En bref
Une installation photovoltaïque exploitée à titre professionnel ou agricole s’inscrit en immobilisation corporelle et s’amortit en linéaire sur 20 à 25 ans pour les panneaux, 10 ans pour l’onduleur. L’approche par composants est obligatoire dès lors que la valeur des composants à durée d’usage différenciée est significative. Le dégressif (coefficient 2,25) reste possible pour les installations neuves remplissant les conditions de l’article 39 A du CGI. Cette page concerne les installations professionnelles et agricoles — les installations particulières relèvent d’un régime distinct (crédit d’impôt, MaPrimeRénov’).
Périmètre — pro / agricole, pas particulier
L’amortissement comptable suppose une inscription à l’actif d’une entreprise. Une installation photovoltaïque acquise par un particulier pour son habitation principale ne relève pas de cette page : elle bénéficie d’aides spécifiques (prime à l’autoconsommation, MaPrimeRénov’ selon les périodes, obligation d’achat EDF OA) mais ne s’amortit pas dans une comptabilité d’entreprise.
Sont concernés par les règles d’amortissement :
- Une exploitation agricole qui pose des panneaux sur ses bâtiments d’élevage ou ses serres (BA ou BIC selon le régime).
- Une PME ou une TPE qui équipe ses locaux commerciaux ou industriels (BIC).
- Une société d’exploitation photovoltaïque dont l’activité est la production-revente d’électricité (BIC).
- Un bailleur qui équipe un immeuble locatif (revenus fonciers ou BIC selon la nature).
Comptabilisation à l’achat
Le compte d’imputation dépend du mode d’intégration de l’installation :
- Installation indissociable du bâti (intégrée à la toiture, en remplacement d’éléments de couverture) : compte 2131 — Bâtiments ou compte 2138 — Autres constructions selon le cas.
- Installation surimposée (sur structure ajoutée, démontable techniquement) : compte 21531 — Installations techniques, matériel et outillage industriels.
- Installation en location-gérance ou crédit-bail : pas d’inscription à l’actif du locataire, voir le régime des redevances de crédit-bail.
La TVA est récupérable sur l’achat dès lors que l’installation est affectée à l’activité de l’entreprise (production d’électricité revendue, ou consommation propre dans le cadre de l’activité). La base d’amortissement est donc le prix HT.
01/06/2026
21531 — Installations techniques 45 000,00
44562 — TVA déductible immobilisations 9 000,00
404 — Fournisseurs d'immobilisations 54 000,00
(Acquisition installation photovoltaïque)
Durée d’amortissement — l’approche par composants
Une installation photovoltaïque n’est pas un bloc homogène : ses composants ont des durées d’usage très différentes. Le PCG (article 214-9) impose la décomposition dès lors que les durées sont significativement distinctes.
Décomposition de référence
| Composant | Durée d’usage admise | Part typique du coût |
|---|---|---|
| Panneaux photovoltaïques (modules) | 20 à 25 ans | 50-60 % |
| Structure de fixation et étanchéité | 20 à 30 ans | 10-15 % |
| Câblage, protections, raccordement | 15 à 20 ans | 5-10 % |
| Onduleur | 10 ans | 10-15 % |
| Compteur, monitoring, équipements connexes | 8 à 10 ans | 5-10 % |
L’onduleur est le composant à isoler en priorité : sa durée de vie technique (8-12 ans) est nettement plus courte que celle des panneaux, et il fait souvent l’objet d’un remplacement avant le renouvellement complet de l’installation. Le BOFiP (BIC-AMT-20-40) admet et même recommande sa décomposition.
Cas où la décomposition n’est pas obligatoire
Pour les petites installations (typiquement sous 30 kWc, soit ~50 000 €), la décomposition est admise mais non obligatoire. L’installation peut alors être amortie globalement sur 20 ans. Cette pratique est tolérée pour les TPE qui n’ont pas la capacité administrative de gérer une décomposition fine.
Méthode — linéaire par défaut, dégressif sous conditions
L’amortissement linéaire est la méthode applicable par défaut. Il convient à la nature de l’actif : la production d’un panneau diminue progressivement (perte de rendement de 0,3-0,5 % par an), de manière régulière dans le temps.
L’amortissement dégressif est toutefois possible si :
- L’installation est acquise neuve (et non d’occasion).
- Elle entre dans le champ de l’article 39 A du CGI (matériel et outillage industriel — ce qui couvre la plupart des installations photovoltaïques professionnelles).
- L’entreprise opte pour le dégressif dès la mise en service.
Le coefficient applicable dépend de la durée d’usage retenue :
| Durée | Coefficient dégressif |
|---|---|
| 5 à 6 ans (onduleur) | 1,75 |
| Plus de 6 ans (panneaux, structure) | 2,25 |
Le dégressif accélère significativement la déduction fiscale les premières années — sur des installations à 50 000-200 000 €, l’effet trésorerie est substantiel pour une entreprise bénéficiaire.
Suramortissement et aides — le cumul à arbitrer
Plusieurs régimes de suramortissement ont été mis en place ponctuellement par les lois de finances successives pour encourager les investissements verts. Ces dispositifs permettent de déduire fiscalement plus que le coût d’acquisition — typiquement 140 % de la base, sur des fenêtres temporelles définies.
Au-delà du suramortissement, plusieurs aides peuvent se cumuler avec l’amortissement :
- Tarifs d’achat garantis (obligation d’achat EDF OA) sur la production revendue : revenus imposés en BIC.
- Prime à l’autoconsommation versée par l’État : à comptabiliser en subvention d’équipement (compte 13).
- Aides régionales et locales : variables selon la région et l’année.
À vérifier au moment de la publication : les régimes de suramortissement et les barèmes d’aide évoluent à chaque loi de finances. Vérifier l’état du droit applicable à l’exercice avant de calculer l’avantage cumulé.
Exemple chiffré — installation agricole
Une exploitation agricole installe en juin 2026 une centrale photovoltaïque de 100 kWc sur la toiture d’un bâtiment d’élevage. Coût total HT : 120 000 €, ventilé ainsi :
- Panneaux : 65 000 €
- Structure + étanchéité : 15 000 €
- Onduleur : 18 000 €
- Câblage, protections, raccordement : 12 000 €
- Compteur et monitoring : 10 000 €
Amortissement linéaire avec décomposition par composants :
| Composant | Coût | Durée | Annuité |
|---|---|---|---|
| Panneaux | 65 000 | 25 ans | 2 600 |
| Structure + étanchéité | 15 000 | 25 ans | 600 |
| Onduleur | 18 000 | 10 ans | 1 800 |
| Câblage et protections | 12 000 | 20 ans | 600 |
| Compteur et monitoring | 10 000 | 10 ans | 1 000 |
| Total annuel | 6 600 |
Au prorata temporis pour 2026 (mise en service le 1er juin, soit 214 jours / 365), l’annuité 2026 est de 6 600 × 214/365 = 3 868 €.
Sur la durée totale, l’exploitation déduit la totalité du coût de 120 000 €. À l’année 11, l’onduleur sera entièrement amorti — il sera potentiellement remplacé, le coût du nouveau matériel constituant une nouvelle immobilisation à amortir.
FAQ
Une centrale photovoltaïque est-elle un bâtiment ou une installation industrielle ?
Cela dépend du mode d’intégration. Une installation intégrée au bâti (en remplacement de la toiture) augmente la valeur du bâtiment et s’inscrit au compte 2131 ou 2138. Une installation surimposée (sur structure ajoutée) est une installation technique au compte 21531. Le choix change la durée d’amortissement et l’éligibilité au dégressif.
Faut-il vraiment isoler l’onduleur ?
Pour une installation au-dessus de 50 000 € HT, oui — c’est la décomposition par composants prévue à l’article 214-9 du PCG. Pour une petite installation (< 30 kWc), la décomposition est admise mais pas obligatoire ; en pratique, l’isolation de l’onduleur reste une bonne idée parce qu’elle reflète la réalité technique du remplacement à 10 ans.
Comment traiter l’auto-consommation et la revente partielle ?
Si l’entreprise consomme une partie de la production et revend le surplus à EDF OA, l’installation reste une seule immobilisation (la production est mixte). La revente génère un revenu BIC, l’auto-consommation une économie sur les charges d’électricité. La base d’amortissement n’est pas affectée.
Une installation en location-gérance s’amortit-elle ?
Non, pas chez le locataire. Les redevances de crédit-bail ou de location se comptabilisent en charges (compte 612 ou 613). C’est le bailleur qui amortit, et il intègre l’amortissement dans le calcul de la redevance. Le locataire bénéficie d’un effet équivalent par la déduction des loyers.
Les frais d’études et de raccordement ENEDIS sont-ils immobilisés ?
Oui, ils s’intègrent à la base amortissable au titre des coûts directement attribuables à la mise en service de l’actif (article 213-8 du PCG). La main-d’œuvre de pose, l’étude technique préalable (si elle a abouti à la décision d’investir) et les frais de raccordement sont incorporés au coût de l’installation.
Le prix de la garantie longue durée est-il amortissable ?
Non. Une garantie commerciale séparée du prix d’acquisition est une charge constatée d’avance (compte 486) à étaler sur la durée de la garantie, et non une immobilisation.
Existe-t-il un calculateur d’amortissement de panneaux solaires ?
Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « installation photovoltaïque » qui permet la décomposition par composants (panneaux / onduleur / câblage), gère le prorata temporis et compare l’effet linéaire / dégressif. Gratuit, sans inscription.
Pour aller plus loin
Page parente : Amortissement par type d’actif — tableau de référence
Articles connexes :
- Amortissement d’un local commercial / immeuble (B2B)
- Amortissement comptable — guide complet
- Amortissement linéaire : définition, calcul, exemple
- Amortissement dégressif — coefficient, calcul, conditions
- Approche par composants — règles et seuils
Outil : Calculateur d’amortissement d’une installation photovoltaïque
Sources
- Plan Comptable Général (PCG), articles 213-8 (coûts directement attribuables) et 214-9 (approche par composants) — Légifrance.
- Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-20-40 (matériel et outillage industriels) et BIC-AMT-10-40 (durées d’usage par catégorie) — BOFiP-Impôts.
- Code Général des Impôts, article 39 A (amortissement dégressif — éligibilité) — Légifrance.
- Loi de finances — vérifier les régimes de suramortissement applicables à l’exercice.
Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable ou d’un installateur agréé. Les régimes fiscaux applicables au photovoltaïque (suramortissement, tarifs d’achat, aides) évoluent à chaque loi de finances : vérifier l’état du droit applicable à votre exercice avant de décider.
Dernière mise à jour : 30 avril 2026.