FAQ

    Quelle différence entre VMP (compte 50) et titres immobilisés (compte 27) ?
    L’intention de détention au moment de l’acquisition. VMP = placement de trésorerie à court terme (< 12 mois) ; titres immobilisés = détention durable (> 12 mois). Le classement détermine le traitement (capitaux propres traités, dépréciation, plus-values).

    Le dépôt de garantie d’un bail s’amortit-il ?
    Non. Il est remboursable à l’issue du bail, donc pas d’amortissement. Si le bailleur garde tout ou partie du dépôt à la sortie (pour réparations, impayés), la fraction non restituée constitue une charge.

    Comment évaluer la valeur d’inventaire d’une participation non cotée ?
    Trois méthodes courantes : (1) quote-part de situation nette comptable retraitée, (2) multiple d’EBE sectoriel, (3) valeur des flux futurs actualisés (DCF). La méthode retenue doit être documentée et défendable, surtout en cas de dépréciation à constater.

    Une cryptomonnaie détenue durablement est-elle une immobilisation financière ?
    Position de l’ANC (avis 2018-07) : non — c’est une immobilisation incorporelle (compte 208 ou 207 selon l’usage) dans la majorité des cas, pas financière. Le caractère financier supposerait un titre représentatif d’un droit, ce que n’est pas une cryptomonnaie au sens juridique français actuel.

    Le compte courant d’associé est-il une immobilisation ?
    Cela dépend du sens. Un compte courant débiteur (la société a avancé des fonds à l’associé) figure au compte 451 — ce n’est pas une immobilisation, c’est requalifié fiscalement en distribution. Un compte courant créditeur (l’associé a avancé à la société) figure au passif (compte 455) et n’est pas non plus une immobilisation.

    Faut-il faire un test de dépréciation chaque année ?
    Oui — pour les titres notamment. Le PCG impose la prudence : à chaque clôture, comparer valeur d’entrée et valeur d’inventaire. Pour les prêts et dépôts, le test n’est requis qu’en présence d’un indice de risque de non-recouvrement.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 221-1 (définition), 332-3 (titres de participation), 332-9 (dépréciation des titres) — Légifrance.
    • Code Général des Impôts, articles 145 et 216 (régime mère-fille), 219-I-a quinquies (plus-values long terme), 39-1-5° (dépréciations) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-PVMV-30 (plus-values sur titres) — BOFiP-Impôts.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. Le classement entre VMP et titres immobilisés et l’évaluation des participations méritent une analyse au cas par cas.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Calculateur d’amortissement comptable — gratuit, sans inscription

    En bref

    Le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia génère automatiquement un tableau d’amortissement complet à partir de quelques paramètres : prix d’acquisition, durée, méthode (linéaire ou dégressif), date de mise en service. Il intègre les plafonds fiscaux spécifiques (véhicules de tourisme, véhicules électriques), gère le prorata temporis, calcule la bascule automatique linéaire en mode dégressif, et produit le suivi du compte 145 (amortissement dérogatoire) si applicable. Gratuit, sans inscription, exportable PDF et XLSX.


    L’outil — page de l’application

    L’application calculateur sera intégrée prochainement à cette page.
    En attendant l’intégration finale, un MVP web est disponible en page d’accueil.

    L’outil propose plusieurs modes de calcul accessibles via les paramètres d’URL :

    • /b2b/calculateur/ — mode standard (linéaire ou dégressif au choix).
    • /b2b/calculateur/?mode=composants — mode décomposition par composants (immeuble, centrale photovoltaïque, LMNP).
    • /b2b/calculateur/?mode=cession — mode calcul de plus-value à la cession.
    • /b2b/calculateur/?mode=lmnp — mode LMNP au régime réel (ventilation par composants automatique).
    • /b2b/calculateur/?methode=derogatoire — mode amortissement dérogatoire (suivi compte 145).
    • /b2b/calculateur/?actif=... — préréglage par type d’actif (logiciel, mobilier, véhicule, immobilier, etc.).

    Fonctionnalités principales

    Saisie simple

    Quatre paramètres suffisent pour générer un tableau standard :

    • Désignation du bien (libre).
    • Coût d’acquisition HT.
    • Durée d’amortissement en années.
    • Date de mise en service.

    Pour le dégressif, un cinquième paramètre : catégorie du bien (pour vérifier l’éligibilité).

    Calcul automatique du prorata temporis

    L’outil calcule l’annuité de la première année au jour près (mode linéaire) ou par mois entier (mode dégressif), conformément aux règles fiscales et comptables.

    Bascule automatique linéaire en mode dégressif

    L’outil compare chaque année l’annuité dégressive (VNC × taux dégressif) et l’annuité linéaire sur durée résiduelle (VNC ÷ années restantes), et bascule automatiquement quand le linéaire devient supérieur.

    Suivi du compte 145 (amortissement dérogatoire)

    En mode dégressif ou suramortissement, l’outil produit le différentiel comptable / fiscal à comptabiliser au compte 145, ainsi que le rythme de reprise.

    Plafonds fiscaux automatiques

    L’outil applique automatiquement les plafonds spécifiques :

    • Véhicule de tourisme : barème CO2 (9 900 / 18 300 / 20 300 / 30 000 €).
    • Véhicule électrique : 30 000 €, batterie déductible séparément.
    • Voiture > 130 g CO2/km : 9 900 €.

    Voir les pages dédiées pour le détail des règles.

    Décomposition par composants

    En mode composants, l’outil permet de saisir plusieurs composants avec leur coût, leur durée et leur méthode. Il génère le tableau d’amortissement combiné avec une ligne par composant et le total annuel.

    Export PDF et XLSX

    Le tableau d’amortissement complet est exportable au format PDF (présentation soignée) ou XLSX (manipulable dans un tableur).

    Cas d’usage typiques

    PME / TPE

    Suivi de l’amortissement des immobilisations courantes : matériel informatique, mobilier, véhicules utilitaires, équipements industriels. Préparation de la dotation annuelle pour le bilan.

    Investisseurs LMNP

    Ventilation automatique d’un bien immobilier meublé par composants, génération du tableau sur 30 ans, intégration au calcul du résultat fiscal annuel.

    Experts-comptables

    Vérification rapide d’un calcul d’amortissement, génération d’un tableau pour client, comparaison linéaire / dégressif pour optimisation fiscale.

    Étudiants en comptabilité / DCG / DSCG

    Vérification d’exercices, compréhension des mécanismes (prorata, bascule, dérogatoire), préparation aux examens.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles méthode :

    Articles par actif :


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Amortissement par type d’actif : tableau de référence

    En bref

    Tous les biens immobilisés ne s’amortissent pas selon les mêmes règles. La durée, la méthode (linéaire, dégressif ou dérogatoire) et l’éventuel plafond fiscal dépendent du type d’actif. Cette page récapitule les règles applicables aux principales catégories — véhicules, matériel informatique, logiciels, mobilier, locaux, fonds de commerce — et renvoie vers les articles dédiés pour le détail de chaque cas.


    Pourquoi raisonner par type d’actif

    Le Plan Comptable Général pose un principe général (article 214-13) : l’amortissement répartit le coût d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation. Mais ce principe se décline ensuite bien par bien selon trois variables que le propriétaire de l’actif n’a pas toujours en tête :

    • La durée d’usage admise, fixée par référence aux usages professionnels et au BOFiP.
    • La méthode d’amortissement éligible : tous les actifs ne donnent pas droit au dégressif.
    • Les plafonds ou règles fiscales spécifiques : certains biens (véhicule de tourisme, immeuble en LMNP, fonds de commerce) sont encadrés par des règles à part.

    Concrètement : un ordinateur acheté 1 800 € et un véhicule de tourisme acheté 35 000 € ne se traitent pas du tout de la même façon, même s’ils relèvent tous les deux des immobilisations corporelles. C’est ce que résume le tableau de référence ci-dessous.

    Tableau de référence — durées et méthodes par actif

    Durées indicatives admises par l’administration fiscale (BOFiP-Impôts, série BIC-AMT). Les durées d’usage sont des fourchettes : un commissaire aux comptes peut accepter une durée différente si elle est justifiée par les conditions réelles d’utilisation dans l’entreprise.

    Catégorie Type d’actif Durée d’usage indicative Méthode Cas particulier Article dédié
    Véhicules Véhicule de tourisme 4-5 ans Linéaire (dégressif interdit) Plafond fiscal selon CO2 Voir l’article
    Véhicule électrique 4-5 ans Linéaire Plafond fiscal 30 000 € Voir l’article
    Véhicule utilitaire / société 4-5 ans Linéaire ou dégressif si neuf Pas de plafond Voir l’article
    Informatique Matériel informatique (ordinateur, serveur) 3 ans Linéaire ou dégressif (coef. 1,25) Voir l’article
    Logiciel acquis en licence 1 à 3 ans Linéaire (parfois dégressif si neuf) SaaS = charge, pas immo Voir l’article
    Site internet 3 à 5 ans Linéaire Frais de création immobilisables sous conditions Voir l’article
    Mobilier & équipement Mobilier de bureau 10 ans Linéaire Voir l’article
    Matériel et outillage 5 à 10 ans Linéaire ou dégressif (coef. 1,75) Voir Durées d’amortissement
    Agencements et installations 10 à 15 ans Linéaire Voir Durées d’amortissement
    Immobilier (B2B) Construction (gros œuvre) 20 à 30 ans Linéaire Approche par composants obligatoire Voir l’article
    Toiture, second œuvre 15 à 25 ans Linéaire Composant à isoler Voir l’article
    Terrain Non amortissable Sauf carrière, gisement Voir l’article
    Immobilier en LMNP Bien loué meublé Décomposition par composants Linéaire par composant Cluster fiscal spécifique Voir le pilier LMNP
    Énergie Panneau solaire (pro/agricole) 20 à 25 ans Linéaire Suramortissement temporaire selon période Voir l’article
    Immatériel commercial Fonds de commerce Non amortissable en principe Exception 10 ans pour TPE/PME (PCG 2022) Voir l’article
    Droit au bail Non amortissable en principe Cas particuliers Voir l’article
    Brevet, licence à durée fixe Durée de protection Linéaire Voir Immobilisations incorporelles
    Marque Non amortissable en principe Durée d’usage indéterminée Voir Immobilisations incorporelles

    Les biens non amortissables : une catégorie à part

    Avant de se demander comment amortir, il faut s’assurer que le bien est amortissable. Quatre catégories échappent à l’amortissement :

    Le terrain. Un terrain ne s’use pas, sauf cas particulier (carrière, gisement). C’est la règle la plus stable du PCG. Conséquence pratique : à l’achat d’un local commercial, il faut séparer la valeur du terrain et celle de la construction dans les comptes — seule la construction est amortissable. Cette séparation est aussi la base de la décomposition par composants en LMNP. Pour le détail : Amortissement et terrain : pourquoi le sol est exclu.

    Le fonds de commerce, en principe. Il n’est pas amortissable parce que sa valeur est censée perdurer tant que l’activité reste exploitée. La réforme du PCG en vigueur depuis 2022 a néanmoins ouvert une exception pour les TPE et PME (sous seuils de chiffre d’affaires et de bilan) : amortissement possible sur 10 ans. Détails : Amortissement du fonds de commerce.

    Les œuvres d’art acquises par l’entreprise dans le cadre du mécénat (article 238 bis AB du CGI) suivent un régime de déduction étalée qui n’est pas un amortissement comptable au sens strict. Et leur valeur ne se déprécie pas dans le bilan.

    Les immobilisations financières (titres de participation, prêts, dépôts). Elles peuvent en revanche faire l’objet d’une dépréciation quand leur valeur estimée descend sous leur valeur d’acquisition. La dépréciation est ponctuelle, l’amortissement est planifié — ce sont deux mécanismes distincts. Voir Immobilisations financières.

    Les règles fiscales spécifiques par actif

    Trois familles d’actifs concentrent l’essentiel des règles particulières que les concurrents éditoriaux traitent superficiellement.

    Véhicule de tourisme : le plafond fiscal

    C’est la règle particulière la plus fréquemment rencontrée et la plus mal appliquée. Quand une entreprise achète un véhicule de tourisme (immatriculé VP), seule une fraction du prix d’achat est admise comme base d’amortissement déductible, plafonnée selon les émissions de CO2. La fraction qui dépasse le plafond donne lieu à un amortissement excédentaire non déductible, à réintégrer fiscalement chaque année.

    Les plafonds applicables (à vérifier chaque janvier — ils sont susceptibles d’évolution annuelle) :

    Émissions CO2 Plafond de base amortissable
    0 g/km (véhicule électrique) 30 000 €
    1 à 49 g/km (véhicule hybride éligible) 20 300 €
    50 à 130 g/km 18 300 €
    Plus de 130 g/km 9 900 €

    Pour le calcul de la part non déductible et l’écriture comptable, voir l’article dédié : Amortissement du véhicule de tourisme. Les véhicules utilitaires (catégorie N1) ne sont pas concernés par ces plafonds.

    Logiciel : la frontière SaaS / immobilisation

    La question revient en permanence depuis que les logiciels sont passés du modèle « licence à payer une fois » au modèle SaaS (abonnement). Le critère de bascule est simple à énoncer mais souvent mal tranché :

    • Licence perpétuelle (paiement unique, droit d’usage permanent) : c’est une immobilisation incorporelle, à amortir sur 1 à 3 ans selon la durée d’usage technique.
    • SaaS / abonnement (paiement récurrent, droit d’usage tant qu’on paie) : c’est une charge, comptabilisée au compte 6181 ou 6228 selon la nature, sans amortissement.

    Cas hybride : un logiciel SaaS facturé annuellement avec engagement pluriannuel. Le retraitement dépend du contrat. Voir Amortissement du logiciel.

    Approche par composants : obligatoire au-delà d’un seuil

    Pour les actifs complexes (immeuble, véhicule poids lourd, avion, machine industrielle), l’amortissement en bloc est interdit dès lors que les composants ont des durées d’usage significativement différentes. C’est l’approche par composants prévue à l’article 214-9 du PCG.

    Concrètement, un local commercial de 500 000 € s’amortit ainsi :
    – Terrain (estimé 100 000 €) : non amortissable.
    – Gros œuvre (250 000 €) : amorti sur 30 ans.
    – Toiture (50 000 €) : amortie sur 25 ans.
    – Second œuvre et finitions (75 000 €) : amorti sur 15 ans.
    – Équipements (chaudière, ascenseur — 25 000 €) : amortis sur 10-15 ans.

    C’est cette logique qui rend les amortissements LMNP si avantageux fiscalement (cf. pilier LMNP).

    Quelle méthode choisir : arbre de décision rapide

    Trois questions, dans cet ordre :

    1. Le bien est-il éligible au dégressif ? L’amortissement dégressif est strictement réservé. Sont éligibles : matériel et outillage industriel acquis neuf, équipement informatique neuf, certains équipements éligibles selon le BOFiP (BIC-AMT-20-20). Ne sont pas éligibles : véhicule de tourisme, mobilier, immeuble, biens d’occasion, immobilisations incorporelles (sauf logiciels neufs sous conditions).

    2. L’entreprise a-t-elle intérêt au dégressif ? Le dégressif accélère la déduction fiscale les premières années. C’est intéressant pour une entreprise bénéficiaire qui veut récupérer rapidement la déductibilité de son investissement. Pour une entreprise déficitaire ou en démarrage, l’effet fiscal immédiat est nul — autant rester en linéaire, plus simple.

    3. Y a-t-il un cas pour le dérogatoire ? L’amortissement dérogatoire devient nécessaire quand la durée fiscale admise est plus courte que la durée d’usage comptable, ou en cas de suramortissement temporaire (mesure exceptionnelle). C’est une mécanique technique, à voir avec un expert-comptable. Détail : Amortissement dérogatoire.

    Par défaut — c’est-à-dire quand on n’a aucune raison particulière de faire autrement — le linéaire s’applique. Plus de 90 % des actifs sont amortis en linéaire dans les comptes des PME françaises.

    FAQ

    Comment savoir quelle durée appliquer à un bien spécifique ?
    Trois sources hiérarchisées. D’abord l’usage réel dans votre entreprise (durée pendant laquelle vous comptez utiliser le bien). Ensuite le BOFiP (BIC-AMT-10) qui donne les durées d’usage admises par catégorie. Enfin, en cas de doute, votre expert-comptable, qui aligne les durées avec la doctrine de votre secteur. La durée fiscale et la durée comptable peuvent différer — c’est ce que gère l’amortissement dérogatoire.

    Peut-on amortir un bien acheté d’occasion en dégressif ?
    Non. Les biens d’occasion sont exclus de l’amortissement dégressif. Le linéaire s’applique sur la durée d’utilisation prévisible restante.

    Faut-il amortir une cafetière à 80 € ?
    Non. Sous le seuil de 500 € HT par bien (seuil de tolérance fiscale, BOFiP BIC-CHG-20-20), un actif peut être passé directement en charge plutôt qu’immobilisé. Au-delà de ce seuil, l’immobilisation et l’amortissement sont la règle.

    Que faire d’un bien entièrement amorti mais encore utilisé ?
    Le bien reste à l’actif du bilan à sa valeur d’origine, contrebalancé par les amortissements cumulés équivalents (valeur nette comptable nulle). Aucune nouvelle dotation n’est passée. Tant que le bien sert, il reste inscrit. À la cession ou à la mise au rebut, on solde simultanément le compte d’immobilisation et son compte d’amortissements cumulés.

    Comment décomposer un bien en composants ?
    Pour un immeuble : faire évaluer la part du terrain (non amortissable) puis ventiler la construction entre gros œuvre, toiture, second œuvre et équipements selon des fourchettes documentées (à défaut, un expert-comptable ou un évaluateur immobilier ventilera). Pour les autres actifs complexes : la documentation technique du fabricant donne souvent la durée des composants principaux.

    Peut-on changer de durée d’amortissement en cours de route ?
    Oui mais sous conditions. Si la durée d’usage prévisionnelle change durablement (par exemple : un véhicule prévu pour 5 ans qui restera finalement 3 ans), la durée d’amortissement doit être révisée et l’écart documenté. Le changement doit être justifié et mentionné en annexe des comptes annuels.

    Existe-t-il un calculateur qui gère tous ces cas ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia couvre les méthodes linéaire, dégressif et dérogatoire, avec présélection par type d’actif (véhicule de tourisme avec plafond, logiciel, mobilier, etc.) et génère le tableau d’amortissement complet. Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Pilier de référence : Amortissement comptable — guide complet | Durées d’amortissement par catégorie de bien

    Articles par actif :

    Cluster connexe : LMNP — décomposition par composants et avantage fiscal | Amortissement dérogatoire | Cession d’une immobilisation

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 214-13 (définition) et 214-9 (approche par composants) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT (durées d’usage par catégorie) et BIC-CHG-20-20 (seuil de 500 € HT) — BOFiP-Impôts.
    • Code Général des Impôts, article 39-4 (plafond véhicule de tourisme) et article 238 bis AB (œuvres d’art mécénat) — Légifrance.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. Les plafonds véhicule, les durées d’usage et les régimes de suramortissement évoluent — vérifier la dernière version applicable à votre exercice.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Amortissement dérogatoire : définition, mécanisme, comptabilisation

    En bref

    L’amortissement dérogatoire est un amortissement fiscal sans contrepartie économique réelle : il intervient quand l’administration fiscale autorise une déduction plus rapide que celle qui correspond à l’usure effective du bien. Il se constate au compte 145 (capitaux propres), via le compte de dotation 6872 et le compte de reprise 7872. Il existe principalement dans trois cas : écart entre durée fiscale et durée d’usage, méthode dégressive supérieure au linéaire comptable, et régimes ponctuels de suramortissement prévus par les lois de finances. Sur la durée totale, l’amortissement dérogatoire est neutre — il décale dans le temps une déduction fiscale, sans la créer.


    Pourquoi un amortissement « dérogatoire »

    L’amortissement comptable répartit le coût d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation économique. C’est une logique d’image fidèle : la dotation reflète la perte de valeur réelle du bien.

    Mais l’administration fiscale peut autoriser ou imposer une déduction qui s’écarte de cette logique économique — pour encourager l’investissement, simplifier le calcul, ou compenser un écart de durée. Quand le rythme fiscal de déduction dépasse le rythme comptable d’amortissement, l’écart se loge dans un compte particulier : l’amortissement dérogatoire.

    C’est un mécanisme purement comptable, sans incidence sur la trésorerie. Il loge un surplus d’amortissement fiscal dans les capitaux propres, à la frontière entre charges et réserves.

    Trois cas typiques d’application

    Cas n°1 — Méthode fiscale dégressive sur amortissement comptable linéaire

    C’est le cas le plus fréquent. Pour un bien éligible (matériel et outillage industriel, équipement informatique neuf), l’entreprise peut opter pour le dégressif fiscal alors que le bien s’amortit en linéaire au plan comptable (parce que sa dépréciation économique est régulière dans le temps).

    L’écart entre les deux annuités les premières années est constaté en amortissement dérogatoire :

    • Annuité fiscale > annuité comptable → on inscrit la différence en dotation au compte 6872.
    • Annuité fiscale < annuité comptable (les dernières années, après basculement linéaire) → on inscrit la différence en reprise au compte 7872.

    Sur la durée totale, dotations et reprises s’équilibrent à zéro. C’est un mécanisme de trésorerie fiscale étalée différemment dans le temps.

    Cas n°2 — Écart durée fiscale / durée d’usage

    Quand la durée fiscale admise par le BOFiP est plus courte que la durée d’usage économique retenue par l’entreprise, l’amortissement fiscal dépasse l’amortissement comptable. L’écart positif est constaté en amortissement dérogatoire.

    Exemple : un bien dont l’usage économique réel est de 8 ans, mais que l’administration admet d’amortir fiscalement sur 5 ans. L’amortissement linéaire comptable se calcule sur 8 ans, le fiscal sur 5 ans, et l’écart est dérogatoire.

    Cas n°3 — Régimes de suramortissement

    Périodiquement, les lois de finances introduisent des régimes de suramortissement pour stimuler l’investissement dans certains secteurs (industrie, transition énergétique, robotique). Ces dispositifs permettent de déduire fiscalement plus que le coût d’acquisition — typiquement 140 % de la base amortissable.

    Le suramortissement est constaté intégralement en amortissement dérogatoire : il n’a pas de contrepartie économique (le bien ne perd pas plus de valeur), il s’agit d’une subvention déguisée qui passe par la fiscalité.

    À vérifier au moment de la publication : les régimes de suramortissement sont temporaires et bornés dans le temps. Vérifier la dernière loi de finances pour les dispositifs en vigueur (industrie 4.0, véhicules propres, équipements verts, robotique, etc.).

    Comptabilisation — le compte 145

    L’amortissement dérogatoire ne se loge pas dans les comptes d’amortissement classique (28x). Il a son propre compte au passif :

    • Compte 145 — Amortissements dérogatoires : provision réglementée, classée en capitaux propres (compte 14 — Provisions réglementées).

    Les écritures associées sont :

    • Dotation : compte 6872 — Dotations aux amortissements dérogatoires (charges exceptionnelles) au débit, compte 145 au crédit.
    • Reprise : compte 145 au débit, compte 7872 — Reprises sur amortissements dérogatoires (produits exceptionnels) au crédit.

    Le passage par les charges et produits exceptionnels (et non les comptes 681X / 781X habituels) est important : il signale que la dotation et la reprise n’ont pas de signification économique courante.

    Exemple chiffré complet — dégressif fiscal sur linéaire comptable

    Une PME industrielle achète le 1er janvier 2026 un matériel d’usinage neuf pour 20 000 € HT, durée d’usage économique 5 ans. Choix retenus :

    • Comptable : amortissement linéaire sur 5 ans, soit 4 000 €/an.
    • Fiscal : amortissement dégressif (matériel industriel neuf, coefficient 1,75, taux 35 %).

    Calcul comparé sur 5 ans :

    Exercice Annuité comptable (linéaire) Annuité fiscale (dégressif) Écart (dérogatoire) Mouvement
    2026 4 000 7 000 + 3 000 Dotation 6872
    2027 4 000 4 550 + 550 Dotation 6872
    2028 4 000 4 217 + 217 Dotation 6872
    2029 4 000 2 116 − 1 884 Reprise 7872
    2030 4 000 2 117 − 1 883 Reprise 7872
    Total 20 000 20 000 0 équilibré

    Sur la durée totale, dotations et reprises s’équilibrent à zéro — c’est la signature de l’amortissement dérogatoire. Le mécanisme accélère la déduction fiscale les premières années (économie de trésorerie), pénalise les dernières (régularisation), et reste neutre sur l’ensemble de la durée.

    Écritures comptables

    Dotation à l’amortissement comptable (chaque année, pour 2026 par exemple) — écriture habituelle :

    31/12/2026
    6811 — Dotation amortissements immobilisations corporelles    4 000,00
           28154 — Amortissements matériel industriel                       4 000,00
    (Amortissement linéaire matériel — annuité 2026)
    

    Dotation à l’amortissement dérogatoire (en complément, 2026) :

    31/12/2026
    6872 — Dotations aux amortissements dérogatoires             3 000,00
           145 — Amortissements dérogatoires                                3 000,00
    (Écart dégressif fiscal / linéaire comptable — annuité 2026)
    

    Reprise sur amortissement dérogatoire (en 2029, par exemple) :

    31/12/2029
    145 — Amortissements dérogatoires                            1 884,00
           7872 — Reprises sur amortissements dérogatoires                  1 884,00
    (Reprise écart dégressif fiscal / linéaire comptable — 2029)
    

    À l’issue (fin 2030), le solde du compte 145 est nul.

    Cession ou mise au rebut avant la fin

    Si le bien est cédé ou mis au rebut avant la fin de l’amortissement, le solde non encore repris du compte 145 est repris immédiatement et intégralement au compte 7872 lors de l’exercice de sortie. La régularisation se fait en une seule fois.

    Distinction avec l’amortissement comptable et fiscal

    Trois notions à ne pas confondre :

    Notion Ce qu’elle représente Compte
    Amortissement comptable Constatation de la perte de valeur économique 28x
    Amortissement fiscal Déduction admise par l’administration fiscale (notion fiscale, pas un compte spécifique)
    Amortissement dérogatoire Écart entre fiscal et comptable, logé en provision réglementée 145

    L’amortissement comptable et l’amortissement fiscal sont normalement alignés. Quand ils divergent (cas typiques §3), l’amortissement dérogatoire enregistre la différence pour conserver la cohérence comptable tout en autorisant la déduction fiscale supérieure.

    FAQ

    Toutes les entreprises peuvent-elles pratiquer l’amortissement dérogatoire ?
    Oui, dès lors qu’elles utilisent une méthode fiscale différente de la méthode comptable, ou qu’elles bénéficient d’un suramortissement. C’est un mécanisme accessible à toutes les entreprises soumises à un régime réel (BIC, IS), pas uniquement aux grandes structures.

    L’amortissement dérogatoire est-il obligatoire ?
    Pas exactement. Si l’entreprise pratique le dégressif fiscal, elle doit constater l’écart en dérogatoire (le PCG l’impose pour respecter l’image fidèle). Si elle reste en linéaire fiscal et comptable, il n’y a aucun écart, donc aucun amortissement dérogatoire à constater.

    Quel est l’avantage en trésorerie ?
    L’avantage principal est la déduction fiscale anticipée. Sur un matériel à 50 000 € amorti en dégressif fiscal et linéaire comptable, l’économie d’IS sur les deux premières années peut représenter 3 000 à 5 000 € d’avance de trésorerie — récupérée par l’administration sur les dernières années via les reprises.

    Le compte 145 est-il une dette ou une réserve ?
    Une provision réglementée, classée en capitaux propres (compte 14). Ce n’est pas une dette envers un tiers, ni une réserve disponible. C’est une provision technique, sans signification économique courante.

    L’amortissement dérogatoire entre-t-il dans le calcul du résultat distribuable ?
    Oui mais avec une nuance. La provision est en capitaux propres, donc fait partie de la situation nette. En revanche, les dotations (compte 6872) et reprises (compte 7872) passent par le compte de résultat exceptionnel et affectent donc le résultat de l’exercice.

    Mon expert-comptable parle de « tableau d’amortissement dérogatoire » — qu’est-ce que c’est ?
    C’est le tableau qui suit, année par année, les dotations et reprises de l’amortissement dérogatoire pour chaque immobilisation concernée. Il est indispensable pour la liasse fiscale (case dérogatoire du tableau 2055 ou 2033C selon le régime). Le calculateur d’Amortia génère ce tableau automatiquement.

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement dérogatoire ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « dérogatoire » qui calcule simultanément l’amortissement comptable et l’amortissement fiscal, génère le tableau des écarts (dotations/reprises) et l’écriture associée. Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement dérogatoire

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 322-1 (provisions réglementées), 214-13 (amortissement comptable) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-20-30 (amortissement dérogatoire) — BOFiP-Impôts.
    • Code Général des Impôts, articles 39 A (dégressif), 39 quinquies (suramortissements) — Légifrance.
    • Loi de finances annuelle — vérifier les régimes de suramortissement applicables à l’exercice.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. Le suivi de l’amortissement dérogatoire dans la liasse fiscale demande rigueur et un tableau de suivi par bien — à confier à votre expert-comptable.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Dépréciation comptable : différence avec l’amortissement, test annuel

    En bref

    La dépréciation est la constatation comptable d’une perte de valeur durable d’un actif, qui n’avait pas été anticipée par le plan d’amortissement initial. Elle se distingue de l’amortissement par sa nature ponctuelle (vs planifiée), sa réversibilité (la dépréciation peut être reprise si la valeur remonte) et son caractère imprévu. Elle se constate via le compte 681X (dotation) et 29X (provision), et concerne particulièrement les actifs incorporels non amortissables (fonds de commerce, marques, titres de participation), les terrains, les stocks et les créances douteuses.


    Amortissement et dépréciation — deux mécanismes distincts

    L’amortissement répartit le coût d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation prévisible. C’est un mécanisme planifié dès l’origine : la dotation annuelle est connue, son montant est régulier, sa durée est définie.

    La dépréciation constate une perte de valeur ponctuelle, imprévue et non planifiée. Elle intervient quand un événement diminue durablement la valeur du bien sous sa valeur comptable. Trois différences clés :

    Critère Amortissement Dépréciation
    Nature Planifiée, régulière Ponctuelle, imprévue
    Réversibilité Non (sauf changement de durée) Oui (reprise si valeur remonte)
    Bien concerné Tout bien à durée d’usage limitée Tout bien (amortissable ou non)
    Compte de provision 28X (amortissements cumulés) 29X (dépréciations)
    Compte de dotation 6811 6816
    Compte de reprise (rarement utilisé) 7816

    Les deux mécanismes peuvent coexister sur un même bien. Un véhicule amorti normalement peut faire l’objet d’une dépréciation supplémentaire si un sinistre durable diminue sa valeur (rayures profondes, mauvais entretien chronique, accident sans réparation complète).

    Le test annuel de dépréciation

    Le PCG (article 214-15) impose à toutes les entreprises de réaliser un test de dépréciation annuel sur les immobilisations incorporelles à durée d’utilisation indéterminée (fonds de commerce, marques, certains droits incorporels).

    Ce test se déroule en deux étapes :

    1. Identifier les indices de perte de valeur. Le PCG énumère plusieurs indices typiques :
    – Baisse durable du chiffre d’affaires lié à l’actif.
    – Perte d’un client significatif.
    – Détérioration significative de l’environnement économique du secteur.
    – Augmentation des taux d’intérêt qui pèsent sur la rentabilité.
    – Indices physiques : dégradation, pollution, obsolescence.

    2. Si un indice est identifié, comparer la valeur comptable à la valeur actuelle. La valeur actuelle est la plus élevée entre :
    – La valeur vénale (prix qu’un acquéreur paierait dans des conditions normales).
    – La valeur d’usage (valeur des flux futurs attendus de l’actif).

    Si la valeur actuelle descend en dessous de la valeur comptable, on constate une dépréciation pour la différence.

    Exemple chiffré — fonds de commerce

    Une PME a acquis un fonds de commerce pour 120 000 € en 2020. À la clôture 2026, elle constate :
    – Une baisse durable du chiffre d’affaires (− 25 % sur 2 ans).
    – La perte d’un client majeur représentant 30 % de l’activité.

    Le test de dépréciation s’impose. L’expert-comptable estime la valeur d’usage du fonds à 80 000 € (sur la base des flux futurs attendus).

    • Valeur comptable au 31/12/2026 : 120 000 € (le fonds n’est pas amorti).
    • Valeur actuelle estimée : 80 000 €.
    • Dépréciation à constater : 120 000 − 80 000 = 40 000 €.

    Écritures comptables

    Constatation de la dépréciation :

    31/12/2026
    6816 — Dotation aux dépréciations immobilisations incorporelles    40 000,00
           2907 — Dépréciation du fonds commercial                              40 000,00
    (Test de dépréciation 2026 — fonds de commerce)
    

    Le compte 2907 est un compte d’actif soustractif : il vient diminuer la valeur du fonds au bilan, sans toucher au compte 207 (qui reste à 120 000 €). La valeur nette comptable affichée au bilan devient 80 000 €.

    Si la valeur remonte les années suivantes (par exemple à 100 000 € en 2028), on constate une reprise de la dépréciation pour 20 000 € :

    31/12/2028
    2907 — Dépréciation du fonds commercial                            20 000,00
           7816 — Reprise sur dépréciations immobilisations incorporelles      20 000,00
    (Reprise partielle dépréciation 2028 — fonds de commerce)
    

    Cas typiques d’application

    Immobilisations corporelles dépréciables

    Tout actif corporel peut faire l’objet d’une dépréciation : véhicule accidenté, machine devenue obsolète plus vite que prévu, immeuble dans une zone en déclin économique. La dépréciation s’ajoute à l’amortissement normal sans le remplacer.

    Terrain pollué

    Un terrain non amortissable peut perdre durablement de la valeur en cas de pollution avérée. La dépréciation est constatée au compte 2911 — Dépréciations des terrains en contrepartie du 6816.

    Fonds de commerce, marques, droits incorporels

    Pour ces actifs non amortissables (en principe), la dépréciation est le seul mécanisme de constatation comptable d’une perte de valeur. Le test annuel est obligatoire.

    Titres de participation

    Les immobilisations financières (titres de filiales, participations) peuvent faire l’objet d’une dépréciation quand la situation nette de la filiale détenue se détériore durablement. Compte 2961 — Dépréciation des titres de participation.

    Stocks

    Les stocks ne sont pas amortis mais peuvent être dépréciés (compte 39X) en cas de mévente, péremption, démodage. Le test est annuel.

    Créances douteuses

    Les créances clients à recouvrement compromis font l’objet d’une dépréciation à hauteur du risque estimé (compte 491). C’est la même mécanique que pour les immobilisations.

    Régime fiscal de la dépréciation

    La dépréciation est fiscalement déductible dès lors qu’elle est :

    • Justifiée par des indices objectifs et documentés.
    • Précisément chiffrée (pas une provision forfaitaire).
    • Constatée dans les comptes annuels (et reprise sur l’imprimé 2058A pour les sociétés à l’IS).

    La reprise est symétriquement imposable au moment où la valeur remonte. C’est ce qui distingue la dépréciation de la moins-value de cession : la dépréciation peut être reprise, la moins-value de cession est définitive.

    Distinction avec la moins-value latente

    Une moins-value latente (la valeur de marché estimée descend sous la valeur comptable) n’est pas automatiquement constatée en dépréciation. Trois conditions cumulatives :

    • La perte de valeur est durable (pas un creux temporaire).
    • Elle est identifiable et chiffrable (pas une intuition).
    • Elle dépasse un seuil de matérialité (pas pour des écarts mineurs).

    Si l’une des trois conditions n’est pas remplie, la moins-value latente reste latente — pas d’écriture, pas de constat fiscal.

    FAQ

    Faut-il toujours faire un test de dépréciation annuel sur tous les actifs ?
    Non. Le test annuel obligatoire concerne uniquement les immobilisations incorporelles à durée d’utilisation indéterminée (fonds de commerce, marques, etc.) — article 214-15 PCG. Pour les autres actifs, le test n’est obligatoire que si un indice de perte de valeur est identifié.

    Quelle est la différence entre dépréciation et moins-value de cession ?
    La dépréciation est constatée pendant la détention d’un actif et est réversible. La moins-value de cession est constatée à la sortie de l’actif et est définitive. Si un actif déprécié est ensuite vendu, la dépréciation cumulée a déjà diminué sa VNC — la moins-value de cession se calcule sur cette VNC déjà ajustée.

    Une dépréciation cumulée peut-elle dépasser la valeur d’origine ?
    Non. La dépréciation peut au plus ramener la VNC à zéro. En cas de pollution majeure d’un terrain, par exemple, on dépréciera jusqu’à zéro et on documentera l’éventuelle moins-value latente résiduelle dans l’annexe sans l’enregistrer en compte.

    Comment estimer la valeur actuelle d’un fonds de commerce ?
    Trois méthodes courantes : (1) multiple de chiffre d’affaires (40 à 100 % du CA selon le secteur), (2) multiple d’EBE (3 à 5 ans), (3) valeur des flux futurs actualisés (DCF). La méthode retenue doit être documentée et défendable.

    La dépréciation est-elle obligatoire ou facultative ?
    Obligatoire si les conditions sont réunies (indice durable, chiffrable, matériel). Le PCG impose la prudence : ne pas constater une dépréciation justifiée serait une non-conformité. Inversement, constater une dépréciation injustifiée pour minorer le résultat fiscal serait un abus.

    Que se passe-t-il pour les amortissements après une dépréciation ?
    Le plan d’amortissement initial est révisé sur la base de la nouvelle valeur nette comptable et de la durée d’usage restante. Les annuités futures sont recalculées en conséquence — diminution mécanique de la dotation annuelle.

    Existe-t-il un calculateur de dépréciation ?
    Pas spécifiquement — la dépréciation est trop dépendante du contexte (nature de l’actif, méthode d’évaluation retenue). En revanche, le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia prend en compte une éventuelle dépréciation préalable pour recalculer le plan d’amortissement résiduel.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement comptable — guide complet

    Articles connexes :

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 214-15 (test de dépréciation), 322-1 (indices de perte de valeur) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-PROV-30 (provisions et dépréciations) — BOFiP-Impôts.
    • Code Général des Impôts, article 39-1-5° (dépréciations déductibles) — Légifrance.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. L’évaluation d’une dépréciation demande une appréciation au cas par cas et la documentation des hypothèses retenues — à conduire avec votre comptable.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.