Amortissement d’un véhicule électrique : plafond 30 000 € et batterie

En bref

Un véhicule de tourisme 100 % électrique (émissions CO2 = 0 g/km) bénéficie du plafond fiscal le plus élevé : 30 000 €. Il s’amortit en linéaire sur 4 à 5 ans, comme tout véhicule de tourisme. La batterie, quand elle est facturée séparément (cas notamment des contrats de location de batterie), constitue une charge récurrente et non un composant amortissable. Les règles diffèrent significativement pour les hybrides rechargeables, qui relèvent du plafond 20 300 €.


Le plafond le plus élevé du barème — mais c’est toujours un plafond

Un véhicule 100 % électrique ou à hydrogène émettant 0 g de CO2 par km bénéficie du plafond fiscal de 30 000 € prévu à l’article 39-4 du CGI, soit le plafond le plus élevé du barème. Concrètement, l’achat d’un VE de 35 000 € ne génère qu’un dépassement modeste (5 000 € sur la durée d’amortissement). Pour les modèles haut de gamme (Tesla Model S, Model X, Mercedes EQS, Porsche Taycan, etc.), le dépassement reste significatif.

Le mécanisme est strictement identique à celui des thermiques : l’amortissement excédentaire correspondant à la fraction au-dessus du plafond est réintégré chaque année sur la liasse fiscale (case « amortissements excédentaires » du formulaire 2058A), puis diminue la plus-value imposable à la cession. La page Amortissement d’un véhicule de tourisme détaille la mécanique de calcul, qui reste valable ici.

Le plafond 30 000 € s’apprécie hors batterie quand la batterie est facturée séparément. Détail de cette subtilité plus bas.

Méthode et durée

L’amortissement est obligatoirement linéaire (l’article 39 A du CGI exclut les véhicules de tourisme du dégressif, sans distinction selon la motorisation). Durée d’usage admise : 4 à 5 ans, sans particularité par rapport aux thermiques.

La durée n’est pas allongée par la durée de vie supérieure des composants électriques. Une PME qui remplace son parc tous les 5 ans suit le même calendrier qu’avec des thermiques, indépendamment du fait que le moteur électrique a une durée de vie technique supérieure à 10 ans.

Le cas particulier de la batterie

C’est la spécificité technique qui distingue le VE du thermique. Trois configurations existent en pratique, avec des traitements comptables très différents.

Configuration 1 — batterie incluse dans le prix d’achat (la plus fréquente)

Le constructeur facture le véhicule à un prix unique incluant la batterie. C’est aujourd’hui le cas pour la quasi-totalité des modèles vendus aux entreprises (Tesla, Renault Mégane E-Tech, Peugeot e-208, BMW i4, Audi e-tron, Mercedes EQ, etc.).

Traitement : le véhicule est amorti comme un bloc unique, batterie comprise. Compte 2182 — Matériel de transport. Pas de décomposition par composants imposée — la batterie n’est pas considérée comme un composant à isoler en pratique courante, parce que sa durée de vie attendue (8-10 ans, parfois plus) reste compatible avec celle du véhicule (5 ans d’amortissement).

01/05/2026
2182 — Matériel de transport                     45 000,00
       404 — Fournisseurs d'immobilisations             45 000,00
(Acquisition véhicule électrique, batterie incluse)

Plafond applicable : 30 000 €. Fraction non déductible à réintégrer : (45 000 − 30 000) / 5 = 3 000 € par an.

Configuration 2 — batterie facturée séparément en location

C’était le modèle historique des premières Renault ZOE. La batterie reste la propriété d’un loueur (Renault dans l’exemple) et fait l’objet d’un abonnement mensuel distinct du prix d’achat du véhicule.

Traitement :
– Le véhicule (sans batterie) est immobilisé et amorti normalement, plafond 30 000 € s’appliquant à son prix HT.
– La location de batterie est une charge mensuelle, comptabilisée au compte 6135 — Locations mobilières, sans amortissement.

C’est le cas de figure qui justifie le KW recherché « amortissement batterie véhicule électrique » : la réponse est qu’il n’y en a pas dans cette configuration, parce que la batterie n’est pas inscrite à l’actif.

Configuration 3 — batterie facturée séparément en vente, démontable

Cas plus rare : une batterie achetée séparément du véhicule, considérée comme un composant techniquement remplaçable. Cette configuration peut justifier la décomposition par composants :

  • Véhicule (hors batterie) amorti sur 4-5 ans.
  • Batterie amortie sur sa durée d’usage technique propre (généralement 7-8 ans).

Cette ventilation suppose que la batterie soit identifiable comme un composant distinct dans la facture et que sa durée d’usage soit significativement différente. En pratique, peu de constructeurs facturent ainsi.

TVA — récupérabilité depuis 2021

Avant 2021, la TVA sur les véhicules de tourisme n’était jamais récupérable. Depuis le 1er janvier 2021, la TVA sur l’électricité utilisée pour recharger un véhicule de tourisme est récupérable à 100 % (annexe II, article 206 du CGI). En revanche, la TVA sur l’achat même du véhicule de tourisme reste non récupérable, qu’il soit électrique ou thermique.

Concrètement :

Coût TVA récupérable ?
Achat du véhicule Non (compte 2182, base TTC)
Électricité de recharge (bornes externes ou domestique pro) Oui à 100 %
Borne de recharge installée dans les locaux Oui (immobilisation séparée)
Entretien et réparations Non (suivent le régime du véhicule)

La borne de recharge est une immobilisation distincte, à comptabiliser au compte 21531 (matériel et outillage) ou 2138 (autres constructions) selon le mode d’installation, avec récupération intégrale de la TVA et amortissement linéaire sur 5 à 10 ans.

Hybride rechargeable : ne pas confondre

Un hybride rechargeable (PHEV) émettant entre 1 et 49 g de CO2 par km ne bénéficie pas du plafond 30 000 €. Il relève de la tranche intermédiaire à 20 300 € prévue pour les véhicules à faibles émissions. Voir la page Amortissement d’un véhicule de tourisme pour le détail du barème CO2.

L’hybride simple non rechargeable (HEV — Toyota Yaris hybride, Renault Clio E-Tech, etc.) émet souvent entre 90 et 120 g de CO2 et relève donc de la tranche 18 300 €, comme un thermique récent.

Bonus écologique et aides — comment les comptabiliser

Le bonus écologique versé par l’État est une subvention d’investissement, à comptabiliser au compte 131 — Subventions d’équipement au moment où elle est accordée, et reprise au compte de résultat (compte 777) au rythme de l’amortissement du bien financé.

Concrètement : le bonus n’est pas déduit de la base d’amortissement du véhicule. Le véhicule est amorti sur sa valeur d’achat HT complète, et la subvention est neutralisée fiscalement par la reprise étalée. L’administration vérifie cette mécanique en cas de contrôle.

Les aides régionales et locales suivent le même traitement.

Exemple chiffré — véhicule électrique sans batterie séparée

Une PME achète le 1er janvier 2026 un véhicule électrique pour 42 000 € TTC, sans bonus écologique applicable. Durée d’amortissement : 5 ans, méthode linéaire.

  • Plafond fiscal : 30 000 €.
  • Annuité comptable : 42 000 / 5 = 8 400 € par an.
  • Annuité fiscale déductible : 30 000 / 5 = 6 000 € par an.
  • Fraction à réintégrer : 8 400 − 6 000 = 2 400 € par an.

Sur 5 ans, l’entreprise constate 42 000 € d’amortissement comptable mais ne déduit fiscalement que 30 000 €. La fraction excédentaire cumulée (12 000 €) viendra diminuer la plus-value lors de la cession (article 39 duodecies du CGI).

FAQ

Le bonus écologique réduit-il la base d’amortissement ?
Non. La base reste le prix d’achat complet. Le bonus est comptabilisé en subvention d’équipement (compte 131) et repris au compte de résultat (compte 777) au rythme de l’amortissement. C’est neutre fiscalement sur la durée.

Mon véhicule a 0 g de CO2 mais coûte 80 000 € — est-ce vraiment intéressant fiscalement ?
Le plafond 30 000 € reste un plafond. Sur un véhicule à 80 000 €, vous réintégrez 50 000 € sur la durée d’amortissement, soit 10 000 € par an pendant 5 ans. C’est la limite du dispositif fiscal — le reste de la déductibilité passe par le mécanisme de la plus-value de cession à la revente.

Puis-je amortir la batterie indépendamment du véhicule ?
Uniquement si elle est facturée séparément ET techniquement isolable (cas marginal aujourd’hui). Dans les achats standards où la batterie est intégrée, le véhicule s’amortit comme un bloc unique. Dans les contrats de location de batterie, la batterie n’est jamais à votre actif — c’est une charge mensuelle, pas une immobilisation.

La borne de recharge installée dans nos locaux est-elle un composant du véhicule ?
Non. C’est une immobilisation distincte, à comptabiliser au compte 21531 ou 2138 selon son mode d’installation. La TVA est récupérable à 100 %. Durée d’amortissement typique : 5 à 10 ans.

Faut-il distinguer véhicule de tourisme électrique et utilitaire électrique ?
Oui, comme pour les thermiques. Un utilitaire électrique (catégorie N1) n’est pas soumis au plafond 39-4 et reste éligible au dégressif s’il est neuf. Voir Amortissement d’un véhicule de société.

La TVA sur l’électricité de recharge est-elle vraiment récupérable ?
Oui, à 100 %, depuis le 1er janvier 2021 (loi de finances pour 2021, article 31). Ce qui contraste avec la TVA sur l’essence (récupérable à 80 % depuis 2022) et le diesel (récupérable à 80 % aussi pour les véhicules de tourisme depuis 2017). Le VE est donc nettement plus avantageux côté TVA carburant.

Existe-t-il un calculateur d’amortissement véhicule électrique avec plafond 30 000 € ?
Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « véhicule électrique » pré-paramétré (plafond 30 000 €, méthode linéaire, gestion du prorata temporis et de la subvention bonus écologique). Gratuit, sans inscription.

Pour aller plus loin

Page parente : Amortissement par type d’actif — tableau de référence

Articles connexes :

Outil : Calculateur d’amortissement véhicule électrique

Sources

  • Code Général des Impôts, article 39-4 (plafond véhicule de tourisme), article 39 duodecies (plus-values de cession), article 39 A (amortissement dégressif) — Légifrance.
  • Annexe II du CGI, article 206 (récupération TVA électricité de recharge depuis 2021).
  • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-20-40 (véhicules de tourisme) et BIC-AMT-10 (durées d’usage) — BOFiP-Impôts.
  • Plan Comptable Général (PCG), articles 214-9 (composants) et 322-4 (prorata temporis) — Légifrance.

Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. Le bonus écologique, les plafonds CO2 et les règles de récupération de TVA sont susceptibles d’évolution annuelle dans la loi de finances : vérifier les valeurs et règles applicables à votre exercice.


Dernière mise à jour : 30 avril 2026.