En bref
L’amortissement comptable est la constatation de la perte de valeur d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation. Il répartit le coût d’achat d’un bien (matériel, logiciel, véhicule, bâtiment) sur plusieurs exercices, au lieu de l’imputer entièrement l’année d’acquisition. Le Plan Comptable Général (article 214-13) fixe les règles. Trois méthodes existent : linéaire, dégressif et dérogatoire. La durée et la méthode dépendent du type de bien et du régime fiscal.
Vocabulaire de l’amortissement comptable
L’amortissement comptable utilise un vocabulaire précis encadré par le Plan Comptable Général (PCG) et le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP). Voici les termes que vous croiserez en comptabilité française.
- Immobilisation — bien destiné à servir durablement à l’activité de l’entreprise (au-delà d’un exercice). Inscrit à l’actif du bilan, par opposition aux charges (consommées dans l’exercice).
- Immobilisation corporelle — bien matériel : matériel informatique, mobilier, véhicules, machines, bâtiments. PCG art. 211-1.
- Immobilisation incorporelle — bien immatériel à durée d’usage limitée : logiciels, brevets, licences. Amortissables si la durée d’utilisation est limitée.
- Base amortissable — montant servant de base au calcul. Généralement le prix d’achat HT diminué de la valeur résiduelle (PCG art. 214-1).
- Valeur résiduelle — valeur estimée du bien en fin d’utilisation (revente, démontage). Soustraite de la base amortissable si significative.
- Durée d’usage — durée pendant laquelle l’entreprise utilisera effectivement le bien. Définie par catégorie de bien (BOFiP). Différente de la durée de vie technique.
- VNC (Valeur Nette Comptable) — valeur du bien au bilan : valeur d’origine − amortissements cumulés. Décroît à chaque exercice.
- Annuité — montant amorti sur un exercice. = base × taux pour le linéaire, = VNC × taux dégressif pour le dégressif.
- Amortissement linéaire — méthode standard, annuité constante = base / durée. Applicable à tous les biens amortissables.
- Amortissement dégressif — méthode fiscale optionnelle (article 39 A CGI), annuité décroissante avec coefficient majorateur. Réservé aux biens neufs éligibles.
- Amortissement dérogatoire — différentiel entre l’amortissement fiscal (souvent dégressif) et l’amortissement comptable (linéaire). Inscrit en provisions réglementées au passif.
- Coefficient fiscal dégressif — multiplicateur appliqué au taux linéaire selon la durée : 1,25 (3-4 ans), 1,75 (5-6 ans), 2,25 (au-delà).
- Prorata temporis — réduction de l’annuité année 1 si mise en service en cours d’année. En jours pour le linéaire (n/365), en mois entiers pour le dégressif.
- Plan d’amortissement — tableau prévisionnel de répartition de la base amortissable sur la durée d’utilisation. Établi à l’inscription du bien.
- Plan Comptable Général (PCG) — référentiel comptable français édité par l’Autorité des Normes Comptables (ANC). Articles 214-13 et suivants pour l’amortissement.
- BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques) — doctrine fiscale officielle accessible sur bofip.impots.gouv.fr. Série BIC-AMT pour l’amortissement.
- CGI (Code Général des Impôts) — articles 39 (charges déductibles), 39 A (régime dégressif), 39 C (immobilier locatif).
- Composants — décomposition d’une immobilisation en éléments amortissables séparément. Obligatoire en LMNP : bâti / toiture / installations / mobilier.
- Cession — sortie d’une immobilisation du bilan. Génère une plus-value ou moins-value calculée sur la VNC du bien.
Qu’est-ce que l’amortissement comptable ?
Quand une entreprise achète un bien destiné à servir durablement à son activité — un ordinateur professionnel, un véhicule de société, un logiciel de gestion, du mobilier de bureau —, elle ne peut pas le passer entièrement en charge l’année de l’achat. Elle doit le faire entrer dans son patrimoine sous forme d’immobilisation, puis en répartir le coût sur la durée pendant laquelle elle va l’utiliser.
C’est cette répartition que l’on appelle amortissement comptable.
Le Plan Comptable Général en donne la définition technique dans son article 214-13 : « L’amortissement d’un actif est la répartition systématique de son montant amortissable en fonction de son utilisation ». Le montant amortissable est la valeur d’origine du bien (généralement son prix d’achat hors taxes récupérables), diminuée le cas échéant de sa valeur résiduelle (la valeur que le bien aura encore en fin d’utilisation, par exemple à la revente).
L’amortissement n’est donc pas une dépense de trésorerie. C’est une écriture comptable de constatation : elle traduit une réalité économique (le bien perd de la valeur) sans qu’aucun argent ne sorte de l’entreprise au moment où l’écriture est passée.
Pourquoi amortir ?
L’amortissement répond à trois objectifs cumulés.
Le premier est comptable : respecter le principe d’image fidèle. Si une entreprise comptabilisait un véhicule de 30 000 € entièrement en charge la première année, ses comptes annuels seraient déformés — un résultat artificiellement plombé l’année 1, des résultats artificiellement gonflés les années suivantes pendant que le véhicule continue de servir. L’amortissement étale la charge sur la durée réelle d’utilisation et donne ainsi une vision plus juste de la rentabilité de chaque exercice.
Le deuxième est fiscal : l’amortissement est une charge déductible du résultat imposable. Sur la durée totale d’amortissement, l’entreprise déduit l’intégralité du coût du bien — mais répartie sur plusieurs années. Selon la méthode choisie (linéaire ou dégressif), l’effet fiscal en début de période peut être plus ou moins fort. C’est ce qui explique que le choix de la méthode d’amortissement n’est pas neutre.
Le troisième est patrimonial : l’amortissement permet de suivre la dépréciation effective des biens dans le bilan. Au passif, la contrepartie de l’amortissement vient diminuer la valeur nette comptable du bien (VNC = valeur d’origine − amortissements cumulés). Cela donne à l’entreprise et à ses partenaires (banques, investisseurs) une mesure réaliste de son outil productif.
Quels biens sont amortissables ?
Sont amortissables : tous les biens dont la durée d’usage est limitée et qui se déprécient avec le temps ou l’usage.
- Immobilisations corporelles : matériel informatique, mobilier, véhicules, machines, bâtiments (sauf le terrain), agencements.
- Immobilisations incorporelles à durée d’usage limitée : logiciels, brevets, licences à durée fixe.
Ne sont pas amortissables : les biens dont la valeur n’a pas vocation à s’éroder par usage ou par le temps.
- Terrains : un terrain ne s’use pas, sauf cas particulier (carrière, gisement).
- Fonds de commerce : par principe, le fonds de commerce n’est pas amortissable. La réforme du Plan Comptable Général a néanmoins prévu une exception transitoire pour les petites entreprises (à vérifier selon l’année d’acquisition).
- Œuvres d’art : non amortissables car leur valeur ne se déprécie pas (et peut même s’apprécier).
- Immobilisations financières : titres de participation, prêts, dépôts. Ces biens peuvent en revanche faire l’objet de dépréciations, ce qui est différent de l’amortissement.
Les trois méthodes d’amortissement
Le Plan Comptable Général distingue principalement deux méthodes comptables (linéaire et dégressif) et une méthode fiscale spécifique (dérogatoire).
Amortissement linéaire
C’est la méthode par défaut, la plus simple, et la plus utilisée. Elle répartit la charge en annuités constantes sur la durée d’utilisation.
La formule est :
Annuité linéaire = Valeur d’origine × Taux linéaire Taux linéaire = 1 / Durée d’utilisation
Exemple : un ordinateur acheté 1 800 € HT, durée d’utilisation 3 ans.
- Taux linéaire : 1 / 3 = 33,33 %
- Annuité : 1 800 × 33,33 % = 600 € chaque année.
La première annuité doit toutefois être calculée au prorata temporis si le bien est mis en service en cours d’exercice. Si l’ordinateur est mis en service le 1er juillet, l’annuité de la première année sera de 600 × (6 / 12) = 300 €.
L’amortissement linéaire convient à tous les biens dont la dépréciation est régulière dans le temps : mobilier, agencements, bâtiments, logiciels.
Pour le détail du calcul et un tableau d’amortissement complet, voir notre article Amortissement linéaire : définition, calcul, exemple.
Amortissement dégressif
Réservé à certains biens (essentiellement matériel industriel, équipement informatique et logiciels acquis neufs, sous conditions), l’amortissement dégressif applique un taux plus élevé en début de période et décroissant au fil du temps. Il accélère la déduction fiscale les premières années.
Le taux dégressif s’obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient fiscal :
| Durée d’utilisation | Coefficient |
|---|---|
| 3 ou 4 ans | 1,25 |
| 5 ou 6 ans | 1,75 |
| Plus de 6 ans | 2,25 |
Exemple : matériel industriel acheté 30 000 € HT, durée 5 ans.
- Taux linéaire : 1 / 5 = 20 %.
- Taux dégressif : 20 % × 1,75 = 35 %.
- Année 1 : 30 000 × 35 % = 10 500 €.
- Année 2 : (30 000 − 10 500) × 35 % = 6 825 €.
- Et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’annuité dégressive devienne inférieure à l’annuité linéaire calculée sur la valeur résiduelle ; on bascule alors sur le linéaire pour les dernières années.
Le dégressif est avantageux en trésorerie pour une entreprise bénéficiaire qui veut récupérer rapidement la déductibilité de son investissement. Il alourdit en revanche les premières annuités, ce qui peut peser sur le résultat affiché.
Voir notre comparatif détaillé Amortissement linéaire ou dégressif : lequel choisir ?.
Amortissement dérogatoire
Quand l’amortissement fiscalement admis (par exemple le dégressif ou un amortissement exceptionnel) diffère de l’amortissement comptable retenu (souvent le linéaire), la différence est constatée par un amortissement dérogatoire. C’est une provision qui n’a pas de sens économique, uniquement fiscal : elle permet de bénéficier de l’avantage fiscal du dégressif tout en conservant un linéaire en comptabilité, plus représentatif de l’usage réel.
L’amortissement dérogatoire est inscrit en provision réglementée au passif du bilan, et non en amortissement classique. Il se résorbe symétriquement quand la situation s’inverse (l’amortissement fiscal devient inférieur à l’amortissement comptable).
Durées d’utilisation par type de bien
Les durées d’amortissement sont fixées par référence à la durée d’usage habituelle dans la profession. L’administration fiscale publie des durées indicatives au BOFiP. Les principales :
| Type de bien | Durée d’usage habituelle |
|---|---|
| Matériel informatique (PC, serveur) | 3 ans |
| Logiciels acquis | 1 à 3 ans |
| Mobilier de bureau | 10 ans |
| Agencements et installations | 10 à 20 ans |
| Véhicules de tourisme | 5 ans |
| Véhicules utilitaires | 4 à 5 ans |
| Outillage industriel léger | 5 à 10 ans |
| Matériel industriel lourd | 7 à 15 ans |
| Constructions | 20 à 50 ans |
| Locaux commerciaux | 25 à 50 ans |
Ces durées sont des références fiscales : si l’entreprise applique une durée significativement différente, elle doit pouvoir le justifier (usage intensif particulier, usage atypique, etc.). En cas de divergence entre la durée comptable retenue (correspondant à l’usage réel dans l’entreprise) et la durée fiscale admise, la différence se résorbe via l’amortissement dérogatoire.
Comment passer les écritures comptables
Une écriture d’amortissement est passée à la clôture de l’exercice (généralement le 31 décembre). Elle se compose de deux lignes.
Au compte 681 — Dotations aux amortissements (charge), au débit, pour le montant de l’annuité. Au compte 281 — Amortissements des immobilisations corporelles (compte d’actif soustractif), au crédit, pour le même montant.
Exemple pour notre ordinateur de 1 800 € amorti sur 3 ans :
31/12/2026
6811 — Dotation amortissements immobilisations corporelles 600,00
2183 — Amortissement matériel informatique 600,00
(Amortissement annuel ordinateur facture A12345)
À la cession ou au rebut du bien, on solde simultanément le compte d’immobilisation et son compte d’amortissements cumulés, et l’on constate une plus-value ou moins-value de cession. Cette opération nécessite plusieurs écritures coordonnées que nous détaillons dans un article dédié.
Pour l’écriture pas à pas : Écritures comptables d’un amortissement linéaire.
Cas particuliers à connaître
LMNP (location meublée non professionnelle) : pour les loueurs en meublé, l’amortissement du bien immobilier (gros œuvre, second œuvre, équipements) est l’avantage fiscal majeur du régime réel. La décomposition par composants permet de maximiser la déduction. Guide complet LMNP.
Amortissement exceptionnel : certains équipements bénéficient d’un régime de suramortissement (logiciels acquis, robots industriels selon les périodes). Toujours vérifier l’actualité fiscale au moment de l’acquisition.
Biens d’occasion : ne sont pas éligibles à l’amortissement dégressif. Le linéaire s’applique sur la durée d’utilisation restante prévisible.
Approche par composants : un bâtiment, un véhicule poids lourd, un avion ne sont pas amortis comme un seul bloc. Chaque composant ayant une durée d’usage propre (toiture, gros œuvre, ascenseurs) est amorti séparément. Cette approche est obligatoire au-delà de certains seuils de matérialité.
Réforme du PCG (effet 2025-2026) : la dernière refonte du Plan Comptable Général a précisé certaines règles, notamment sur les fonds commerciaux des petites entreprises et la définition des immobilisations. Toute pratique antérieure doit être revue à la lumière des nouvelles dispositions.
FAQ
Quelle différence entre amortissement et dépréciation ?
L’amortissement est planifié dès l’origine (durée fixe, méthode connue). La dépréciation est constatée ponctuellement quand un bien perd de la valeur de manière imprévue (panne, obsolescence accélérée, baisse durable du marché). Les deux peuvent se cumuler.
Tous les biens d’une entreprise sont-ils amortissables ?
Non. Les terrains, le fonds de commerce (en principe), les œuvres d’art ne sont pas amortissables. Les stocks ne le sont pas non plus — ils peuvent en revanche faire l’objet de dépréciations.
Peut-on changer de méthode d’amortissement en cours de route ?
En principe, non. La méthode est figée à la mise en service du bien. Un changement de méthode est possible uniquement si la situation économique change significativement, et doit alors être justifié et mentionné en annexe des comptes annuels.
Que se passe-t-il quand un bien est entièrement amorti mais encore utilisé ?
Le bien reste à l’actif du bilan à sa valeur d’origine, contre-balancé par les amortissements cumulés équivalents (valeur nette comptable nulle). Aucune nouvelle dotation n’est passée tant que le bien n’est pas cédé ou mis au rebut.
Quel impact sur ma trésorerie ?
Aucun direct. L’amortissement est une charge non décaissée. Mais la déduction fiscale qu’il génère diminue l’impôt sur les sociétés ou l’impôt sur le revenu, ce qui améliore indirectement la trésorerie.
Faut-il amortir un logiciel SaaS (abonnement mensuel) ?
Non. Un abonnement SaaS est une charge récurrente (compte 6181 ou 622X selon le type), pas une immobilisation. Seuls les logiciels achetés en licence perpétuelle, créant un actif durable, sont amortis.
Existe-t-il un calculateur d’amortissement comptable en ligne ?
Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia permet de calculer linéaire, dégressif et de générer le tableau complet, gratuitement et sans inscription.
Pour aller plus loin
- Amortissement linéaire ou dégressif : différences, calcul, choix optimal
- Tableau d’amortissement comptable sur Excel
- Calculateur d’amortissement comptable
- Amortissement linéaire — méthode, formule, exemple (à venir)
- Amortissement dégressif — coefficient, calcul, conditions (à venir)
- Amortissement fiscal et durées d’usage par type de bien (à venir)
- Comparatif des logiciels comptables avec amortissement automatique (Pennylane, Indy, Tiime, Dougs) (à venir)
Quelle est la différence entre amortissement et dépréciation ?
L’amortissement traduit la perte de valeur prévisible et systématique d’un bien sur sa durée d’usage (matériel qui s’use, logiciel qui devient obsolète). La dépréciation traduit une perte de valeur imprévue et constatée à un moment donné (matériel endommagé, baisse durable de la valeur de marché). L’amortissement est planifié à l’achat, la dépréciation est constatée a posteriori. Les deux réduisent la VNC mais n’ont pas la même nature comptable (PCG art. 214-15 vs 214-19).
Comment calculer l’amortissement d’un bien acheté en cours d’année ?
Avec le prorata temporis. En linéaire, on calcule en jours : annuité × (jours d’utilisation / 365). Pour un bien acquis le 1ᵉʳ juillet 2026, prorata = 184/365 ≈ 0,504 → annuité année 1 = annuité × 0,504. En dégressif, le calcul se fait en mois entiers : le mois d’acquisition compte intégralement quelle que soit la date dans le mois. L’annuité non consommée est reportée sur une année supplémentaire en fin de plan.
Peut-on amortir un bien immobilier ?
Oui, sauf le terrain qui n’est jamais amortissable (il ne s’use pas, sauf cas exceptionnels comme les carrières). Le bâti est amortissable sur 25 à 50 ans selon la nature et l’usage (logement locatif LMNP, local commercial, bâtiment industriel). En LMNP au régime réel, on amortit obligatoirement par composants séparés : gros œuvre, toiture, installations techniques, mobilier — chacun avec sa propre durée.
Qu’est-ce que la VNC (Valeur Nette Comptable) ?
La VNC est la valeur du bien au bilan après déduction des amortissements cumulés. Formule : VNC = valeur d’origine − amortissements cumulés. Pour un matériel acheté 30 000 € amorti linéairement sur 5 ans, la VNC fin année 3 = 30 000 − (3 × 6 000) = 12 000 €. La VNC tombe à zéro en fin de plan d’amortissement (sauf valeur résiduelle déduite à l’origine).
Quels biens ne peuvent pas être amortis ?
Les biens dont la valeur ne s’érode pas par l’usage ou le temps : terrains (sauf carrières et gisements), fonds de commerce (par principe non amortissable, exception transitoire pour les petites entreprises selon la réforme PCG), œuvres d’art, immobilisations financières (titres de participation, prêts, dépôts). Ces biens peuvent en revanche faire l’objet d’une dépréciation si leur valeur réelle baisse durablement.
Comment l’amortissement réduit-il l’impôt à payer ?
L’amortissement est une charge déductible du résultat imposable. Sur la durée totale, l’entreprise déduit l’intégralité du coût du bien. Effet immédiat sur l’IS : pour un bien de 30 000 € amorti linéairement sur 5 ans à un taux d’IS de 25 %, l’économie fiscale annuelle = 6 000 € × 25 % = 1 500 €. Le dégressif accélère cette économie sur les premières années sans la majorer au total.
Faut-il un amortissement comptable et fiscal séparés ?
Pas systématiquement. Si l’entreprise pratique le linéaire en comptabilité et le linéaire en fiscalité, un seul calcul suffit. Si elle pratique le linéaire en comptabilité et le dégressif en fiscalité (cas fréquent), elle constate la différence en amortissement dérogatoire au passif (provisions réglementées). C’est cet écart qui réintègre l’avantage fiscal du dégressif sans toucher à la comptabilité d’image fidèle.
Comment passer l’écriture comptable d’un amortissement ?
L’écriture standard de fin d’exercice est : Débit 681 « Dotations aux amortissements » pour le montant de l’annuité, Crédit 281 « Amortissements des immobilisations » pour le même montant. Cela impacte le résultat (compte 681) sans flux de trésorerie et alimente le cumul d’amortissements (compte 281) qui vient en moins de la valeur d’origine au bilan.
Quelle durée d’amortissement pour un ordinateur ?
L’usage admis par l’administration fiscale est de 3 ans pour le matériel informatique standard (PC de bureau, portable, serveur léger). Cette durée correspond à la durée d’usage moyenne admise par la doctrine BOFiP. Au-delà de cette durée, l’amortissement devient obsolète. Le matériel informatique est éligible au régime dégressif (article 39 A CGI), avec un coefficient de 1,25 sur durée 3-4 ans.
Que se passe-t-il en cas de revente du bien avant la fin du plan ?
La cession sort le bien du bilan. On compare le prix de vente à la VNC à la date de cession : plus-value si prix > VNC, moins-value si prix < VNC. Le résultat est imposable (plus-value à court terme intégrée au résultat, à long terme imposée à un taux réduit selon le régime). L'amortissement cumulé reste acquis. Si le bien était en dégressif, la VNC plus basse augmente la plus-value imposable à la cession.
Sources
- Plan Comptable Général (PCG), articles 214-13 et suivants — Légifrance.
- Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT — BOFiP-Impôts.
- **Code Général des I