Auteur/autrice : Rémi Brandini

  • Amortissement et terrain : pourquoi le sol n’est pas amortissable

    En bref

    Un terrain n’est pas amortissable : sa valeur n’est pas réputée s’éroder avec le temps ou l’usage. Cette règle, posée par l’article 214-3 du PCG, oblige à isoler la valeur du terrain lors de toute acquisition immobilière, pour ne pas amortir une fraction qui ne le devrait pas. Trois exceptions : carrières et gisements (terrains qui se dégradent par exploitation), aménagements de terrains (qui s’amortissent comme les agencements), et certaines plantations agricoles.


    Le principe — un actif à durée d’usage illimitée

    L’article 214-3 du PCG énonce qu’un actif n’est amortissable que si sa durée d’utilisation est limitée. Or un terrain ne s’use pas par son utilisation. Il ne perd pas de valeur avec le temps — il en gagne souvent en zone tendue. Sa durée d’usage est par essence illimitée.

    C’est la même logique qui s’applique aux marques (durée d’usage indéterminée) et au fonds de commerce (en principe — voir Amortissement du fonds de commerce). Trois actifs, trois logiques différentes mais même conclusion.

    Un terrain inscrit à l’actif d’une entreprise reste donc à sa valeur d’origine au bilan, exercice après exercice. Il peut être :

    • Déprécié si sa valeur de marché descend durablement (rare, mais possible — déclin économique d’une zone, classement environnemental, pollution avérée).
    • Cédé, générant alors une plus-value ou moins-value de cession imposable.

    La conséquence pratique — ventiler à l’achat

    C’est la règle qui pose le plus de questions concrètes : quand une entreprise achète un local commercial pour 500 000 € HT, elle achète simultanément un terrain (non amortissable) et une construction (amortissable). Le PCG impose de séparer les deux dans la comptabilité.

    Cette ventilation n’est pas une option : elle est exigée par le PCG (article 213-2) et contrôlée par l’administration fiscale.

    Trois clés de répartition admises

    Clé 1 — Expertise immobilière : la plus solide juridiquement. Un expert agréé évalue séparément la valeur du terrain et celle du bâti. Particulièrement pertinente pour les locaux atypiques ou en zone tendue.

    Clé 2 — Statistiques de marché local : pour un local commercial standard en zone urbaine, la valeur du terrain représente couramment 15 à 25 % du prix global. En zone très tendue (centre-ville Paris, Bordeaux, Lyon), la part du terrain peut atteindre 40 à 50 %. En zone rurale ou périphérique, elle peut tomber à 10-15 %.

    Clé 3 — Base cadastrale ou barème professionnel : utiliser les valeurs cadastrales locatives ou les barèmes diffusés par les ordres professionnels (notaires, géomètres). Méthode rapide et défendable, à condition de pouvoir documenter la source.

    Importance de la documentation

    Quelle que soit la clé retenue, l’entreprise doit pouvoir documenter et justifier la répartition en cas de contrôle. Une méthode arbitraire est rejetée par l’administration fiscale.

    Une ventilation systématiquement à 10 % terrain / 90 % construction (proportion qui maximise l’amortissement) est suspecte aux yeux de l’administration et a déjà été redressée. La pratique défendable pour un local commercial standard se situe entre 15 et 25 % pour le terrain.

    Comptabilisation — deux comptes distincts

    À l’achat d’un local commercial pour 500 000 € HT (terrain estimé à 100 000 €, construction à 400 000 €) :

    01/06/2026
    2115 — Terrain                                     100 000,00
    2131 — Bâtiments                                   400 000,00
    44562 — TVA déductible immobilisations              80 000,00
           404 — Fournisseurs d'immobilisations               580 000,00
    (Acquisition local commercial — ventilation terrain/bâti
    selon expertise du 15/05/2026)
    

    Seule la construction (400 000 €) entre dans le périmètre d’amortissement. Le terrain reste au bilan à 100 000 €, exercice après exercice, jusqu’à la cession.

    Les trois exceptions

    1. Carrières, gisements, mines

    Un terrain dont l’exploitation conduit à l’épuisement (carrière, gisement, mine, gravière) est amortissable. Sa durée d’usage est définie par les volumes exploitables et le rythme d’exploitation prévu. C’est un cas spécifique, souvent industriel, qui obéit à des règles techniques propres.

    2. Aménagements de terrains

    Les aménagements et viabilisations (raccordements, terrassements, voirie, parkings, clôtures) sont distincts du terrain et amortissables sur leur durée d’usage propre (10 à 30 ans selon nature). Ils sont comptabilisés au compte 212 — Agencements et aménagements de terrains, pas au compte 2115.

    Un parking en enrobé bitume sur un terrain commercial s’amortit sur 10-15 ans. Le terrain en dessous reste non amortissable.

    3. Plantations agricoles

    Les plantations (vergers, vignes, certaines cultures pérennes) sont distinguées du terrain agricole sous-jacent et amortissables sur leur durée d’exploitation (typiquement 25-40 ans pour un verger, 25-50 ans pour une vigne). Elles relèvent du compte 2117 — Vergers, cultures.

    Le terrain agricole nu reste, lui, non amortissable, sauf le cas marginal des terres soumises à érosion ou épuisement avéré.

    Cession — la plus-value ne tient pas compte d’amortissements (puisqu’il n’y en a pas)

    Quand un terrain est cédé, la plus-value de cession est calculée comme prix de cession − valeur d’origine, sans déduction d’amortissements (puisqu’il n’y en a pas eu). Cette mécanique simple distingue le terrain des bâtiments cédés, où la VNC (valeur d’origine − amortissements cumulés) sert de référence.

    Le régime fiscal applicable à la plus-value (court terme / long terme) suit les règles habituelles selon la durée de détention et le régime d’imposition de l’entreprise.

    FAQ

    Mon comptable a inscrit l’ensemble du local à 100 % en construction — est-ce un problème ?
    Oui, c’est une non-conformité au PCG (article 213-2). En cas de contrôle, l’administration peut redresser et imposer la ventilation a posteriori, avec rappel des amortissements indûment déduits sur la fraction terrain. La régularisation est à faire au plus tôt — idéalement avec une expertise immobilière à l’appui.

    Quelle est la part typique du terrain dans le prix d’un local commercial ?
    15 à 25 % est la fourchette défendable pour un local commercial standard en zone urbaine. Plus en zone tendue (centre-ville premium), moins en périphérie ou en zone rurale. Toujours documenter la méthode retenue.

    Si la valeur de mon terrain a doublé en 10 ans, faut-il ré-évaluer le bilan ?
    La ré-évaluation libre des actifs est possible mais soumise à des règles strictes (PCG article 214-27). Elle est rarement pratiquée par les TPE-PME car elle alourdit la base imposable et les obligations comptables. Le terrain reste au bilan à sa valeur d’origine, sauf décision explicite de ré-évaluation.

    Un terrain pollué peut-il être déprécié ?
    Oui. Si la valeur de marché du terrain a durablement chuté en raison d’une pollution avérée, une dépréciation peut être constatée au compte 2911 (en contrepartie du compte 6816). La dépréciation est à apprécier annuellement.

    Mon terrain agricole s’amortit-il ?
    Non, sauf cas particulier (érosion documentée, exploitation conduisant à épuisement). Les plantations sur le terrain (vignes, vergers) sont distinctes et amortissables, mais le terrain nu, non.

    Le parking de mon entreprise est-il amortissable ?
    La surface de parking (revêtement, marquages au sol, éclairage, clôture) est amortissable comme agencement de terrain (compte 212). Le terrain sous le parking ne l’est pas.

    Existe-t-il un calculateur qui gère la ventilation terrain / bâti ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « immeuble » qui demande la ventilation terrain / bâti dès la saisie et n’amortit que la part bâtie. Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement par type d’actif — tableau de référence

    Articles connexes :

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 213-2 (séparation des composants à l’acquisition), 214-3 (durée d’utilisation limitée), 214-15 (test de dépréciation) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-10 (durées d’usage et règles particulières) — BOFiP-Impôts.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable ou d’un évaluateur immobilier. La ventilation terrain / bâti à l’acquisition est une zone à arbitrer avec un professionnel — particulièrement en cas de local atypique ou en zone tendue.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Amortissement d’un immeuble professionnel : approche par composants

    En bref

    Un immeuble professionnel s’amortit par décomposition obligatoire : terrain (non amortissable, à isoler), gros œuvre (20-30 ans), toiture (15-25 ans), second œuvre (15-20 ans), équipements (10-15 ans). La méthode est linéaire, le dégressif n’est pas applicable. La TVA est récupérable sur l’achat d’un local commercial neuf affecté à l’activité. Cette page concerne les locaux détenus en propre par une entreprise — pour la location meublée, voir le pilier LMNP.


    L’approche par composants — obligatoire pour l’immobilier

    L’article 214-9 du PCG impose la décomposition d’un actif dès lors que ses composants ont des durées d’usage significativement différentes. Pour un immeuble, cette décomposition est non seulement obligatoire mais aussi systématique : un bâtiment regroupe par nature des éléments aux durées de vie très inégales.

    Décomposition de référence (immobilier d’entreprise)

    Composant Durée d’usage typique Part typique du coût
    Terrain (à isoler en premier) Non amortissable 15-25 % du prix global
    Gros œuvre (fondations, structure porteuse, façade) 30 à 50 ans 30-40 %
    Toiture, étanchéité 15 à 25 ans 5-10 %
    Second œuvre (cloisons, revêtements, menuiseries) 15 à 20 ans 10-15 %
    Installations techniques (chauffage, climatisation, ascenseur) 10 à 15 ans 10-15 %
    Agencements intérieurs spécifiques 5 à 15 ans variable

    Les fourchettes sont indicatives. Un commissaire aux comptes ou un expert immobilier peut retenir des durées différentes si elles sont justifiées par les conditions réelles d’utilisation et la qualité des matériaux.

    Pourquoi isoler le terrain en premier

    C’est la règle la plus stable et la plus visible : un terrain ne s’use pas, donc ne s’amortit pas. À l’achat d’un local commercial pour 500 000 € HT, il faut séparer dans la comptabilité la valeur du terrain (estimée à 100 000 € par exemple) de celle de la construction (400 000 €). Seule la construction est amortissable.

    Voir Amortissement et terrain : pourquoi le sol est exclu pour la mécanique de séparation et les clés de répartition admises.

    Méthode — linéaire uniquement

    L’amortissement linéaire est la seule méthode applicable à l’immobilier. Le dégressif est exclu (article 39 A du CGI). Cette règle vaut autant pour les bâtiments d’exploitation industrielle que pour les locaux administratifs ou commerciaux.

    TVA — récupérable sous conditions

    La TVA sur l’achat d’un local commercial neuf est récupérable dès lors que le local est affecté à une activité soumise à TVA (commerce, prestation de services, activité industrielle). La base d’amortissement est alors le prix HT.

    Pour un local d’occasion (achat secondaire), la TVA n’est pas appliquée (cession sans TVA), et la base d’amortissement est le prix d’achat global, augmenté des frais d’acquisition incorporables.

    Pour une activité non soumise à TVA (médecin, formation professionnelle continue dans certains cas, etc.), la TVA n’est pas récupérable et la base d’amortissement est le prix TTC.

    Frais d’acquisition — incorporés à la base

    Les frais d’acquisition d’un immeuble (frais de notaire, droits d’enregistrement, commissions) peuvent être :

    • Incorporés à la valeur d’origine de l’immobilisation et donc amortis sur sa durée (option par défaut depuis 2005, méthode dite « incorporation »).
    • Comptabilisés en charge au compte 6227 ou 6354 selon la nature, en option (méthode « désincorporation »). Cette option est moins fréquente.

    L’option doit être cohérente entre toutes les acquisitions. Une fois choisie, l’entreprise s’y tient.

    Comptabilisation à l’achat

    Cas type : achat d’un local commercial pour 500 000 € HT, ventilé entre terrain (100 000 €) et construction (400 000 €), TVA récupérable.

    01/06/2026
    2115 — Terrain                                     100 000,00
    2131 — Bâtiments                                   400 000,00
    44562 — TVA déductible immobilisations              80 000,00
           404 — Fournisseurs d'immobilisations               580 000,00
    (Acquisition local commercial)
    

    La construction (400 000 €) doit ensuite être ventilée par composants pour le calcul des amortissements :

    Composant Coût Durée Annuité
    Gros œuvre 200 000 40 ans 5 000
    Toiture 40 000 25 ans 1 600
    Second œuvre 80 000 20 ans 4 000
    Installations techniques 60 000 15 ans 4 000
    Agencements 20 000 10 ans 2 000
    Total annuel 16 600

    Soit une dotation totale d’environ 4,15 % par an sur la valeur amortissable, contre 2,5 à 3 % en amortissement bloc sur 30-40 ans. La décomposition par composants accélère donc significativement la déduction fiscale en début de période.

    Travaux ultérieurs — capitaliser ou pas

    Une fois le bâtiment en exploitation, les travaux ultérieurs suivent une règle simple :

    • Travaux d’entretien (peinture, ravalement courant, remplacement à l’identique de petits éléments) : charges, compte 615.
    • Gros entretien programmé (ravalement décennal, ITE, réfection toiture) : peut être immobilisé comme un nouveau composant, amorti sur sa durée d’usage propre (et le composant remplacé est sorti).
    • Amélioration ou agrandissement (extension, surélévation, transformation) : immobilisé, en augmentation de la valeur du bâtiment.
    • Mise aux normes (accessibilité PMR, sécurité incendie, performance énergétique réglementaire) : immobilisée si elle apporte un avantage durable.

    Le critère de bascule est l’existence d’un avantage économique futur (durée d’usage prolongée, performance améliorée, valeur accrue) versus un simple maintien du bien dans son état initial.

    FAQ

    Comment ventiler la valeur d’un local entre terrain et construction ?
    Trois clés admises. La plus rigoureuse : expertise immobilière sur la valeur respective des deux composantes. La plus pragmatique : utiliser les statistiques de marché local (proportion typique terrain / bâti dans la zone). La plus simple : se référer à la base cadastrale ou à des barèmes professionnels (15 à 25 % pour un terrain en zone urbaine standard, plus pour les emplacements premium). La méthode retenue doit être documentée et constante.

    Le bâtiment de mon exploitation agricole suit-il les mêmes règles ?
    Oui, l’approche par composants s’applique. Les durées peuvent être ajustées : les bâtiments d’élevage ont souvent une durée d’usage de 15-20 ans (poussières corrosives, humidité), les serres horticoles 15-20 ans aussi, les hangars de stockage 25-30 ans.

    Mon entreprise loue ses locaux à long terme, peut-elle amortir des aménagements ?
    Oui. Les agencements et installations sur sol d’autrui (compte 2181) sont amortis sur la durée du bail OU sur leur durée d’usage technique, selon ce qui est le plus court. À la sortie, soit le bailleur les conserve (sortie comptable simple), soit le locataire les démonte (moins-value).

    Les frais de notaire sont-ils déductibles immédiatement ?
    Au choix de l’entreprise — option à exercer dès le premier achat et à conserver. Incorporation (option par défaut) : les frais de notaire grossissent la base amortissable et sont étalés sur la durée d’amortissement. Désincorporation : ils passent en charges immédiates au compte 6227. La désincorporation accélère la déduction mais est plus rare en pratique.

    Faut-il décomposer même un petit local ?
    Le seuil de matérialité est apprécié au cas par cas. Pour un local à 300 000 € avec une décomposition possible mais peu impactante, la pratique courante reste la décomposition pour respecter le PCG. Pour un local à 100 000 € où la ventilation est artificielle, l’amortissement bloc reste tolérable. À arbitrer avec son expert-comptable.

    Comment traiter une construction sur un terrain dont on est locataire ?
    La construction est inscrite au compte 2138 — Autres constructions ou 2181 — Installations sur sol d’autrui selon la nature du droit (bail commercial, bail emphytéotique, etc.). La durée d’amortissement est alignée sur la durée du droit d’usage, sauf si la durée d’usage technique est plus courte.

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement immobilier avec composants ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « immeuble » qui gère la ventilation par composants (terrain non amortissable, gros œuvre, toiture, second œuvre, installations) et calcule les annuités combinées. Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement par type d’actif — tableau de référence

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement immobilier par composants

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 213-8 (coûts directement attribuables), 214-9 (approche par composants) et 214-13 (définition de l’amortissement) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-20-40 (immeubles) et BIC-AMT-10 (durées d’usage) — BOFiP-Impôts.
    • Code Général des Impôts, article 39 A (amortissement dégressif — l’immobilier en est exclu) — Légifrance.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable ou d’un évaluateur immobilier. La ventilation entre terrain et construction et la décomposition par composants méritent une analyse au cas par cas.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Amortissement d’un site internet : conditions d’immobilisation et durée

    En bref

    Un site internet n’est immobilisable que sous conditions strictes : il doit générer des avantages économiques futurs probables, ses coûts doivent être identifiables de façon fiable, et il doit avoir dépassé la phase de recherche. Sous ces conditions, ses frais de développement sont amortis en linéaire sur 3 à 5 ans. À l’inverse, un site vitrine sans génération de revenus directs n’est pas immobilisable : ses coûts de création passent en charges. La maintenance courante reste toujours en charges.


    Le critère décisif : avantages économiques futurs

    Le PCG (article 211-1) pose comme condition générale d’immobilisation qu’un actif génère des avantages économiques futurs probables. Un site internet ne remplit cette condition qu’à certaines conditions précises, énumérées par le BOFiP (BIC-CHG-20-30-30) :

    1. Le site est en exploitation (pas en phase d’étude).
    2. Il génère des avantages économiques identifiables : ventes en ligne, génération de leads, économies opérationnelles mesurables, fidélisation chiffrable.
    3. Les coûts de création peuvent être identifiés de façon fiable.
    4. La durée d’utilisation est suffisamment longue (au-delà de l’exercice).
    5. L’entreprise a la capacité technique et financière d’achever et d’exploiter le site.

    Concrètement, ces conditions sont remplies dans deux cas typiques : un site e-commerce (revenus directs liés au site) et un site métier d’une entreprise dont l’activité passe largement par le digital (cabinet en ligne, plateforme de prise de rendez-vous, comparateur, marketplace).

    À l’inverse, un site vitrine classique (présentation de l’entreprise, coordonnées, blog d’autorité non monétisé) ne remplit pas la condition n°2 : ses coûts de création passent en charges directes, généralement au compte 6228 ou 6181.

    Trois phases, trois traitements

    La création d’un site se découpe traditionnellement en trois phases. Chacune suit un régime distinct.

    Phase 1 — Recherche et faisabilité

    Étude de marché, benchmark, validation conceptuelle, choix de la solution technique. Ces coûts sont toujours en charges (compte 6228 ou 622X), même si le projet aboutit ensuite. Ils ne sont jamais immobilisables.

    Phase 2 — Développement

    Conception, paramétrage, intégration, tests. Si les conditions d’immobilisation sont remplies (cf. critère central ci-dessus), les coûts de cette phase peuvent être capitalisés au compte 205 — Logiciels et autres immobilisations incorporelles ou 232 — Immobilisations incorporelles en cours pendant le développement, transférés en 205 à la mise en service.

    Coûts incorporables :
    – Honoraires de développeurs (externes ou imputation des heures internes).
    – Coût d’achat de modules ou plug-ins durables intégrés au site.
    – Coûts de design et d’ergonomie indissociables du développement.
    – Coûts de mise en production (déploiement, configuration serveur initial).

    Coûts non incorporables :
    – Formation des utilisateurs internes.
    – Frais d’hébergement récurrents.
    – Frais de domaine récurrents.
    – Coûts de communication et de lancement.

    Phase 3 — Maintenance et évolutions

    Une fois le site mis en service, les coûts ultérieurs suivent une règle simple :

    • Maintenance courante (correctifs, mises à jour de sécurité, ajustements mineurs) : charges, compte 6156 ou 6228.
    • Hébergement, nom de domaine, certificat SSL : charges, compte 6228 ou 6261.
    • Évolution majeure apportant une fonctionnalité nouvelle significative ou une refonte profonde : peut être immobilisée séparément sur sa propre durée si elle remplit les conditions générales.

    Durée d’amortissement

    La durée d’usage admise pour un site internet immobilisé est de 3 à 5 ans, en cohérence avec celle d’un logiciel. La pratique majoritaire est 3 ans pour les sites à forte évolutivité technique (e-commerce, plateformes), 5 ans pour les sites stables (site métier sans évolution lourde prévue).

    L’amortissement est linéaire. Le dégressif n’est pas applicable au site internet (qui n’entre pas dans le champ matériel et outillage industriel de l’article 39 A du CGI).

    Exemple chiffré

    Une PME e-commerce fait développer son site pour 18 000 € HT, mise en service le 1er juillet 2026. Les conditions d’immobilisation sont remplies (revenus directs liés au site).

    Décomposition des 18 000 € :
    – Étude de marché et choix solution (2 000 €) → charges 2025 (phase recherche, non immobilisée).
    – Développement, design, intégration (14 000 €) → immobilisé au compte 205.
    – Communication de lancement et formation (2 000 €) → charges 2026.

    Base d’amortissement : 14 000 €, durée 3 ans linéaire, prorata temporis.

    Exercice Annuité VNC fin
    2026 (du 1/7) 2 350 11 650
    2027 4 667 6 983
    2028 4 667 2 316
    2029 (du 1/1 au 30/6) 2 316 0

    Cas particulier — site internet et SaaS

    Une nuance fréquente : si le site est techniquement hébergé sur une plateforme SaaS (Shopify, WooCommerce sur abonnement, Squarespace), les frais d’abonnement restent une charge récurrente, indépendamment du fait que le site lui-même puisse remplir les conditions d’immobilisation. Le site et la plateforme sont deux actifs distincts.

    Si l’entreprise paie uniquement un abonnement pour utiliser une plateforme standard sans développement spécifique (un site Shopify standard sans intégration sur mesure), il n’y a rien à immobiliser : tout passe en charges récurrentes.

    FAQ

    Mon site vitrine peut-il être immobilisé ?
    Non, en principe. Un site vitrine qui se contente de présenter l’entreprise et ses contacts ne génère pas d’avantages économiques directs et identifiables. Ses coûts passent en charges (compte 6228 ou 6181). Cette règle est constante dans la doctrine fiscale.

    Combien de temps puis-je amortir un site e-commerce ?
    3 à 5 ans typiquement. La règle est d’aligner sur la durée d’usage prévisible — c’est-à-dire l’horizon avant refonte profonde. Sur des plateformes techniques évolutives (Shopify, Magento), 3 ans est défendable. Sur un site stable bien conçu, 5 ans est admis.

    Le coût de mon agence pour le SEO est-il immobilisable ?
    Non. Les prestations de SEO, de community management, de campagnes publicitaires sont des charges récurrentes (compte 6233 ou 6228). Elles ne créent pas un actif durable au sens comptable.

    Puis-je immobiliser une refonte complète de site existant ?
    Si la refonte apporte des fonctionnalités nouvelles significatives ou si elle prolonge durablement la durée d’usage du site, oui — comme pour une mise à jour majeure de logiciel. Si elle se limite à un rafraîchissement graphique, c’est une charge.

    Qu’en est-il du nom de domaine ?
    Le nom de domaine est un droit annuellement renouvelable, donc une charge récurrente (compte 6261 ou 6228). Il n’est pas amortissable. Exception théorique : un nom de domaine acheté à prix élevé sur le marché secondaire pour son potentiel commercial intrinsèque (cas rare) pourrait être immobilisé au compte 205, sans amortissement (durée d’usage indéterminée).

    Le SaaS Shopify est-il à immobiliser ?
    Non. Un abonnement Shopify est une charge récurrente, comme tout SaaS. Voir Amortissement du logiciel — frontière SaaS / immo.

    Existe-t-il un calculateur pour le site internet ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « site internet » pré-paramétré (durée 3 ou 5 ans, méthode linéaire, prorata temporis). Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement par type d’actif — tableau de référence

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement de site internet

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 211-1 (définition de l’actif) et 212-3 (frais de développement) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-CHG-20-30-30 (sites internet — conditions d’immobilisation) — BOFiP-Impôts.
    • Code Général des Impôts, article 39 A (amortissement dégressif — éligibilité) — Légifrance.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. La frontière entre charge et immobilisation pour un site internet est souvent une zone d’arbitrage qui mérite une analyse au cas par cas.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Amortissement d’un véhicule de société (utilitaire) : pas de plafond

    En bref

    Un véhicule utilitaire (catégorie N1, mention CTTE ou CAM sur la carte grise) n’est pas soumis au plafond fiscal des véhicules de tourisme. Il s’amortit sur 4 à 5 ans, en linéaire ou en dégressif s’il est neuf (coefficient 1,25 sur 4-5 ans). La TVA est récupérable à 100 %, contrairement aux véhicules de tourisme. Le critère décisif n’est ni le modèle ni l’usage, mais la mention de catégorie sur la carte grise (champ J.1).


    La distinction qui change tout — VP versus N1

    L’administration fiscale distingue deux catégories qui obéissent à des règles très différentes :

    • VP — Voiture Particulière (catégorie M1) : véhicules de tourisme. Plafond fiscal selon CO2, dégressif interdit, TVA non récupérable. Voir Amortissement d’un véhicule de tourisme.
    • CTTE / CAM — Camionnette / Camion (catégorie N1, N2, N3) : véhicules utilitaires. Pas de plafond, dégressif possible, TVA récupérable.

    La distinction se lit au champ J.1 de la carte grise. Cette mention est attribuée à la première mise en circulation et résulte des caractéristiques techniques du véhicule (charge utile, configuration, nombre de places, surface de chargement).

    Cas particulier : les dérivés VP (véhicules utilitaires reclassés VP par option du constructeur, mention figurant sur la carte grise) suivent le régime des véhicules de tourisme et non celui des utilitaires. À vérifier au moment de l’achat.

    Pas de plafond fiscal

    C’est la grande différence avec le véhicule de tourisme : toute la valeur d’achat est fiscalement déductible, par le mécanisme de l’amortissement. Aucune réintégration extra-comptable n’est nécessaire, aucune fraction non déductible à gérer.

    L’article 39-4 du CGI, qui plafonne la base amortissable des véhicules de tourisme, ne s’applique pas aux utilitaires N1.

    Méthode — linéaire ou dégressif

    Le véhicule utilitaire neuf est éligible à l’amortissement dégressif (article 39 A du CGI). Le coefficient dépend de la durée d’usage retenue :

    Durée Coefficient dégressif
    3 ou 4 ans 1,25
    5 ou 6 ans 1,75

    Le linéaire reste possible et c’est le choix par défaut si l’entreprise n’opte pas pour le dégressif.

    Le véhicule d’occasion est exclu du dégressif : le linéaire s’applique sur la durée d’usage prévisible restante.

    Durée d’amortissement — 4 à 5 ans

    La durée d’usage admise par le BOFiP (BIC-AMT-10) est de 4 à 5 ans pour un véhicule utilitaire neuf, à ajuster selon les conditions réelles d’utilisation (kilométrage prévu, intensité d’usage). La pratique courante en TPE-PME : 5 ans.

    Les véhicules à très fort kilométrage (livraison urbaine, BTP, services itinérants) peuvent justifier une durée plus courte (3-4 ans), à documenter.

    TVA — récupérable à 100 %

    Contrairement au véhicule de tourisme, la TVA est récupérable sur :
    – L’achat du véhicule utilitaire (annexe II du CGI, article 206).
    – Les carburants (gasoil, essence, électricité, GPL, GNV) à hauteur des règles applicables : 100 % gasoil et électricité, 80 % essence depuis 2022.
    – L’entretien et les réparations.

    Cette récupération de TVA, combinée à l’absence de plafond fiscal, fait de l’utilitaire le choix fiscalement le plus avantageux quand l’usage le permet.

    Comptabilisation — base HT

    01/03/2026
    2182 — Matériel de transport                       28 000,00
    44562 — TVA déductible immobilisations              5 600,00
           404 — Fournisseurs d'immobilisations               33 600,00
    (Acquisition véhicule utilitaire neuf)
    

    Dotation annuelle (linéaire 5 ans, prorata si mise en service en cours d’exercice) :

    31/12/2026
    6811 — Dotation amortissements immobilisations corporelles    5 600,00
           28182 — Amortissements matériel de transport                    5 600,00
    

    Exemple chiffré comparé — linéaire vs dégressif

    Une PME de plomberie achète le 1er janvier 2026 un fourgon utilitaire pour 28 000 € HT, durée 5 ans.

    Linéaire : annuité constante de 5 600 €/an pendant 5 ans.

    Dégressif (coefficient 1,75, taux 35 %) :

    Exercice Base Annuité dégressive Linéaire alternative Retenue
    2026 28 000 9 800 5 600 9 800
    2027 18 200 6 370 4 550 6 370
    2028 11 830 4 141 3 943 4 141
    2029 7 689 2 691 3 845 3 845 (basculement linéaire)
    2030 3 844 3 844 3 844
    Total 28 000

    Sur les deux premières années, le dégressif fait gagner (9 800 + 6 370) − (5 600 + 5 600) = 4 970 € de déduction supplémentaire. Sur 5 ans le total est identique, c’est uniquement un effet de calendrier sur la trésorerie fiscale.

    Cession — pas de mécanisme particulier

    À la cession d’un utilitaire, la plus-value ou moins-value de cession se calcule normalement (prix de cession − VNC). Aucun mécanisme de réintégration des amortissements excédentaires (qui n’existaient pas), aucune complexité particulière.

    FAQ

    Comment vérifier si mon véhicule est utilitaire ou tourisme ?
    Le critère officiel est la mention au champ J.1 de la carte grise. M1 = VP = tourisme (plafond fiscal). N1 = CTTE = utilitaire (pas de plafond). Le modèle commercial (Berlingo, Kangoo, Partner…) peut exister en versions VP ou N1 selon la finition — toujours vérifier la carte grise.

    Un Renault Kangoo 5 places est-il un utilitaire ?
    Cela dépend de la finition et de l’immatriculation. Un Kangoo « Express » en finition utilitaire 2 places (banquette arrière démontée, vitrage arrière obturé) est en N1. Un Kangoo « Family » 5 places destiné au transport familial est en M1, donc tourisme. Toujours vérifier le champ J.1.

    Un véhicule mixte (3 places à l’avant, banquette amovible à l’arrière) ?
    La frontière dépend des caractéristiques techniques précises. Les « dérivés VP » (utilitaires reclassés VP) suivent le régime tourisme. Les fourgons aménagés peuvent être en N1 ou M1 selon les options de carrosserie. La carte grise tranche.

    Mon utilitaire de plus de 3,5 t suit-il les mêmes règles ?
    Pour les véhicules de plus de 3,5 t (catégorie N2, N3), le régime est encore plus avantageux : pas de plafond, dégressif possible, TVA récupérable à 100 % (y compris sur le carburant essence). Durée d’amortissement souvent plus longue (5-7 ans) en raison de la robustesse mécanique supérieure.

    Le pick-up double cabine est-il un utilitaire ?
    Cas piégeux. Un pick-up à simple cabine (2 places) est en N1 = utilitaire. Un pick-up double cabine (4-5 places) peut être classé M1 = tourisme et se voir appliquer les plafonds fiscaux. La loi de finances pour 2020 a notamment durci la règle pour les pick-ups doubles cabines. À vérifier sur la carte grise et selon la date de première immatriculation.

    Un véhicule électrique utilitaire bénéficie-t-il d’avantages spécifiques ?
    Le véhicule électrique utilitaire (eKangoo Express, eDispatch, eExpert…) cumule les avantages : pas de plafond fiscal, TVA récupérable à 100 %, déductibilité TVA électricité de recharge à 100 %, et bonus écologique entreprise. C’est l’option la plus avantageuse fiscalement.

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement utilitaire ?
    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia propose un mode « véhicule utilitaire » pré-paramétré (pas de plafond, choix linéaire / dégressif, durée 4-5 ans). Gratuit, sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Page parente : Amortissement par type d’actif — tableau de référence

    Articles connexes :

    Outil : Calculateur d’amortissement véhicule utilitaire

    Sources

    • Code Général des Impôts, article 39 A (amortissement dégressif — éligibilité du matériel et outillage industriel) — Légifrance.
    • Annexe II du CGI, article 206 (récupération TVA véhicule utilitaire) — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT-10 (durées d’usage) et BIC-AMT-20-40 (matériel de transport) — BOFiP-Impôts.
    • Plan Comptable Général (PCG), article 322-4 (prorata temporis) — Légifrance.

    Cet article fournit une information pédagogique générale. Il ne se substitue pas à un conseil personnalisé d’un expert-comptable adapté à votre situation. La frontière VP/N1 sur certains modèles à finition mixte mérite une vérification au cas par cas.


    Dernière mise à jour : 30 avril 2026.

  • Tableau d’amortissement comptable sur Excel : linéaire, dégressif, LMNP, crédit-bail

    L’essentiel

    • Amortissement linéaire : =valeur_origine/durée_années chaque année, identique sur toute la durée. Applicable sans condition.
    • Amortissement dégressif : =VNC × (1/durée × coefficient_fiscal) — coefficient 1,25 pour 3-4 ans, 1,75 pour 5-6 ans, 2,25 au-delà. Réservé aux biens neufs éligibles.
    • Règle du basculement : à chaque année, retenir le maximum entre annuité dégressive et annuité linéaire résiduelle (VNC ÷ années restantes). Le calcul bascule automatiquement en linéaire en fin de plan.
    • LMNP : amortir séparément le bâti (25-30 ans), les composants (10-20 ans), le mobilier (5-7 ans), uniquement en linéaire.
    • Crédit-bail : reconstitution comptable de l’amortissement de l’actif sous-jacent même si le bien n’est pas à l’actif.
    • Excel ou calculateur en ligne ? Excel offre la flexibilité (modifier durée, méthode, ajouter des composants), un calculateur en ligne va plus vite et évite les erreurs de formule.

    Vocabulaire des fonctions Excel pour l’amortissement comptable

    Excel propose plusieurs fonctions financières pour l’amortissement d’immobilisations. Voici les termes que vous croiserez en tableur, avec leurs équivalences anglais/français et leurs particularités.

    • AMORLIN (français) / SLN (anglais) — fonction native pour l’amortissement linéaire. Syntaxe : =AMORLIN(coût; valeur_résiduelle; durée). Renvoie l’annuité constante.
    • AMORLINC / AMORLINC — variante française pour les biens acquis en cours d’année avec prorata temporis automatique.
    • DDB (anglais) / DDB (français) — Double Declining Balance, dégressif américain. À éviter en France car coefficient incompatible avec les coefficients fiscaux français (1,25 / 1,75 / 2,25).
    • VDB — Variable Declining Balance, dégressif avec basculement automatique. Comme DDB, coefficient américain par défaut. Utilisable si on force le coefficient français.
    • SYD / SYD — Sum of Years’ Digits, méthode dégressive américaine non utilisée en France.
    • VNC (Valeur Nette Comptable) — colonne calculée en cascade : =valeur_origine - cumul_amortissements. Décroît à chaque exercice.
    • Cumul amortissements — somme des annuités passées : =SOMME($D$8:D8) où D est la colonne « Annuité ».
    • Annuité dégressive — calculée manuellement : =VNC_début × (1/durée × coefficient_français).
    • Basculement linéaire — règle : =MAX(annuité_dégressive ; VNC/années_restantes). Excel retient automatiquement la plus grande des deux annuités.
    • Référence absolue — usage des $ pour figer les paramètres ($B$1 pour la valeur d’origine). Indispensable pour tirer la formule vers le bas.
    • Composants LMNP — structure par feuilles séparées : une feuille pour le bâti (25-30 ans), une pour la toiture (25 ans), une pour les installations (20 ans), une pour le mobilier (5-7 ans), une feuille « Synthèse » qui agrège.
    • Crédit-bail (annexe 2055) — reconstitution comptable de l’amortissement « comme si » le bien était à l’actif. Exigé fiscalement même si le bien n’apparaît pas au bilan du locataire.
    • Date de mise en service (DMS) — paramètre Excel qui déclenche le calcul du prorata temporis. Différent de la date d’achat (date facture).
    • Convention de signe — pour les fonctions Excel financières (DDB, VDB), les signes peuvent varier selon la version. Vérifier que l’annuité est positive avant cumul.

    À quoi sert un tableau d’amortissement comptable sur Excel

    Un tableau d’amortissement comptable détaille, année par année, l’étalement de la valeur d’une immobilisation au bilan d’une entreprise. Selon le contexte, on parle de :

    • Tableau d’amortissement linéaire — étalement annuel à parts égales, applicable à tous les biens amortissables.
    • Tableau d’amortissement dégressif — étalement accéléré les premières années, réservé aux biens neufs éligibles.
    • Tableau d’amortissement LMNP (loueur en meublé non professionnel) — amortissement par composants d’un bien immobilier loué en meublé sous régime réel.
    • Tableau d’amortissement crédit-bail — reconstitution de l’amortissement comptable que l’entreprise aurait pratiqué si le bien était à son actif.

    Excel est l’outil de référence pour ces 4 cas car il permet d’ajuster instantanément durée, méthode ou décomposition par composants et de visualiser l’impact ligne par ligne. Cet article donne les formules exactes et les modèles pour chacun des 4 cas.

    Tableau d’amortissement linéaire dans Excel

    Le principe

    L’amortissement linéaire étale la valeur d’une immobilisation en parts égales sur sa durée d’utilisation. Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans, l’annuité est de 6 000 € chaque année — simple, prévisible, applicable à tous les biens amortissables.

    La formule Excel

    Cellule Contenu Valeur
    B1 Valeur d’origine HT 30000
    B2 Durée (années) 5
    B3 Taux linéaire =1/B2 → 20 %
    B4 Annuité =B1*B3 → 6 000 €

    Pour le tableau d’amortissement complet (colonnes : Année, Base, Annuité, Cumul, VNC fin) :

    Colonne Formule (ligne 8 = année 1)
    Base =$B$1
    Annuité =$B$4
    Cumul =C8 (en année 1) puis =E7+C9 (en année 2+)
    VNC fin =$B$1-D8

    Le prorata temporis en linéaire

    Si le bien est mis en service en cours d’année, l’annuité année 1 est proratisée en jours :

    Prorata = (date_31_décembre − date_mise_en_service + 1) / 365

    Pour un bien acquis le 1ᵉʳ juillet, prorata = 184 jours / 365 ≈ 0,504. Annuité année 1 = 6 000 × 0,504 ≈ 3 025 €. L’annuité non consommée (2 975 €) est reportée sur la dernière année du plan, qui devient une année supplémentaire pour solder.

    Tableau d’amortissement dégressif dans Excel

    Le principe

    L’amortissement dégressif accélère l’amortissement les premières années en appliquant un coefficient fiscal au taux linéaire. Plus le bien est neuf, plus la dotation est élevée — réduisant le résultat imposable et améliorant la trésorerie.

    Le coefficient fiscal selon la durée

    Durée d’utilisation Coefficient
    3 à 4 ans 1,25
    5 à 6 ans 1,75
    Plus de 6 ans 2,25

    La formule Excel pour le dégressif

    Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans (coefficient 1,75) :

    Cellule Contenu Valeur
    B1 Valeur d’origine 30000
    B2 Durée 5
    B3 Coefficient 1,75
    B4 Taux dégressif =B3/B2 → 35 %

    Pour le tableau, créez les colonnes : Année, VNC début, Annuité dégressive, Annuité linéaire résiduelle, Annuité retenue, Cumul, VNC fin.

    Colonne Formule (ligne 8 = année 1)
    VNC début =$B$1 (année 1), =G7 (années suivantes)
    Annuité dégressive =B8*$B$4
    Annuité linéaire résiduelle =B8/(durée_restante)
    Annuité retenue =MAX(C8;D8)
    Cumul =E8 (année 1), =F7+E8 (années suivantes)
    VNC fin =B8-E8

    La règle dite du basculement : on prend la plus grande des deux annuités (dégressive ou linéaire sur le résiduel) à chaque année. Le calcul bascule automatiquement en linéaire sur la dernière partie du plan, dès que le linéaire devient plus avantageux.

    Exemple chiffré sur 5 ans

    Année VNC début Annuité retenue VNC fin
    1 30 000 € 10 500 € (dégressif) 19 500 €
    2 19 500 € 6 825 € (dégressif) 12 675 €
    3 12 675 € 4 436 € (dégressif) 8 239 €
    4 8 239 € 4 119 € (linéaire) 4 119 €
    5 4 119 € 4 119 € (linéaire) 0 €

    L’année 4 amorce le basculement : 8 239 € / 2 ans restants = 4 119 € en linéaire, soit plus que les 8 239 × 35 % = 2 884 € en dégressif.

    Tableau d’amortissement LMNP dans Excel

    La spécificité LMNP

    En LMNP au régime réel, on amortit le bien immobilier en plusieurs composants distincts, chacun avec sa propre durée d’amortissement. Le mode est exclusivement linéaire (le dégressif n’est pas autorisé pour l’immobilier).

    Les composants à séparer

    Composant Pourcentage typique Durée d’amortissement
    Bâti (gros œuvre) 70-80 % 25-30 ans
    Façade et étanchéité 5-8 % 20 ans
    Toiture 3-5 % 25 ans
    Aménagements intérieurs 7-10 % 15 ans
    Installations techniques (chauffage, plomberie, électricité) 8-12 % 20 ans
    Mobilier et équipements (selon liste) 5-7 ans

    La méthode Excel

    Créez une feuille par composant. Pour chacun, formule linéaire simple (=valeur_composant / durée). Sommez les annuités sur une feuille « Récapitulatif » pour obtenir l’amortissement annuel total à reporter dans votre liasse fiscale (déclaration 2031).

    Exemple : un appartement à 200 000 € (terrain non amortissable retiré, ici 20 000 €), reste 180 000 € à décomposer.

    Composant Valeur HT Durée Annuité
    Bâti (75 %) 135 000 € 30 ans 4 500 €/an
    Façade (6 %) 10 800 € 20 ans 540 €/an
    Toiture (4 %) 7 200 € 25 ans 288 €/an
    Aménagements (8 %) 14 400 € 15 ans 960 €/an
    Installations (7 %) 12 600 € 20 ans 630 €/an
    Mobilier 8 000 € 7 ans 1 143 €/an
    Total annuel 8 061 €

    Cet amortissement vient en charge déductible et neutralise les revenus fonciers, voire crée un déficit reportable. C’est le mécanisme central de la rentabilité fiscale du LMNP.

    Tableau d’amortissement crédit-bail dans Excel

    Le crédit-bail (leasing) ne fait pas figurer le bien à l’actif du locataire. Pourtant, le législateur exige une annexe dans la liasse fiscale qui reconstitue l’amortissement comptable « comme si » le bien était à l’actif, pour information.

    Le tableau crédit-bail Excel reprend la formule linéaire (durée = durée d’usage du bien, pas la durée du contrat) avec en colonnes supplémentaires :

    • Valeur du bien à l’origine
    • Loyers payés sur la période
    • Amortissement reconstitué (linéaire)
    • Différence (loyer payé − amortissement théorique)

    Cette différence est l’« écart de retraitement » à mentionner dans le tableau 2055 ou 2065 selon le régime fiscal.

    Les pièges fréquents avec Excel

    1. Oublier le caractère absolu des références. Si vos formules sont en =B8*B4 (sans $), tirer la formule vers le bas décale aussi les références aux paramètres. Utilisez systématiquement $B$4 pour les paramètres fixes (taux, coefficient, durée).

    2. Arrondir les colonnes intermédiaires. Si vous arrondissez à l’euro la VNC à chaque année puis recalculez l’annuité dégressive à partir de cette valeur arrondie, vous accumulez des erreurs d’arrondi qui peuvent décaler le basculement d’une année. Gardez les valeurs exactes (centimes) dans les colonnes intermédiaires, arrondissez seulement à l’affichage.

    3. Oublier le prorata temporis en amortissement comptable. Le calcul démarre à la date de mise en service, pas au 1ᵉʳ janvier. Une omission classique qui décale tout le plan d’un an. Le prorata se compte en jours en linéaire, en mois entiers en dégressif (le mois d’acquisition compte intégralement, quelle que soit la date dans le mois).

    4. Mixer linéaire et dégressif sur la même cellule. Si vous voulez tester les deux méthodes sur le même bien, créez deux feuilles distinctes — sinon les références circulaires et les formules se mélangent.

    5. Utiliser DDB ou VDB sans précaution. Excel propose les fonctions DDB et VDB pour le dégressif, mais elles utilisent des coefficients américains qui ne correspondent pas aux coefficients fiscaux français (1,25 / 1,75 / 2,25). Mieux vaut écrire la formule manuellement avec MAX(annuité_dégressive ; annuité_linéaire_résiduelle) pour gérer correctement le basculement.

    6. Oublier de retirer le terrain en LMNP. Le terrain n’est pas amortissable : il faut systématiquement le retirer de la base avant de décomposer. À défaut, vous gonflez artificiellement votre amortissement et vous risquez un redressement.

    Excel ou calculateur en ligne ?

    Excel a trois forces : flexibilité totale (vous pouvez ajouter une colonne pour des composants supplémentaires, simuler une cession en cours de plan, brancher des graphiques), intégration dans une feuille de pilotage comptable plus large, et archivage dans le cloud OneDrive ou SharePoint partageable avec votre expert-comptable.

    Un calculateur en ligne a aussi trois forces : rapidité (résultat en moins d’une seconde, sans recopier de formules), fiabilité (zéro risque d’erreur de formule ou de référence circulaire), et affichage immédiat (vous voyez l’année de basculement et la VNC dès la saisie).

    Notre recommandation : calculateur pour la simulation, Excel pour l’archivage du dossier comptable.

    • Pour un calcul rapide d’amortissement comptable (linéaire ou dégressif) : calculateur Amortia comptable — basculement automatique, prorata temporis intégré.
    • Pour un dossier comptable archivable et auditable : Excel avec les formules ci-dessus, une feuille par bien, une feuille « synthèse ».

    Questions fréquentes

    Comment calculer un amortissement linéaire dans Excel ?

    Formule de base : =valeur_origine / durée_années, identique chaque année. Pour 30 000 € sur 5 ans, l’annuité est de 6 000 €. Si le bien est mis en service en cours d’année, proratiser au nombre de jours du 01/07 au 31/12 (ou date pertinente) divisé par 365.

    Comment calculer un amortissement dégressif dans Excel ?

    Excel propose les fonctions DDB et VDB mais elles utilisent des coefficients américains qui ne correspondent pas aux coefficients fiscaux français (1,25 / 1,75 / 2,25). Mieux vaut écrire la formule manuellement : =VNC_début * (1/durée * coefficient_français) avec la règle du basculement vers le linéaire dès que le linéaire devient plus avantageux. La formule =MAX(annuité_dégressive ; VNC/années_restantes) gère le basculement automatiquement.

    Quel coefficient pour le dégressif sur Excel ?

    1,25 pour une durée de 3 ou 4 ans ; 1,75 pour 5 ou 6 ans ; 2,25 au-delà de 6 ans. Le coefficient s’applique au taux linéaire (1/durée) pour donner le taux dégressif. Sur 5 ans, taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %.

    Peut-on faire un tableau d’amortissement LMNP en une seule feuille Excel ?

    Oui techniquement, mais c’est plus propre de faire une feuille par composant (bâti, façade, toiture, aménagements, mobilier) puis une feuille « Synthèse » qui agrège. Ça facilite les corrections, la traçabilité, et les contrôles fiscaux ultérieurs. Le terrain doit être isolé en amont — il n’est pas amortissable.

    Comment gérer le basculement dégressif → linéaire dans Excel ?

    Avec une formule MAX qui compare à chaque ligne l’annuité dégressive (VNC × taux dégressif) et l’annuité linéaire résiduelle (VNC ÷ années restantes). Excel retient automatiquement la plus grande. Le basculement se déclenche tout seul, généralement à l’année 4 ou 5 sur une durée de 5 ans, ou à l’année 5-6 sur une durée de 8 ans.

    Excel calcule-t-il automatiquement le prorata temporis ?

    Non, pas nativement. Il faut composer la formule en utilisant DATEDIF ou un calcul manuel =(date_31_décembre - date_mise_en_service + 1)/365. Pour le dégressif, le prorata se compte en mois entiers : =(13 - mois_mise_en_service)/12. Une cellule dédiée au prorata année 1 simplifie le calcul du tableau.

    Existe-t-il un modèle Excel téléchargeable Amortia ?

    Un modèle Excel prêt à l’emploi pour les 3 cas (linéaire, dégressif, LMNP par composants) sera proposé en téléchargement gratuit dans une prochaine mise à jour de cet article. En attendant, les formules ci-dessus sont copier-collables directement dans une feuille vierge.

    Quelle est la différence entre AMORLIN et PMT pour l’amortissement ?

    Ce sont deux fonctions complètement différentes. AMORLIN (anglais SLN) calcule l’annuité d’amortissement comptable d’une immobilisation (linéaire). PMT (français VPM) calcule la mensualité d’un prêt à mensualités constantes. Ne pas confondre. Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans : =AMORLIN(30000; 0; 5) renvoie 6 000 € par an.

    Pourquoi ne pas utiliser DDB d’Excel pour le dégressif français ?

    Parce que DDB (Double Declining Balance) utilise par défaut un coefficient de 2,0 qui ne correspond à aucun coefficient fiscal français. Les coefficients français sont 1,25 / 1,75 / 2,25 selon la durée. Vous pouvez forcer DDB avec un argument facteur personnalisé (=DDB(coût; valeur; durée; période; 1.75)) mais il est plus sûr d’écrire la formule manuellement avec MAX() pour gérer le basculement.

    Comment calculer le prorata temporis dans Excel ?

    En linéaire, prorata en jours : =(DATE(année;12;31) - date_mise_en_service + 1) / 365. Pour un bien acquis le 1ᵉʳ juillet 2026, ça donne 184/365 ≈ 0,504. En dégressif, prorata en mois entiers : =(13 - MOIS(date_mise_en_service)) / 12. L’annuité année 1 = annuité × prorata. Le solde non consommé s’ajoute sur la dernière année.

    Comment construire un tableau LMNP par composants dans Excel ?

    Une feuille par composant : Bâti (75 % de la valeur, durée 25-30 ans), Toiture (4 %, durée 25 ans), Façade (6 %, durée 20 ans), Aménagements (8 %, durée 15 ans), Installations (7 %, durée 20 ans), Mobilier (selon liste, durée 5-7 ans). Une feuille « Synthèse » avec une ligne par composant et une colonne « Annuité totale » qui somme. À reporter dans la déclaration 2031.

    Excel calcule-t-il automatiquement le basculement dégressif → linéaire ?

    Pas avec une fonction dédiée. Vous devez l’écrire manuellement avec une formule =MAX(VNC × taux_dégressif ; VNC / années_restantes) sur chaque ligne. Excel retient automatiquement la plus grande des deux annuités. Le basculement intervient en pratique à l’année 4 ou 5 sur durée 5 ans, ou à l’année 5-6 sur durée 8 ans. La fonction VDB peut le faire mais avec coefficient américain.

    Comment gérer l’amortissement d’un crédit-bail dans Excel ?

    Reconstituez l’amortissement comme si le bien était à l’actif, avec sa durée d’usage économique (pas la durée du contrat). Une feuille avec : valeur du bien à l’origine, loyers payés sur l’exercice, amortissement reconstitué (linéaire), différence (loyer − amortissement théorique). Cette différence est l’« écart de retraitement » à reporter dans le tableau 2055 ou 2065 de la liasse fiscale.

    Comment vérifier qu’un tableau d’amortissement Excel est correct ?

    Quatre contrôles essentiels : (1) Cumul amortissements à la dernière ligne = valeur d’origine (à l’arrondi près). (2) VNC à la dernière ligne = 0 ou valeur résiduelle attendue. (3) Annuité × durée ≈ valeur d’origine (cohérence linéaire). (4) En dégressif, le basculement vers le linéaire doit s’opérer dans le dernier tiers du plan. Si un de ces contrôles échoue, vérifier les références absolues et les arrondis.

    Excel a-t-il une fonction qui gère le coefficient fiscal français ?

    Pas directement. Les fonctions natives DDB, VDB, AMORLIN sont basées sur les standards comptables américains. Pour respecter les coefficients français (1,25 / 1,75 / 2,25), il faut soit forcer le facteur dans VDB (=VDB(coût; 0; durée; période-1; période; coefficient)), soit écrire la formule manuellement =VNC × (1/durée × coef). La méthode manuelle est plus lisible et plus fiable.

    Comment sortir un bien du tableau Excel en cas de cession ?

    Stoppez le calcul à la ligne de la cession. La VNC à cette date = base de calcul de la plus-value (prix de cession − VNC). Ajoutez une ligne « Cession » avec : date, prix de vente, VNC, plus-value (ou moins-value). En dégressif, anticipez : la VNC plus basse génère mécaniquement une plus-value plus élevée qu’en linéaire — l’avantage trésorerie initial peut être annulé en cas de revente précoce.

    Peut-on automatiser le tableau d’amortissement avec une macro ?

    Oui, en VBA. Une macro Excel peut générer un plan complet en une fonction custom appelée comme =PLAN_AMORTISSEMENT(valeur; durée; methode; date_mise_en_service). Mais vu le volume de cas (linéaire/dégressif/LMNP/crédit-bail × prorata × basculement), c’est souvent plus rapide d’utiliser le calculateur Amortia qui fait tout ça en quelques secondes sans installation.

    Aller plus loin

    Pour comprendre les concepts derrière les formules :

    Pour faire le calcul sans Excel :

  • Amortissement linéaire ou dégressif : différences, calcul, choix optimal

    L’essentiel

    • Linéaire : annuité constante = valeur d’origine ÷ durée. Applicable à tous les biens amortissables, méthode par défaut.
    • Dégressif : annuité décroissante = VNC × (1/durée × coefficient). Applicable aux biens neufs d’au moins 3 ans de durée et inscrits sur la liste des biens éligibles (article 39 A du CGI).
    • Coefficient fiscal : 1,25 pour 3-4 ans, 1,75 pour 5-6 ans, 2,25 au-delà de 6 ans.
    • Avantage fiscal du dégressif : 75 % d’amortissement supplémentaire la première année par rapport au linéaire (sur durée 5 ans). Réduction immédiate du résultat imposable.
    • Avantage du linéaire : simplicité, prévisibilité, applicable sans condition.
    • Basculement dégressif → linéaire : automatique dès que l’annuité linéaire calculée sur le résiduel devient supérieure à l’annuité dégressive. Prévu par le CGI, il garantit que l’amortissement se termine bien à zéro.
    • Biens exclus du dégressif : véhicules de tourisme, mobilier de bureau classique, bâtiments commerciaux et industriels (sauf exceptions limitées).
    • Choix une fois fait, irréversible : passer du linéaire au dégressif après le démarrage du plan n’est pas autorisé.

    Définitions courtes

    L’amortissement comptable est la traduction de la perte de valeur d’une immobilisation au fil du temps. Il diminue le résultat imposable de l’entreprise (charge déductible) et le bilan (l’actif amorti perd de sa valeur nette comptable, ou VNC).

    Deux méthodes principales coexistent en France :

    L’amortissement linéaire étale la valeur du bien en parts égales sur sa durée d’utilisation. Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans, l’annuité est de 6 000 € chaque année — identique du début à la fin.

    L’amortissement dégressif accélère la dotation les premières années en appliquant un coefficient fiscal au taux linéaire. Pour le même bien sur 5 ans, l’annuité année 1 est de 10 500 € (75 % de plus que le linéaire) et décroît ensuite chaque année jusqu’au basculement vers le linéaire.

    Vocabulaire de l’amortissement linéaire et dégressif

    Choisir entre amortissement linéaire et dégressif mobilise un vocabulaire fiscal précis. Voici les termes clés du Code général des impôts et de la doctrine BOFiP que vous croiserez dans toute décision comptable.

    • Article 39 A du CGI — texte qui définit le régime fiscal de l’amortissement dégressif, ses conditions d’éligibilité et la liste des biens autorisés.
    • Article 39 B du CGI — règle de l’amortissement minimal obligatoire : à chaque clôture, l’amortissement cumulé doit être au moins égal à l’amortissement linéaire correspondant.
    • Coefficient fiscal dégressif — multiplicateur appliqué au taux linéaire : 1,25 (durée 3-4 ans), 1,75 (5-6 ans), 2,25 (au-delà de 6 ans).
    • Taux dégressif — taux d’amortissement majoré = (1/durée) × coefficient. Sur 5 ans : 20 % × 1,75 = 35 %.
    • Annuité dégressive — VNC en début de période × taux dégressif. Décroît à chaque année car la VNC décroît.
    • Annuité linéaire résiduelle — VNC ÷ années restantes. Comparée à chaque année à l’annuité dégressive ; la plus grande est retenue.
    • Basculement — passage automatique du dégressif au linéaire dès que l’annuité linéaire résiduelle dépasse l’annuité dégressive. Imposé par le CGI pour solder le plan à zéro.
    • Bien neuf — bien jamais utilisé auparavant. Condition obligatoire pour bénéficier du dégressif (article 39 A I du CGI).
    • Catégorie éligible — bien appartenant à la liste de l’article 39 A : matériel et outillage industriels, matériel informatique, équipement de manutention, etc.
    • Biens exclus du dégressif — véhicules de tourisme, mobilier de bureau classique, immeubles commerciaux et industriels (sauf exceptions limitées).
    • Prorata temporis dégressif — calcul en mois entiers : le mois d’acquisition compte intégralement quelle que soit la date dans le mois (différent du linéaire qui se calcule en jours).
    • Amortissement dérogatoire — différentiel entre l’amortissement fiscal (dégressif) et l’amortissement comptable (linéaire). Inscrit en provisions réglementées au passif (compte 145).
    • Économie de trésorerie — décalage de paiement d’IS dû à la majoration de l’annuité en début de plan. Sur 30 000 € à IS 25 % : (10 500 − 6 000) × 25 % = 1 125 € de cash en plus l’année 1.
    • Régime de droit commun — l’amortissement linéaire, applicable sans condition à tous les biens amortissables.
    • Régime optionnel — l’amortissement dégressif, à choisir au moment de l’inscription du bien. Choix irréversible : on ne peut pas passer du linéaire au dégressif en cours de plan.
    • BOFiP BIC-AMT — section de la doctrine fiscale dédiée aux amortissements (BIC = Bénéfices Industriels et Commerciaux, AMT = amortissements).

    Linéaire ou dégressif : tableau comparatif

    Critère Linéaire Dégressif
    Formule de l’annuité Valeur ÷ durée VNC × (1/durée × coefficient)
    Annuité année 1 (sur 30 000 € / 5 ans) 6 000 € 10 500 €
    Évolution Constante Décroissante puis basculement linéaire
    Conditions d’éligibilité Aucune Bien neuf, durée ≥ 3 ans, catégorie listée par l’article 39 A du CGI
    Biens exclus Aucun Véhicules de tourisme, mobilier de bureau, bâtiments
    Prorata temporis En jours (de la mise en service au 31/12 ÷ 365) En mois entiers (mois d’acquisition compté pour un mois)
    Coefficient fiscal Sans objet 1,25 / 1,75 / 2,25 selon la durée
    Avantage fiscal immédiat Faible Élevé (réduit le résultat imposable la 1ʳᵉ année)
    Avantage trésorerie Régulier Concentré au début
    Complexité Simple Modérée (basculement à gérer)

    Le calcul du linéaire en détail

    La formule

    Annuité linéaire = Valeur d’origine HT × Taux linéaire, où Taux linéaire = 1 / Durée d’utilisation.

    Pour un bien de 30 000 € amorti sur 5 ans :

    • Taux linéaire = 1 / 5 = 20 %
    • Annuité = 30 000 × 20 % = 6 000 €/an

    L’annuité reste identique chaque année. À la fin du plan (année 5), la VNC tombe exactement à zéro.

    Tableau d’amortissement linéaire complet

    Année Base amortissable Annuité Cumul VNC fin
    1 30 000 € 6 000 € 6 000 € 24 000 €
    2 30 000 € 6 000 € 12 000 € 18 000 €
    3 30 000 € 6 000 € 18 000 € 12 000 €
    4 30 000 € 6 000 € 24 000 € 6 000 €
    5 30 000 € 6 000 € 30 000 € 0 €

    Le prorata temporis en linéaire

    Si le bien est mis en service en cours d’année, l’annuité de la première année est proratisée en jours. Pour une mise en service le 1ᵉʳ juillet 2026 :

    Prorata = nombre de jours du 01/07 au 31/12 ÷ 365 = 184 / 365 ≈ 0,504

    Annuité année 1 = 6 000 × 0,504 ≈ 3 025 €. L’annuité non consommée (2 975 €) est reportée sur une année 6 supplémentaire pour solder le plan.

    Le calcul du dégressif en détail

    Le coefficient fiscal

    Le coefficient à appliquer au taux linéaire dépend de la durée d’utilisation :

    Durée d’utilisation Coefficient dégressif
    3 ou 4 ans 1,25
    5 ou 6 ans 1,75
    Plus de 6 ans 2,25

    La formule

    Annuité dégressive = VNC en début de période × Taux dégressif Taux dégressif = (1 / Durée) × Coefficient fiscal

    Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans (coefficient 1,75) :

    • Taux linéaire = 1 / 5 = 20 %
    • Taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %
    • Annuité année 1 = 30 000 × 35 % = 10 500 €

    L’année suivante, l’annuité s’applique à la VNC restante (30 000 − 10 500 = 19 500 €), pas à la valeur d’origine. Donc annuité année 2 = 19 500 × 35 % = 6 825 €, et ainsi de suite.

    La règle du basculement vers le linéaire

    Le calcul dégressif est conçu pour ne jamais atteindre zéro mathématiquement (35 % de plus en plus petit). Pour solder le plan, le CGI prévoit un basculement automatique vers le linéaire :

    À chaque année, on compare deux annuités :

    • L’annuité dégressive = VNC × taux dégressif
    • L’annuité linéaire résiduelle = VNC ÷ années restantes

    On retient la plus grande des deux. Le calcul bascule en linéaire dès que ce dernier devient plus favorable, ce qui arrive systématiquement vers la fin du plan.

    Tableau d’amortissement dégressif complet

    Pour 30 000 € sur 5 ans, coefficient 1,75 :

    Année VNC début Annuité dégressive Annuité linéaire résiduelle Annuité retenue VNC fin
    1 30 000 € 30 000 × 35 % = 10 500 € 30 000 / 5 = 6 000 € 10 500 € (dégressif) 19 500 €
    2 19 500 € 19 500 × 35 % = 6 825 € 19 500 / 4 = 4 875 € 6 825 € (dégressif) 12 675 €
    3 12 675 € 12 675 × 35 % = 4 436 € 12 675 / 3 = 4 225 € 4 436 € (dégressif) 8 239 €
    4 8 239 € 8 239 × 35 % = 2 884 € 8 239 / 2 = 4 119 € 4 119 € (linéaire) 4 119 €
    5 4 119 € 4 119 × 35 % = 1 442 € 4 119 / 1 = 4 119 € 4 119 € (linéaire) 0 €

    L’année 4 marque le basculement : pour la première fois, l’annuité linéaire résiduelle (4 119 €) dépasse l’annuité dégressive (2 884 €). À partir de là et jusqu’à la fin, on amortit en linéaire.

    Le prorata temporis en dégressif

    Différence importante avec le linéaire : le prorata se calcule en mois entiers, pas en jours. Le mois d’acquisition compte intégralement, quelle que soit la date dans le mois.

    Pour une mise en service le 15 juillet 2026 :

    • Prorata = 6 mois (juillet à décembre) / 12 = 0,5
    • Annuité année 1 = 30 000 × 35 % × 0,5 = 5 250 €

    Le solde non consommé (5 250 €) est reporté sur une année supplémentaire, ou réparti selon le basculement.

    Comparatif chiffré linéaire vs dégressif

    Sur le même bien (30 000 € / 5 ans), voici les deux plans côte à côte :

    Année Linéaire Dégressif Différence
    1 6 000 € 10 500 € +4 500 €
    2 6 000 € 6 825 € +825 €
    3 6 000 € 4 436 € −1 564 €
    4 6 000 € 4 119 € −1 881 €
    5 6 000 € 4 119 € −1 881 €
    Total 30 000 € 30 000 € 0 €

    Le total amorti est strictement identique sur les deux méthodes — c’est la valeur du bien. Ce qui change, c’est la répartition dans le temps : le dégressif concentre l’amortissement au début.

    À taux d’IS de 25 %, l’économie d’impôt est :

    • Linéaire : 6 000 € × 25 % = 1 500 € chaque année (sur 5 ans = 7 500 € au total).
    • Dégressif : 10 500 × 25 % = 2 625 € en année 1, puis dégressif (sur 5 ans = 7 500 € au total également).

    Sur la durée totale, l’économie d’impôt est la même. La différence est qu’au temps t=1, le dégressif a généré 2 625 € de cash en plus de trésorerie disponible — un avantage qui peut être réinvesti.

    Pourquoi choisir le linéaire

    L’amortissement linéaire est le bon choix par défaut dans cinq cas :

    1. Quand le bien n’est pas éligible au dégressif. Véhicules de tourisme, mobilier de bureau classique, immeubles commerciaux : pas le choix, c’est linéaire.

    2. Quand vous achetez en seconde main. Le dégressif exige un bien neuf. Un matériel d’occasion, même éligible par catégorie, est obligatoirement amorti en linéaire.

    3. Quand la durée est courte (1 à 2 ans). Pas de coefficient applicable au-delà de 1,25 sur les durées courtes — le gain devient marginal.

    4. Quand l’entreprise est en déficit ou faiblement bénéficiaire. Si vous n’avez pas d’IS à payer en année 1, le dégressif perd son intérêt fiscal. Linéaire = plus simple, plus prévisible.

    5. Quand vous voulez une lisibilité maximale du bilan. Dotations stables, prévisions financières simples, ratios économiques constants. Idéal pour un bilan présenté à un banquier ou un investisseur.

    Pourquoi choisir le dégressif

    L’amortissement dégressif est systématiquement avantageux fiscalement dès lors qu’il est applicable, dans cinq situations principales :

    1. Quand vous voulez optimiser votre trésorerie en année 1. Une annuité majorée de 75 % la première année réduit immédiatement le résultat imposable et donc l’IS à payer.

    2. Quand vous prévoyez une croissance forte les années suivantes. Si votre bénéfice va exploser dans 3 ans, autant amortir massivement aujourd’hui pendant que vous avez du résultat à neutraliser.

    3. Quand vous achetez du matériel à obsolescence rapide. Outillage industriel, équipement informatique, matériel high-tech : le dégressif reflète mieux la perte de valeur réelle des premières années.

    4. Quand vous comptez revendre le bien avant la fin du plan. En cas de cession, la VNC plus basse en dégressif réduit la plus-value imposable.

    5. Quand le coût administratif est négligeable. Aucune contrainte particulière à respecter au-delà de la mention dans la liasse fiscale et du basculement vers le linéaire — gain fiscal avec un effort minimal.

    Quand passer du dégressif au linéaire

    Le passage du dégressif au linéaire est automatique et obligatoire dès que l’annuité linéaire résiduelle (VNC ÷ années restantes) devient supérieure à l’annuité dégressive. C’est une règle prudentielle prévue par le CGI pour ne pas amortir indéfiniment.

    Concrètement, le basculement intervient :

    • Sur durée 5 ans, coefficient 1,75 : généralement à l’année 4 ou 5.
    • Sur durée 8 ans, coefficient 2,25 : généralement à l’année 5 ou 6.
    • Sur durée 3 ans, coefficient 1,25 : généralement à l’année 2 ou 3.

    Le passage en sens inverse — du linéaire au dégressif en cours d’amortissement — n’est jamais autorisé. Le choix se fait au démarrage du plan et engage l’entreprise pour toute la durée.

    Cas par type de bien

    Matériel informatique (durée 3 ans)

    Coefficient 1,25 → taux dégressif = 33 % × 1,25 = 41,67 %.

    Sur un PC de 2 400 € sur 3 ans :

    • Linéaire : 800 € × 3 ans
    • Dégressif : 1 000 € (an 1), 800 € (an 2), 600 € (an 3) — basculement an 3.

    Économie de trésorerie an 1 : 200 € × taux d’IS 25 % = 50 € de cash supplémentaire. Faible, durée trop courte.

    Véhicule utilitaire (durée 4 ans)

    Coefficient 1,25 → taux dégressif = 25 % × 1,25 = 31,25 %.

    Sur un utilitaire de 25 000 € HT sur 4 ans :

    • Linéaire : 6 250 € × 4 ans
    • Dégressif : 7 813 € (an 1), 5 371 € (an 2), 5 908 € (an 3 — basculement), 5 908 € (an 4).

    Économie an 1 : (7 813 − 6 250) × 25 % = 390 €.

    ⚠️ Les véhicules de tourisme ne sont pas éligibles au dégressif (seulement les utilitaires affectés exclusivement à un usage professionnel).

    Machine industrielle (durée 8 ans)

    Coefficient 2,25 → taux dégressif = 12,5 % × 2,25 = 28,125 %.

    Sur une machine de 100 000 € HT sur 8 ans :

    • Linéaire : 12 500 € × 8 ans
    • Dégressif an 1 : 28 125 €, an 2 : 20 215 €, an 3 : 14 530 €, an 4 : 12 500 € (basculement), 12 500 € × 4.

    Économie de trésorerie an 1 : (28 125 − 12 500) × 25 % = 3 906 €. Significatif.

    Exercice corrigé

    Énoncé : Une PME acquiert un robot industriel le 1ᵉʳ avril 2026 pour 60 000 € HT. Durée d’utilisation 6 ans. Le robot figure dans la liste des biens éligibles au dégressif. Calculer le tableau d’amortissement dégressif.

    Solution :

    Coefficient pour 6 ans = 1,75. Taux linéaire = 1/6 ≈ 16,67 %. Taux dégressif = 16,67 % × 1,75 = 29,17 %.

    Prorata année 1 (acquisition au 1ᵉʳ avril) = 9 mois / 12 = 0,75.

    Année VNC début Annuité dégressive Annuité linéaire résiduelle Annuité retenue VNC fin
    1 60 000 € 60 000 × 29,17 % × 0,75 = 13 125 € 60 000 / 6 = 10 000 € 13 125 € 46 875 €
    2 46 875 € 46 875 × 29,17 % = 13 672 € 46 875 / 5 = 9 375 € 13 672 € 33 203 €
    3 33 203 € 33 203 × 29,17 % = 9 685 € 33 203 / 4 = 8 301 € 9 685 € 23 518 €
    4 23 518 € 23 518 × 29,17 % = 6 860 € 23 518 / 3 = 7 839 € 7 839 € (linéaire) 15 679 €
    5 15 679 € 15 679 × 29,17 % = 4 573 € 15 679 / 2 = 7 840 € 7 840 € 7 840 €
    6 7 840 € 7 840 × 29,17 % = 2 287 € 7 840 / 1 = 7 840 € 7 840 € 0 €

    Total amorti = 60 000 € ✓. Basculement à l’année 4. L’annuité non consommée année 1 (2 875 € en équivalent linéaire 12 mois) est récupérée sur la durée restante via le basculement.

    Pour un calcul instantané sur votre cas exact, le calculateur d’amortissement comptable Amortia restitue le tableau complet en moins d’une seconde, avec gestion automatique du prorata et du basculement.

    Questions fréquentes

    Quelle est la différence entre l’amortissement linéaire et le dégressif ?

    L’amortissement linéaire étale la valeur du bien en annuités constantes (= valeur ÷ durée). L’amortissement dégressif applique un coefficient fiscal au taux linéaire pour générer des annuités décroissantes plus élevées les premières années. Sur la durée totale, le montant amorti est identique — seule la répartition change.

    Quand utiliser l’amortissement dégressif ?

    Dès lors que le bien est neuf, qu’il a une durée d’utilisation d’au moins 3 ans, et qu’il appartient à une catégorie éligible par l’article 39 A du CGI (matériel industriel, informatique, équipement de manutention, etc.). Le dégressif est avantageux quand l’entreprise a un résultat fiscal positif à neutraliser et veut améliorer sa trésorerie en année 1.

    Pourquoi choisir l’amortissement linéaire ?

    Pour la simplicité, la prévisibilité, et parce qu’il est applicable sans condition. Si le bien n’est pas éligible au dégressif (véhicule de tourisme, mobilier de bureau, immeuble commercial) ou s’il est acquis en seconde main, le linéaire est obligatoire. Il est aussi préférable si l’entreprise est déficitaire (le dégressif n’apporte alors aucun bénéfice fiscal).

    Quand passer du dégressif au linéaire ?

    Le passage est automatique et obligatoire dès que l’annuité linéaire calculée sur la VNC restante (VNC ÷ années restantes) devient supérieure à l’annuité dégressive (VNC × taux dégressif). En pratique, le basculement intervient au cours du dernier tiers du plan d’amortissement.

    Peut-on changer de méthode après le démarrage de l’amortissement ?

    Non. Le passage du linéaire au dégressif après la mise en service du bien n’est pas autorisé. Le choix se fait à l’inscription au plan d’amortissement initial et engage l’entreprise pour toute la durée. Seul le basculement automatique dégressif → linéaire en fin de plan échappe à cette règle (il est imposé par le CGI).

    Quels sont les biens éligibles au dégressif ?

    Liste précisée par l’article 39 A du CGI : matériel et outillage industriels, matériel informatique, équipement de manutention, machines de bureau (sauf machines à écrire), matériel de bureautique scientifique, installations de magasinage, équipements anti-pollution. Les véhicules utilitaires (camionnettes affectées exclusivement à l’usage professionnel) sont éligibles ; les véhicules de tourisme sont exclus.

    Comment calculer l’économie de trésorerie offerte par le dégressif ?

    Différence d’annuité entre dégressif et linéaire en année 1, multipliée par le taux d’IS. Sur 30 000 € / 5 ans à IS 25 % : (10 500 − 6 000) × 25 % = 1 125 € de trésorerie en plus la première année. Ce gain est réinjectable dans l’activité.

    Le dégressif est-il avantageux en LMNP ?

    Non. Le régime LMNP au réel impose l’amortissement par composants en méthode strictement linéaire. Le dégressif n’est pas autorisé pour l’immobilier locatif meublé, qu’il s’agisse du bâti, du mobilier ou des composants.

    Quel mode d’amortissement choisir pour optimiser fiscalement ?

    Le dégressif est systématiquement plus avantageux fiscalement quand il est applicable, car il décale le paiement de l’IS sur les premières années (effet trésorerie). Conditions cumulatives : bien neuf, durée d’utilisation ≥ 3 ans, catégorie éligible (article 39 A CGI), entreprise bénéficiaire (sinon le dégressif n’apporte rien). Si une condition manque, ou si l’entreprise est en déficit, le linéaire suffit.

    Le passage du linéaire au dégressif est-il possible en cours de plan ?

    Non, jamais. Le choix se fait à l’inscription du bien au plan d’amortissement et engage l’entreprise pour toute la durée. Seul le basculement automatique du dégressif vers le linéaire en fin de plan échappe à cette règle, car il est imposé par le CGI pour solder le plan à zéro mathématiquement.

    Comment savoir si un bien est éligible au dégressif ?

    Trois critères cumulatifs : (1) le bien doit être neuf à l’acquisition ; (2) sa durée d’utilisation doit être au moins 3 ans ; (3) il doit appartenir à une catégorie listée par l’article 39 A du CGI : matériel et outillage industriels, matériel informatique, équipement de manutention, machines de bureau (sauf machines à écrire), équipements anti-pollution, installations de magasinage. Vérifiez aussi le BOFiP BIC-AMT pour les cas particuliers.

    Quelle est la formule du coefficient dégressif en 2026 ?

    Le coefficient fiscal n’a pas changé depuis 2001 et reste : 1,25 pour une durée de 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans, 2,25 au-delà de 6 ans. Il s’applique au taux linéaire (1/durée) pour donner le taux dégressif. Sur durée 5 ans : taux dégressif = (1/5) × 1,75 = 35 %. Ce barème est inscrit à l’article 39 A I du CGI.

    Le dégressif fait-il payer plus ou moins d’impôt au total ?

    Pareil au total. Sur la durée complète du plan, l’amortissement cumulé est strictement identique en linéaire et en dégressif (= valeur du bien). L’économie d’impôt totale est donc la même. Ce qui change, c’est la répartition dans le temps : le dégressif concentre les déductions sur les premières années → décalage favorable de trésorerie (l’argent économisé peut être réinvesti). Sur 30 000 € à IS 25 %, économie totale = 7 500 € dans les deux cas.

    Pourquoi un véhicule de tourisme ne peut-il pas être amorti en dégressif ?

    Le législateur a explicitement exclu les véhicules de tourisme du régime dégressif (article 39 A III du CGI), pour éviter une optimisation fiscale jugée excessive. Seuls les véhicules utilitaires affectés exclusivement à un usage professionnel (camionnettes, fourgons) sont éligibles. La frontière dépend de la carte grise : VP (véhicule particulier) = exclu, VU (véhicule utilitaire) = éligible.

    Quand intervient le basculement vers le linéaire ?

    Automatiquement, dès que l’annuité linéaire résiduelle (VNC ÷ années restantes) dépasse l’annuité dégressive (VNC × taux dégressif). En pratique, le basculement intervient dans le dernier tiers du plan : généralement à l’année 4 ou 5 sur durée 5 ans (coefficient 1,75), à l’année 5 ou 6 sur durée 8 ans (coefficient 2,25). Excel le gère via une formule =MAX(annuité_dégressive ; VNC/années_restantes).

    Comment passer en comptabilité l’écart dégressif – linéaire ?

    Avec un amortissement dérogatoire. La comptabilité passe l’amortissement économique (généralement linéaire pour respecter l’image fidèle), tandis que la fiscalité retient le dégressif. La différence est inscrite en provisions réglementées (compte 145) au passif, débit 6872 « Dotations aux amortissements dérogatoires », crédit 145. Cet écart se reverse en fin de plan quand le linéaire dépasse le dégressif.

    Le dégressif fonctionne-t-il pour un investissement locatif (LMNP, SCI) ?

    Non, l’immobilier locatif est exclu du régime dégressif. En LMNP au régime réel, l’amortissement est obligatoirement linéaire, par composants séparés (gros œuvre, toiture, installations, mobilier). Idem pour les SCI à l’IR (revenus fonciers ne permettent pas l’amortissement) ou à l’IS (linéaire uniquement sur l’immobilier). Le dégressif est réservé aux biens industriels et professionnels neufs.

    Quel impact fiscal en cas de revente avant la fin du plan ?

    La cession sort le bien du bilan à sa VNC (valeur d’origine moins amortissements cumulés). Plus-value = prix de cession − VNC. En dégressif, la VNC est plus basse les premières années qu’en linéaire (amortissement plus rapide), ce qui mécaniquement augmente la plus-value imposable en cas de revente précoce. C’est l’inconvénient symétrique de l’avantage trésorerie initial. À calculer si vous prévoyez de revendre rapidement.

    Aller plus loin

  • L’amortissement comptable : guide complet


    En bref

    L’amortissement comptable est la constatation de la perte de valeur d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation. Il répartit le coût d’achat d’un bien (matériel, logiciel, véhicule, bâtiment) sur plusieurs exercices, au lieu de l’imputer entièrement l’année d’acquisition. Le Plan Comptable Général (article 214-13) fixe les règles. Trois méthodes existent : linéaire, dégressif et dérogatoire. La durée et la méthode dépendent du type de bien et du régime fiscal.


    Vocabulaire de l’amortissement comptable

    L’amortissement comptable utilise un vocabulaire précis encadré par le Plan Comptable Général (PCG) et le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP). Voici les termes que vous croiserez en comptabilité française.

    • Immobilisation — bien destiné à servir durablement à l’activité de l’entreprise (au-delà d’un exercice). Inscrit à l’actif du bilan, par opposition aux charges (consommées dans l’exercice).
    • Immobilisation corporelle — bien matériel : matériel informatique, mobilier, véhicules, machines, bâtiments. PCG art. 211-1.
    • Immobilisation incorporelle — bien immatériel à durée d’usage limitée : logiciels, brevets, licences. Amortissables si la durée d’utilisation est limitée.
    • Base amortissable — montant servant de base au calcul. Généralement le prix d’achat HT diminué de la valeur résiduelle (PCG art. 214-1).
    • Valeur résiduelle — valeur estimée du bien en fin d’utilisation (revente, démontage). Soustraite de la base amortissable si significative.
    • Durée d’usage — durée pendant laquelle l’entreprise utilisera effectivement le bien. Définie par catégorie de bien (BOFiP). Différente de la durée de vie technique.
    • VNC (Valeur Nette Comptable) — valeur du bien au bilan : valeur d’origine − amortissements cumulés. Décroît à chaque exercice.
    • Annuité — montant amorti sur un exercice. = base × taux pour le linéaire, = VNC × taux dégressif pour le dégressif.
    • Amortissement linéaire — méthode standard, annuité constante = base / durée. Applicable à tous les biens amortissables.
    • Amortissement dégressif — méthode fiscale optionnelle (article 39 A CGI), annuité décroissante avec coefficient majorateur. Réservé aux biens neufs éligibles.
    • Amortissement dérogatoire — différentiel entre l’amortissement fiscal (souvent dégressif) et l’amortissement comptable (linéaire). Inscrit en provisions réglementées au passif.
    • Coefficient fiscal dégressif — multiplicateur appliqué au taux linéaire selon la durée : 1,25 (3-4 ans), 1,75 (5-6 ans), 2,25 (au-delà).
    • Prorata temporis — réduction de l’annuité année 1 si mise en service en cours d’année. En jours pour le linéaire (n/365), en mois entiers pour le dégressif.
    • Plan d’amortissement — tableau prévisionnel de répartition de la base amortissable sur la durée d’utilisation. Établi à l’inscription du bien.
    • Plan Comptable Général (PCG) — référentiel comptable français édité par l’Autorité des Normes Comptables (ANC). Articles 214-13 et suivants pour l’amortissement.
    • BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques) — doctrine fiscale officielle accessible sur bofip.impots.gouv.fr. Série BIC-AMT pour l’amortissement.
    • CGI (Code Général des Impôts) — articles 39 (charges déductibles), 39 A (régime dégressif), 39 C (immobilier locatif).
    • Composants — décomposition d’une immobilisation en éléments amortissables séparément. Obligatoire en LMNP : bâti / toiture / installations / mobilier.
    • Cession — sortie d’une immobilisation du bilan. Génère une plus-value ou moins-value calculée sur la VNC du bien.

    Qu’est-ce que l’amortissement comptable ?

    Quand une entreprise achète un bien destiné à servir durablement à son activité — un ordinateur professionnel, un véhicule de société, un logiciel de gestion, du mobilier de bureau —, elle ne peut pas le passer entièrement en charge l’année de l’achat. Elle doit le faire entrer dans son patrimoine sous forme d’immobilisation, puis en répartir le coût sur la durée pendant laquelle elle va l’utiliser.

    C’est cette répartition que l’on appelle amortissement comptable.

    Le Plan Comptable Général en donne la définition technique dans son article 214-13 : « L’amortissement d’un actif est la répartition systématique de son montant amortissable en fonction de son utilisation ». Le montant amortissable est la valeur d’origine du bien (généralement son prix d’achat hors taxes récupérables), diminuée le cas échéant de sa valeur résiduelle (la valeur que le bien aura encore en fin d’utilisation, par exemple à la revente).

    L’amortissement n’est donc pas une dépense de trésorerie. C’est une écriture comptable de constatation : elle traduit une réalité économique (le bien perd de la valeur) sans qu’aucun argent ne sorte de l’entreprise au moment où l’écriture est passée.

    Pourquoi amortir ?

    L’amortissement répond à trois objectifs cumulés.

    Le premier est comptable : respecter le principe d’image fidèle. Si une entreprise comptabilisait un véhicule de 30 000 € entièrement en charge la première année, ses comptes annuels seraient déformés — un résultat artificiellement plombé l’année 1, des résultats artificiellement gonflés les années suivantes pendant que le véhicule continue de servir. L’amortissement étale la charge sur la durée réelle d’utilisation et donne ainsi une vision plus juste de la rentabilité de chaque exercice.

    Le deuxième est fiscal : l’amortissement est une charge déductible du résultat imposable. Sur la durée totale d’amortissement, l’entreprise déduit l’intégralité du coût du bien — mais répartie sur plusieurs années. Selon la méthode choisie (linéaire ou dégressif), l’effet fiscal en début de période peut être plus ou moins fort. C’est ce qui explique que le choix de la méthode d’amortissement n’est pas neutre.

    Le troisième est patrimonial : l’amortissement permet de suivre la dépréciation effective des biens dans le bilan. Au passif, la contrepartie de l’amortissement vient diminuer la valeur nette comptable du bien (VNC = valeur d’origine − amortissements cumulés). Cela donne à l’entreprise et à ses partenaires (banques, investisseurs) une mesure réaliste de son outil productif.

    Quels biens sont amortissables ?

    Sont amortissables : tous les biens dont la durée d’usage est limitée et qui se déprécient avec le temps ou l’usage.

    • Immobilisations corporelles : matériel informatique, mobilier, véhicules, machines, bâtiments (sauf le terrain), agencements.
    • Immobilisations incorporelles à durée d’usage limitée : logiciels, brevets, licences à durée fixe.

    Ne sont pas amortissables : les biens dont la valeur n’a pas vocation à s’éroder par usage ou par le temps.

    • Terrains : un terrain ne s’use pas, sauf cas particulier (carrière, gisement).
    • Fonds de commerce : par principe, le fonds de commerce n’est pas amortissable. La réforme du Plan Comptable Général a néanmoins prévu une exception transitoire pour les petites entreprises (à vérifier selon l’année d’acquisition).
    • Œuvres d’art : non amortissables car leur valeur ne se déprécie pas (et peut même s’apprécier).
    • Immobilisations financières : titres de participation, prêts, dépôts. Ces biens peuvent en revanche faire l’objet de dépréciations, ce qui est différent de l’amortissement.

    Les trois méthodes d’amortissement

    Le Plan Comptable Général distingue principalement deux méthodes comptables (linéaire et dégressif) et une méthode fiscale spécifique (dérogatoire).

    Amortissement linéaire

    C’est la méthode par défaut, la plus simple, et la plus utilisée. Elle répartit la charge en annuités constantes sur la durée d’utilisation.

    La formule est :

    Annuité linéaire = Valeur d’origine × Taux linéaire Taux linéaire = 1 / Durée d’utilisation

    Exemple : un ordinateur acheté 1 800 € HT, durée d’utilisation 3 ans.

    • Taux linéaire : 1 / 3 = 33,33 %
    • Annuité : 1 800 × 33,33 % = 600 € chaque année.

    La première annuité doit toutefois être calculée au prorata temporis si le bien est mis en service en cours d’exercice. Si l’ordinateur est mis en service le 1er juillet, l’annuité de la première année sera de 600 × (6 / 12) = 300 €.

    L’amortissement linéaire convient à tous les biens dont la dépréciation est régulière dans le temps : mobilier, agencements, bâtiments, logiciels.

    Pour le détail du calcul et un tableau d’amortissement complet, voir notre article Amortissement linéaire : définition, calcul, exemple.

    Amortissement dégressif

    Réservé à certains biens (essentiellement matériel industriel, équipement informatique et logiciels acquis neufs, sous conditions), l’amortissement dégressif applique un taux plus élevé en début de période et décroissant au fil du temps. Il accélère la déduction fiscale les premières années.

    Le taux dégressif s’obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient fiscal :

    Durée d’utilisation Coefficient
    3 ou 4 ans 1,25
    5 ou 6 ans 1,75
    Plus de 6 ans 2,25

    Exemple : matériel industriel acheté 30 000 € HT, durée 5 ans.

    • Taux linéaire : 1 / 5 = 20 %.
    • Taux dégressif : 20 % × 1,75 = 35 %.
    • Année 1 : 30 000 × 35 % = 10 500 €.
    • Année 2 : (30 000 − 10 500) × 35 % = 6 825 €.
    • Et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’annuité dégressive devienne inférieure à l’annuité linéaire calculée sur la valeur résiduelle ; on bascule alors sur le linéaire pour les dernières années.

    Le dégressif est avantageux en trésorerie pour une entreprise bénéficiaire qui veut récupérer rapidement la déductibilité de son investissement. Il alourdit en revanche les premières annuités, ce qui peut peser sur le résultat affiché.

    Voir notre comparatif détaillé Amortissement linéaire ou dégressif : lequel choisir ?.

    Amortissement dérogatoire

    Quand l’amortissement fiscalement admis (par exemple le dégressif ou un amortissement exceptionnel) diffère de l’amortissement comptable retenu (souvent le linéaire), la différence est constatée par un amortissement dérogatoire. C’est une provision qui n’a pas de sens économique, uniquement fiscal : elle permet de bénéficier de l’avantage fiscal du dégressif tout en conservant un linéaire en comptabilité, plus représentatif de l’usage réel.

    L’amortissement dérogatoire est inscrit en provision réglementée au passif du bilan, et non en amortissement classique. Il se résorbe symétriquement quand la situation s’inverse (l’amortissement fiscal devient inférieur à l’amortissement comptable).

    Durées d’utilisation par type de bien

    Les durées d’amortissement sont fixées par référence à la durée d’usage habituelle dans la profession. L’administration fiscale publie des durées indicatives au BOFiP. Les principales :

    Type de bien Durée d’usage habituelle
    Matériel informatique (PC, serveur) 3 ans
    Logiciels acquis 1 à 3 ans
    Mobilier de bureau 10 ans
    Agencements et installations 10 à 20 ans
    Véhicules de tourisme 5 ans
    Véhicules utilitaires 4 à 5 ans
    Outillage industriel léger 5 à 10 ans
    Matériel industriel lourd 7 à 15 ans
    Constructions 20 à 50 ans
    Locaux commerciaux 25 à 50 ans

    Ces durées sont des références fiscales : si l’entreprise applique une durée significativement différente, elle doit pouvoir le justifier (usage intensif particulier, usage atypique, etc.). En cas de divergence entre la durée comptable retenue (correspondant à l’usage réel dans l’entreprise) et la durée fiscale admise, la différence se résorbe via l’amortissement dérogatoire.

    Comment passer les écritures comptables

    Une écriture d’amortissement est passée à la clôture de l’exercice (généralement le 31 décembre). Elle se compose de deux lignes.

    Au compte 681 — Dotations aux amortissements (charge), au débit, pour le montant de l’annuité. Au compte 281 — Amortissements des immobilisations corporelles (compte d’actif soustractif), au crédit, pour le même montant.

    Exemple pour notre ordinateur de 1 800 € amorti sur 3 ans :

    31/12/2026
    6811 — Dotation amortissements immobilisations corporelles    600,00
           2183 — Amortissement matériel informatique                       600,00
    (Amortissement annuel ordinateur facture A12345)
    

    À la cession ou au rebut du bien, on solde simultanément le compte d’immobilisation et son compte d’amortissements cumulés, et l’on constate une plus-value ou moins-value de cession. Cette opération nécessite plusieurs écritures coordonnées que nous détaillons dans un article dédié.

    Pour l’écriture pas à pas : Écritures comptables d’un amortissement linéaire.

    Cas particuliers à connaître

    LMNP (location meublée non professionnelle) : pour les loueurs en meublé, l’amortissement du bien immobilier (gros œuvre, second œuvre, équipements) est l’avantage fiscal majeur du régime réel. La décomposition par composants permet de maximiser la déduction. Guide complet LMNP.

    Amortissement exceptionnel : certains équipements bénéficient d’un régime de suramortissement (logiciels acquis, robots industriels selon les périodes). Toujours vérifier l’actualité fiscale au moment de l’acquisition.

    Biens d’occasion : ne sont pas éligibles à l’amortissement dégressif. Le linéaire s’applique sur la durée d’utilisation restante prévisible.

    Approche par composants : un bâtiment, un véhicule poids lourd, un avion ne sont pas amortis comme un seul bloc. Chaque composant ayant une durée d’usage propre (toiture, gros œuvre, ascenseurs) est amorti séparément. Cette approche est obligatoire au-delà de certains seuils de matérialité.

    Réforme du PCG (effet 2025-2026) : la dernière refonte du Plan Comptable Général a précisé certaines règles, notamment sur les fonds commerciaux des petites entreprises et la définition des immobilisations. Toute pratique antérieure doit être revue à la lumière des nouvelles dispositions.

    FAQ

    Quelle différence entre amortissement et dépréciation ?

    L’amortissement est planifié dès l’origine (durée fixe, méthode connue). La dépréciation est constatée ponctuellement quand un bien perd de la valeur de manière imprévue (panne, obsolescence accélérée, baisse durable du marché). Les deux peuvent se cumuler.

    Tous les biens d’une entreprise sont-ils amortissables ?

    Non. Les terrains, le fonds de commerce (en principe), les œuvres d’art ne sont pas amortissables. Les stocks ne le sont pas non plus — ils peuvent en revanche faire l’objet de dépréciations.

    Peut-on changer de méthode d’amortissement en cours de route ?

    En principe, non. La méthode est figée à la mise en service du bien. Un changement de méthode est possible uniquement si la situation économique change significativement, et doit alors être justifié et mentionné en annexe des comptes annuels.

    Que se passe-t-il quand un bien est entièrement amorti mais encore utilisé ?

    Le bien reste à l’actif du bilan à sa valeur d’origine, contre-balancé par les amortissements cumulés équivalents (valeur nette comptable nulle). Aucune nouvelle dotation n’est passée tant que le bien n’est pas cédé ou mis au rebut.

    Quel impact sur ma trésorerie ?

    Aucun direct. L’amortissement est une charge non décaissée. Mais la déduction fiscale qu’il génère diminue l’impôt sur les sociétés ou l’impôt sur le revenu, ce qui améliore indirectement la trésorerie.

    Faut-il amortir un logiciel SaaS (abonnement mensuel) ?

    Non. Un abonnement SaaS est une charge récurrente (compte 6181 ou 622X selon le type), pas une immobilisation. Seuls les logiciels achetés en licence perpétuelle, créant un actif durable, sont amortis.

    Existe-t-il un calculateur d’amortissement comptable en ligne ?

    Oui — le calculateur d’amortissement comptable d’Amortia permet de calculer linéaire, dégressif et de générer le tableau complet, gratuitement et sans inscription.

    Pour aller plus loin

    Quelle est la différence entre amortissement et dépréciation ?

    L’amortissement traduit la perte de valeur prévisible et systématique d’un bien sur sa durée d’usage (matériel qui s’use, logiciel qui devient obsolète). La dépréciation traduit une perte de valeur imprévue et constatée à un moment donné (matériel endommagé, baisse durable de la valeur de marché). L’amortissement est planifié à l’achat, la dépréciation est constatée a posteriori. Les deux réduisent la VNC mais n’ont pas la même nature comptable (PCG art. 214-15 vs 214-19).

    Comment calculer l’amortissement d’un bien acheté en cours d’année ?

    Avec le prorata temporis. En linéaire, on calcule en jours : annuité × (jours d’utilisation / 365). Pour un bien acquis le 1ᵉʳ juillet 2026, prorata = 184/365 ≈ 0,504 → annuité année 1 = annuité × 0,504. En dégressif, le calcul se fait en mois entiers : le mois d’acquisition compte intégralement quelle que soit la date dans le mois. L’annuité non consommée est reportée sur une année supplémentaire en fin de plan.

    Peut-on amortir un bien immobilier ?

    Oui, sauf le terrain qui n’est jamais amortissable (il ne s’use pas, sauf cas exceptionnels comme les carrières). Le bâti est amortissable sur 25 à 50 ans selon la nature et l’usage (logement locatif LMNP, local commercial, bâtiment industriel). En LMNP au régime réel, on amortit obligatoirement par composants séparés : gros œuvre, toiture, installations techniques, mobilier — chacun avec sa propre durée.

    Qu’est-ce que la VNC (Valeur Nette Comptable) ?

    La VNC est la valeur du bien au bilan après déduction des amortissements cumulés. Formule : VNC = valeur d’origine − amortissements cumulés. Pour un matériel acheté 30 000 € amorti linéairement sur 5 ans, la VNC fin année 3 = 30 000 − (3 × 6 000) = 12 000 €. La VNC tombe à zéro en fin de plan d’amortissement (sauf valeur résiduelle déduite à l’origine).

    Quels biens ne peuvent pas être amortis ?

    Les biens dont la valeur ne s’érode pas par l’usage ou le temps : terrains (sauf carrières et gisements), fonds de commerce (par principe non amortissable, exception transitoire pour les petites entreprises selon la réforme PCG), œuvres d’art, immobilisations financières (titres de participation, prêts, dépôts). Ces biens peuvent en revanche faire l’objet d’une dépréciation si leur valeur réelle baisse durablement.

    Comment l’amortissement réduit-il l’impôt à payer ?

    L’amortissement est une charge déductible du résultat imposable. Sur la durée totale, l’entreprise déduit l’intégralité du coût du bien. Effet immédiat sur l’IS : pour un bien de 30 000 € amorti linéairement sur 5 ans à un taux d’IS de 25 %, l’économie fiscale annuelle = 6 000 € × 25 % = 1 500 €. Le dégressif accélère cette économie sur les premières années sans la majorer au total.

    Faut-il un amortissement comptable et fiscal séparés ?

    Pas systématiquement. Si l’entreprise pratique le linéaire en comptabilité et le linéaire en fiscalité, un seul calcul suffit. Si elle pratique le linéaire en comptabilité et le dégressif en fiscalité (cas fréquent), elle constate la différence en amortissement dérogatoire au passif (provisions réglementées). C’est cet écart qui réintègre l’avantage fiscal du dégressif sans toucher à la comptabilité d’image fidèle.

    Comment passer l’écriture comptable d’un amortissement ?

    L’écriture standard de fin d’exercice est : Débit 681 « Dotations aux amortissements » pour le montant de l’annuité, Crédit 281 « Amortissements des immobilisations » pour le même montant. Cela impacte le résultat (compte 681) sans flux de trésorerie et alimente le cumul d’amortissements (compte 281) qui vient en moins de la valeur d’origine au bilan.

    Quelle durée d’amortissement pour un ordinateur ?

    L’usage admis par l’administration fiscale est de 3 ans pour le matériel informatique standard (PC de bureau, portable, serveur léger). Cette durée correspond à la durée d’usage moyenne admise par la doctrine BOFiP. Au-delà de cette durée, l’amortissement devient obsolète. Le matériel informatique est éligible au régime dégressif (article 39 A CGI), avec un coefficient de 1,25 sur durée 3-4 ans.

    Que se passe-t-il en cas de revente du bien avant la fin du plan ?

    La cession sort le bien du bilan. On compare le prix de vente à la VNC à la date de cession : plus-value si prix > VNC, moins-value si prix < VNC. Le résultat est imposable (plus-value à court terme intégrée au résultat, à long terme imposée à un taux réduit selon le régime). L'amortissement cumulé reste acquis. Si le bien était en dégressif, la VNC plus basse augmente la plus-value imposable à la cession.

    Sources

    • Plan Comptable Général (PCG), articles 214-13 et suivants — Légifrance.
    • Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), série BIC-AMT — BOFiP-Impôts.
    • **Code Général des I

  • Tableau d’amortissement de prêt sur Excel : formules PMT, IPMT, PPMT

    L’essentiel

    • Formule Excel pour la mensualité d’un prêt : =PMT(taux/12; durée*12; -capital) — fonction native VPM en français.
    • Capital remboursé à l’échéance n : =PPMT(taux/12; n; durée*12; -capital) (PRINCPER en français).
    • Intérêts payés à l’échéance n : =IPMT(taux/12; n; durée*12; -capital) (INTPER en français).
    • Cas pratique : 200 000 € sur 25 ans à 3,80 % → mensualité 1 035 € hors assurance.
    • Assurance emprunteur : à ajouter dans une colonne dédiée, au taux fixe sur le capital initial (groupe) ou décroissant sur le capital restant dû (déléguée).
    • Excel ou calculateur en ligne ? Excel pour la flexibilité et l’archivage, un calculateur en ligne pour la rapidité et la fiabilité.

    Vocabulaire des fonctions financières d’Excel

    Excel et LibreOffice Calc utilisent un vocabulaire spécifique pour les fonctions de calcul de prêt. Voici les termes que vous croiserez dans toute formule d’amortissement.

    • PMT (anglais) / VPM (français) — fonction qui calcule la mensualité totale (capital + intérêts) à partir du taux périodique, du nombre d’échéances et du capital. Standard pour les prêts à mensualités constantes.
    • IPMT (anglais) / INTPER (français) — fonction qui calcule la part d’intérêts d’une échéance donnée. Prend un argument supplémentaire : le numéro de la période.
    • PPMT (anglais) / PRINCPER (français) — fonction qui calcule la part de capital remboursé à une échéance donnée. Complémentaire d’IPMT : PPMT + IPMT = PMT.
    • NPER (anglais) / NPM (français) — fonction qui calcule le nombre de périodes nécessaires pour rembourser un prêt à une mensualité fixe.
    • RATE (anglais) / TAUX (français) — fonction qui calcule le taux d’intérêt périodique d’un prêt à partir des autres paramètres.
    • PV (anglais) / VA (français) — Present Value / Valeur Actuelle, le capital initial dans la nomenclature financière Excel.
    • FV (anglais) / VC (français) — Future Value / Valeur Capitalisée, le capital final (généralement zéro pour un prêt amortissable).
    • Taux périodique — taux d’intérêt sur la période de remboursement (mois, trimestre). Pour un prêt mensuel à 3,80 % annuel : taux périodique = 3,80 % / 12.
    • Convention de signe — Excel inverse les flux : un capital reçu est positif, une mensualité versée est négative. D’où le signe moins (-capital) dans la formule pour obtenir un résultat positif.
    • Référence absolue — utilisation des dollars ($B$1) pour figer une cellule lors du tirage d’une formule. Indispensable pour les paramètres fixes du prêt.
    • Cumul amortissement — somme des capitaux amortis depuis le début, calculée via SOMME($D$8:D8) dans une colonne dédiée.
    • Restant dû (CRD) — capital restant à rembourser, calculé en cascade : =$B$1 - SOMME($D$8:D8). Doit tomber à zéro à la dernière échéance.

    À quoi sert un tableau d’amortissement de prêt sur Excel

    Un tableau d’amortissement de prêt détaille, mois après mois, comment se rembourse un crédit : quelle part de la mensualité va au remboursement du capital, quelle part part en intérêts, et combien il reste à rembourser à chaque échéance.

    Excel est l’outil de référence pour générer ce tableau parce qu’il permet d’ajuster instantanément durée, taux ou capital et de visualiser l’impact ligne par ligne. Cet article donne les formules exactes et un modèle Excel prêt à l’emploi pour le tableau d’amortissement d’un prêt immobilier ou consommation.

    Si vous voulez le résultat sans recopier de formule, le calculateur Amortia sort le tableau complet, l’assurance et le coût total en moins d’une seconde.

    Les trois fonctions Excel à connaître

    Excel propose trois fonctions natives pour amortir un prêt à mensualités constantes (cas classique des prêts immobiliers en France) :

    Fonction Nom français Rôle
    PMT VPM Calcule la mensualité totale (capital + intérêts)
    IPMT INTPER Calcule la part d’intérêts d’une échéance donnée
    PPMT PRINCPER Calcule la part de capital remboursé d’une échéance donnée

    La somme PPMT(n) + IPMT(n) doit toujours être strictement égale à la mensualité PMT pour la même période. Cette identité est utile comme contrôle de cohérence des formules quand vous bâtissez le tableau.

    La formule de base

    Pour un prêt de 200 000 € sur 25 ans à 3,80 % :

    Cellule Contenu Valeur
    B1 Capital 200000
    B2 Taux annuel 3,80%
    B3 Durée (années) 25
    B4 Mensualité =PMT(B2/12; B3*12; -B1)1 035 €

    Le signe moins devant B1 permet d’obtenir un résultat positif (Excel inverse la convention de signe pour les flux financiers : un capital reçu est positif, une mensualité versée est négative — on inverse pour afficher le résultat tel qu’on l’attend).

    Le tableau d’amortissement complet

    À partir de la cellule A7, créez les colonnes : , Date, Mensualité, Capital, Intérêts, Restant dû. Pour la première ligne (n = 1, soit la cellule A8) :

    Colonne Formule
    Mensualité =$B$4
    Capital remboursé =PPMT($B$2/12; A8; $B$3*12; -$B$1)
    Intérêts payés =IPMT($B$2/12; A8; $B$3*12; -$B$1)
    Restant dû =$B$1 - SOMME($D$8:D8)

    Tirez les formules vers le bas sur 300 lignes (25 × 12 = 300 mensualités). Le restant dû à la dernière ligne doit être proche de zéro (à l’arrondi près — voir la section pièges).

    Ajouter l’assurance emprunteur

    Pour intégrer l’assurance « groupe » calculée sur le capital initial, ajoutez une colonne :

    Prime mensuelle = =$B$1 * taux_assurance / 12

    Pour 200 000 € à 0,34 % d’assurance, ça donne 57 €/mois. La mensualité totale (avec assurance) = mensualité PMT + prime. Sur 25 ans, ça fait 17 000 € d’assurance en plus du capital et des intérêts.

    En assurance déléguée (assurance externe à la banque, autorisée par les lois Lagarde puis Lemoine), la prime peut se calculer sur le capital restant dû et donc décroître au fil du remboursement. La formule devient :

    Prime mensuelle (déléguée) = =F8 * taux_assurance / 12

    F8 est la cellule du capital restant dû à l’échéance n. Le coût réel est alors typiquement 30 à 50 % moins cher pour les bons profils — un levier d’économie qu’il est utile de savoir simuler.

    Pour un calcul exact incluant assurance et tableau complet sans formule à recopier, le calculateur Amortia vous donne le résultat en moins d’une seconde.

    Modèle Excel structuré : la feuille type

    Voici la structure d’une feuille de travail propre, copier-collable :

    Cellule Libellé Valeur ou formule
    B1 Capital emprunté 200 000
    B2 Taux nominal annuel 3,80%
    B3 Durée en années 25
    B4 Taux d’assurance (capital initial) 0,34%
    B5 Mensualité hors assurance =PMT(B2/12; B3*12; -B1)
    B6 Prime mensuelle assurance =B1*B4/12
    B7 Mensualité totale =B5+B6
    B8 Total remboursé hors assurance =B5*B3*12
    B9 Coût total des intérêts =B8-B1
    B10 Coût total assurance (sur durée) =B6*B3*12
    B11 Coût total du crédit =B9+B10

    Sous cette zone de paramètres, tirez le tableau ligne à ligne avec les formules PPMT, IPMT et le restant dû calculé en cascade. Le bloc B5–B11 vous donne en un coup d’œil tout ce qui compte économiquement.

    Les pièges fréquents avec Excel

    1. Oublier le signe négatif devant le capital dans PMT. Si vous écrivez =PMT(B2/12; B3*12; B1) au lieu de =PMT(B2/12; B3*12; -B1), Excel renvoie un résultat négatif. Ce n’est pas une erreur de calcul mais de convention de signe.

    2. Confondre taux annuel et taux mensuel. PMT, IPMT et PPMT veulent le taux périodique, pas annuel. Pour un prêt mensuel à 3,80 % annuel, il faut écrire B2/12 partout, sinon les valeurs sont absurdes (Excel interprète 3,80 % comme un taux mensuel et calcule une mensualité monstrueuse).

    3. Oublier le caractère absolu des références. Si vos formules sont en =PPMT(B2/12; A8; B3*12; -B1) (sans $), tirer la formule vers le bas décale aussi les références aux paramètres. Utilisez systématiquement $B$2, $B$3, $B$1 pour les paramètres fixes.

    4. Arrondir les colonnes intermédiaires. Si vous arrondissez à l’euro la mensualité puis recalculez l’intérêt à partir de cette valeur arrondie, vous accumulez des erreurs sur 300 lignes. Gardez les valeurs exactes (centimes) dans les colonnes intermédiaires, arrondissez seulement à l’affichage.

    5. Calculer l’assurance sur le capital final au lieu du capital initial (assurance groupe). En assurance « groupe », la prime se calcule sur le capital initial pendant toute la durée — vous payez 57 €/mois même quand il ne reste plus que 50 000 € à rembourser. En assurance déléguée, c’est l’inverse, la prime décroît avec le capital restant dû. Mélanger les deux logiques fausse le calcul.

    6. Oublier les frais annexes pour le coût réel. Frais de dossier (500 à 1 500 €), garantie (1 à 2 % du capital pour la caution Crédit Logement), frais de notaire si financés. Ces postes ne rentrent pas dans PMT mais doivent être ajoutés au coût total pour obtenir le vrai TAEG comparable entre deux offres.

    Excel ou calculateur en ligne ?

    Excel a trois forces : flexibilité totale (vous pouvez ajouter une colonne pour des frais ponctuels, simuler un remboursement anticipé, brancher des graphiques), intégration dans une feuille de pilotage budgétaire personnel, et archivage dans le cloud OneDrive ou Google Drive partageable avec votre courtier.

    Un calculateur en ligne a aussi trois forces : rapidité (résultat en moins d’une seconde, sans recopier de formules), fiabilité (zéro risque d’erreur de formule ou de référence), et affichage immédiat (vous voyez le coût total et le tableau dès la saisie).

    Notre recommandation : calculateur pour la simulation, Excel pour l’archivage.

    • Pour un calcul rapide d’un prêt immobilier : calculateur Amortia — mensualité + tableau complet en moins d’une seconde.
    • Pour un dossier comparatif de plusieurs offres bancaires : Excel avec les formules ci-dessus, une feuille par offre, une feuille « synthèse ».

    Questions fréquentes

    Quelle formule Excel pour calculer la mensualité d’un prêt ?

    La fonction native est =PMT(taux/12 ; durée*12 ; -capital) en anglais ou =VPM(taux/12 ; durée*12 ; -capital) en français. Le signe moins devant le capital permet d’obtenir un résultat positif. Pour 200 000 € sur 25 ans à 3,80 %, la formule est =VPM(3,80%/12 ; 300 ; -200000) et donne 1 035 €.

    Comment séparer capital et intérêts dans Excel ?

    Avec IPMT (INTPER) pour les intérêts d’une échéance donnée et PPMT (PRINCPER) pour le capital remboursé. Les deux fonctions partagent la même syntaxe : taux périodique, numéro d’échéance, nombre total d’échéances, capital. La somme PPMT + IPMT pour une période donnée doit être égale à PMT.

    Le tableau Excel gère-t-il l’assurance emprunteur ?

    Pas nativement — il faut ajouter une colonne avec la prime mensuelle, calculée comme =capital_initial * taux_assurance / 12 pour une assurance « groupe » ou =capital_restant_dû * taux_assurance / 12 pour une assurance « déléguée » (cellule à mettre à jour ligne par ligne en référençant la colonne du restant dû).

    Pourquoi mon tableau d’amortissement ne tombe pas exactement à zéro à la fin ?

    À cause des arrondis cumulés. Sur 300 mensualités, un arrondi de 0,01 € à chaque ligne peut donner un écart de 1 à 3 € sur le restant dû final. La banque ajuste la dernière mensualité pour que le solde soit exactement zéro. Dans Excel, faites pareil : =$B$1 - SOMME($D$8:D306) sur la dernière ligne pour solder.

    Comment simuler un remboursement anticipé dans Excel ?

    Ajoutez une colonne « Remboursement anticipé » que vous remplissez à la ligne souhaitée. Modifiez la formule du restant dû pour qu’elle soustraie aussi cette colonne. À la ligne suivante, recalculez PPMT et IPMT sur le nouveau capital restant comme s’il s’agissait d’un prêt qui démarrait à zéro pour la durée restante. Plus simple : utiliser un calculateur dédié.

    Excel propose-t-il une fonction unique pour générer tout le tableau d’amortissement ?

    Non. Il faut composer le tableau ligne par ligne avec PPMT, IPMT et une formule de restant dû. Les fonctions financières d’Excel calculent une seule échéance à la fois — pas de sortie en bloc comme dans un logiciel dédié. C’est pour ça qu’un calculateur en ligne va plus vite si vous n’avez pas déjà le modèle.

    Existe-t-il un modèle Excel téléchargeable Amortia ?

    Un modèle Excel prêt à l’emploi pour le prêt immobilier sera proposé en téléchargement gratuit dans une prochaine mise à jour de cet article. En attendant, les formules ci-dessus sont copier-collables directement dans une feuille vierge.

    Quelle est la différence entre PMT et VPM dans Excel ?

    Aucune — ce sont les mêmes fonctions. PMT est le nom anglais (Payment), VPM le nom français (Valeur de Paiement Mensuel). Excel les reconnaît selon la langue de l’interface. Les arguments sont identiques : taux périodique, nombre de périodes, capital. Idem pour IPMT/INTPER (intérêts) et PPMT/PRINCPER (principal).

    Comment calculer la mensualité d’un prêt sur Excel sans formule ?

    Si vous ne voulez pas écrire la formule mathématique des annuités constantes K × [t / (1 − (1 + t)⁻ⁿ)] à la main, utilisez la fonction native =PMT(taux/12; durée*12; -capital). Excel applique automatiquement la formule des annuités constantes en interne. Pour 200 000 € sur 25 ans à 3,80 % : =PMT(3,80%/12; 300; -200000) retourne 1 035 €.

    Pourquoi mon résultat PMT est négatif ?

    C’est la convention de signe d’Excel qui veut que les flux entrants (capital reçu de la banque) soient positifs et les flux sortants (mensualités versées) négatifs. Pour obtenir un résultat positif, mettez le capital en négatif dans la formule : =PMT(taux/12; durée*12; -B1) au lieu de =PMT(taux/12; durée*12; B1). C’est le piège n°1 des débutants.

    Comment ajouter l’assurance emprunteur dans le tableau Excel ?

    Excel ne gère pas l’assurance nativement. Ajoutez une colonne dédiée avec la formule =$B$1 * taux_assurance / 12 pour une assurance « groupe » (calculée sur le capital initial constant), ou =F8 * taux_assurance / 12 pour une assurance « déléguée » (calculée sur le capital restant dû qui décroît). La mensualité totale = mensualité PMT + prime d’assurance.

    Combien de lignes pour un tableau d’amortissement de prêt immobilier ?

    Une ligne par mensualité. Pour un prêt de 25 ans, comptez 300 lignes (25 × 12). Pour 20 ans, 240 lignes. Pour 15 ans, 180 lignes. Tirez les formules PPMT et IPMT vers le bas en référençant le numéro d’échéance dans la colonne A. Le capital restant dû à la dernière ligne doit être proche de zéro à l’arrondi près (1-3 € d’écart accumulé sur 300 mensualités, c’est normal).

    Comment simuler un remboursement anticipé partiel dans Excel ?

    Ajoutez une colonne « Remboursement anticipé » que vous laissez vide sauf à la ligne de l’échéance concernée. Modifiez la formule du capital restant dû pour soustraire aussi cette colonne. À partir de l’échéance suivante, recalculez PPMT et IPMT en référençant le nouveau capital restant comme s’il s’agissait d’un prêt qui démarrait à zéro pour la durée restante. Plus simple : utiliser le calculateur Amortia.

    Quelle différence entre VPM et VA dans Excel ?

    Deux fonctions financières différentes. VPM (Valeur de Paiement Mensuel, anglais PMT) calcule la mensualité d’un prêt. VA (Valeur Actuelle, anglais PV) calcule le capital initial qu’on peut emprunter à partir d’une mensualité, d’un taux et d’une durée. Utile pour répondre à la question « combien je peux emprunter avec 1 200 € de mensualité ? » : =VA(taux/12; durée*12; -mensualité).

    Excel a-t-il une fonction qui génère tout le tableau d’un coup ?

    Non, pas nativement. Vous devez composer le tableau ligne par ligne avec PPMT (capital), IPMT (intérêts) et une formule de cascade pour le restant dû. Excel calcule une échéance à la fois. Pour générer un tableau complet en un clic, utilisez un calculateur en ligne dédié comme Amortia, ou écrivez une macro VBA.

    Pourquoi mon tableau Excel ne tombe pas à zéro à la dernière ligne ?

    Arrondis cumulés. Sur 300 échéances, un arrondi de 0,01 € à chaque ligne accumule un écart de 1 à 3 € sur le capital restant dû final. Solution : sur la dernière ligne, utilisez =$B$1 - SOMME($D$8:D306) pour solder exactement le capital. La banque fait pareil dans la pratique : la dernière mensualité est ajustée de quelques centimes.

    Comment calculer la capacité d’emprunt avec Excel ?

    Inversez la formule : utilisez VA (Valeur Actuelle) à partir de la mensualité maximale autorisée par votre taux d’endettement (35 % de revenus nets). Pour 4 000 € de revenus nets sur 25 ans à 3,80 % : =VA(3,80%/12; 300; -1400) retourne environ 270 000 € de capital empruntable. Réduisez de l’assurance et des frais pour avoir le capital net.

    Aller plus loin

    Pour comprendre les concepts derrière les formules :

    Pour faire le calcul sans Excel :

  • Calculer un prêt immobilier : mensualité, intérêts, coût total

    L’essentiel

    • Formule de la mensualité hors assurance : M = K × [t / (1 − (1 + t)⁻ⁿ)], avec K = capital emprunté, t = taux mensuel (taux annuel ÷ 12), n = nombre de mensualités (durée en années × 12).
    • Cas pratique 200 000 € sur 25 ans à 3,80 % : mensualité 1 035 € hors assurance, 1 092 € assurance 0,34 % comprise.
    • Coût total des intérêts : 110 500 € sur 25 ans (55 % du capital initial).
    • Coût total assurance emprunteur : 17 000 € sur la même durée.
    • TAEG = taux nominal + assurance + frais. C’est le seul indicateur comparable entre deux offres bancaires.
    • Salaire net minimum pour emprunter 200 000 € sur 25 ans (taux d’endettement 35 %) : 3 120 €/mois.
    • IRA (indemnités de remboursement anticipé) : plafonnées à 3 % du capital remboursé OU 6 mois d’intérêts au taux du prêt (le moins élevé des deux).
    • Loi Lemoine (2022) : changement d’assurance emprunteur autorisé à tout moment, économie potentielle 5 000 à 15 000 € sur 25 ans.

    Trois chiffres à savoir avant de signer

    Avant de signer une offre de prêt immobilier (qu’on appelle aussi emprunt ou crédit immobilier), trois chiffres résument ce que ça va vous coûter : la mensualité (combien je sors chaque mois), le coût total des intérêts (combien je donne à la banque en plus du capital) et le TAEG (le taux qui inclut tout, pas seulement les intérêts).

    Tout le reste — taux nominal, capacité d’emprunt, durée idéale — découle de ces trois indicateurs. Cet article explique comment ils se calculent, avec les formules et un cas pratique sur 200 000 € sur 25 ans à 3,80 % que vous pourrez répliquer pour votre propre dossier.

    Si vous voulez sauter les explications, le calculateur Amortia fait tout en temps réel et vous sort le tableau d’amortissement complet.

    Les composantes d’un prêt immobilier

    Un prêt immobilier classique repose sur quatre paramètres que la banque vous communique dans son offre :

    • Le capital emprunté (en €) — le montant que la banque vous prête. C’est généralement le prix du bien moins votre apport, plus les frais de notaire si vous les financez.
    • La durée du prêt (en années ou mois) — entre 7 et 25 ans en France pour l’immobilier résidentiel, parfois 27 ans pour les primo-accédants.
    • Le taux d’intérêt nominal (en %) — le coût annuel du capital emprunté, exprimé hors assurance et hors frais.
    • Le taux d’assurance emprunteur (en %) — l’assurance décès-invalidité exigée par la banque, calculée sur le capital initial (assurance « groupe ») ou sur le capital restant dû (assurance « déléguée »).

    À partir de ces quatre paramètres, on calcule la mensualité et le coût total. La banque vous présente aussi le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) qui agrège taux nominal + assurance + frais de dossier + garantie + tout ce qui s’ajoute. C’est le seul indicateur qui permet de comparer deux offres entre elles.

    Vocabulaire essentiel du prêt immobilier

    Le crédit immobilier mobilise un vocabulaire technique parfois opaque. Avant d’attaquer les formules, voici les termes que vous croiserez dans toute offre de prêt et dans votre tableau d’amortissement.

    • Capital emprunté (ou principal, montant emprunté) — la somme que la banque vous prête, avant intérêts et frais.
    • Mensualité (ou échéance, traite, annuité mensuelle) — le montant prélevé chaque mois. Composée de capital amorti + intérêts + assurance.
    • Capital restant dû (CRD) — la part de la dette qu’il vous reste à rembourser après chaque échéance. Décroît à chaque mensualité.
    • Capital amorti — la part de la mensualité qui réduit la dette (par opposition aux intérêts payés).
    • Taux nominal (ou taux d’intérêt, taux débiteur) — le coût annuel du capital emprunté, hors assurance et hors frais.
    • TAEG (Taux Annuel Effectif Global) — le taux complet incluant intérêts + assurance + frais de dossier + garantie. Seul indicateur comparable entre offres.
    • Taux fixe / taux variable — fixe : la mensualité ne bouge pas. Variable : indexé sur un indice (Euribor + marge), peut monter ou baisser.
    • Assurance emprunteur (ou ADI, assurance décès-invalidité) — couverture exigée par la banque, calculée sur le capital initial (groupe) ou sur le capital restant dû (déléguée).
    • Apport personnel — la part du prix d’achat financée sur fonds propres. Standard 10 % minimum en 2026.
    • Capacité d’emprunt — montant maximum empruntable selon les revenus et le taux d’endettement plafond (35 %).
    • Taux d’endettement — ratio mensualités / revenus nets, plafonné à 35 % par le HCSF.
    • Reste à vivre — somme disponible chaque mois après mensualité (généralement 800-1 200 € par adulte du foyer).
    • IRA (Indemnités de Remboursement Anticipé) — pénalités appliquées en cas de remboursement avant terme, plafonnées à 3 % du capital remboursé OU 6 mois d’intérêts.
    • Garantie — sûreté exigée par la banque : caution mutualiste (Crédit Logement, ~1-2 %) ou hypothèque conventionnelle (~1,5 % + frais de notaire).
    • Tableau d’amortissement (ou échéancier, plan de remboursement) — document qui détaille mensualité par mensualité la répartition capital / intérêts / CRD.
    • Amortissable vs in fine — amortissable : capital remboursé progressivement (cas standard). In fine : seuls les intérêts sont payés, capital remboursé en une fois à l’échéance.
    • Taux d’usure — plafond légal du TAEG fixé par la Banque de France chaque trimestre. Au-delà, la banque ne peut pas accorder le prêt.
    • Loi Lemoine (2022) — autorise le changement d’assurance emprunteur à tout moment.
    • HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière) — autorité qui fixe les règles d’endettement maximum (35 %) et de durée maximum (25 ans + 2 ans de différé).

    La formule de la mensualité

    La mensualité d’un prêt à taux fixe se calcule avec la formule mathématique des annuités constantes :

    M = K × [t / (1 – (1 + t)^(-n))]

    Avec :

    • M = mensualité (en €)
    • K = capital emprunté (en €)
    • t = taux mensuel (taux annuel divisé par 12)
    • n = nombre total de mensualités (durée en années × 12)

    Concrètement, pour un prêt de 200 000 € sur 25 ans à 3,80 % :

    • t = 3,80 / 100 / 12 = 0,003167 (taux mensuel)
    • n = 25 × 12 = 300 mensualités
    • M = 200 000 × [0,003167 / (1 – (1,003167)^(-300))] ≈ 1 035 €

    C’est la mensualité hors assurance. Dans une offre réelle, la banque ajoute la prime d’assurance pour vous donner la mensualité totale.

    Le coût des intérêts

    Sur cet exemple, vous remboursez 1 035 € pendant 300 mois, soit 310 500 € au total. Comme vous avez emprunté 200 000 €, la différence représente le coût des intérêts :

    Coût total des intérêts = M × n − K = 310 500 − 200 000 = 110 500 €

    Sur la durée du prêt, vous donnez donc à la banque 55 % du capital initial en intérêts. Cette proportion explose avec la durée : sur 30 ans au même taux, vous monteriez à plus de 70 % de coût d’intérêts.

    C’est pour ça que rallonger la durée pour faire baisser la mensualité a un coût réel en €, pas seulement en pourcentage du capital.

    Comment calculer l’assurance emprunteur

    L’assurance emprunteur représente en moyenne 25 à 35 % du coût total d’un prêt immobilier en France. C’est le « coût caché » d’un crédit : un taux d’assurance qui paraît minuscule (0,34 %) devient un montant à cinq chiffres sur la durée.

    La formule de calcul de l’assurance emprunteur (méthode dite « groupe », pratiquée par la majorité des banques) est :

    Prime mensuelle = capital initial × taux assurance / 12

    Pour notre exemple à 200 000 € sur 25 ans avec un taux d’assurance de 0,34 % :

    200 000 × 0,0034 / 12 ≈ 57 €/mois

    Sur 300 mois, ça représente 17 000 €. Pas négligeable.

    En assurance déléguée (assurance externe à la banque, autorisée par la loi Lagarde puis Lemoine), la prime peut se calculer sur le capital restant dû et donc décroître au fil du remboursement. Le coût réel est alors plus bas — typiquement 30 à 50 % moins cher pour les bons profils (jeunes, non-fumeurs, sans antécédents médicaux).

    Depuis la loi Lemoine (2022), vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre une date anniversaire. C’est un levier sous-utilisé qui mérite d’être étudié dès la signature et au moins une fois pendant la vie du prêt — l’économie peut atteindre 5 000 à 15 000 € sur 25 ans.

    Le TAEG, seul indicateur comparable

    Le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) est le taux qui intègre tous les coûts du prêt :

    • intérêts nominaux,
    • assurance emprunteur (souvent 0,3 à 0,6 % de plus),
    • frais de dossier,
    • coût de la garantie (caution ou hypothèque),
    • frais d’évaluation du bien.

    Deux offres avec le même taux nominal peuvent avoir un TAEG différent de plusieurs dixièmes de point. C’est le seul chiffre qui permet une comparaison réelle entre banques. Le taux nominal seul est trompeur.

    Sur notre cas pratique, un taux nominal de 3,80 % avec 0,34 % d’assurance et 1 000 € de frais donne un TAEG d’environ 4,28 % — soit presque 0,5 point au-dessus du taux affiché.

    Cas pratique complet : 200 000 € sur 25 ans

    Reprenons le calcul complet avec tous les paramètres :

    Paramètre Valeur
    Capital 200 000 €
    Durée 25 ans (300 mois)
    Taux nominal 3,80 %
    Taux assurance 0,34 %
    Mensualité hors assurance 1 035 €
    Prime mensuelle d’assurance 57 €
    Mensualité totale 1 092 €
    Coût total des intérêts 110 500 €
    Coût total assurance 17 000 €
    Coût total du crédit 127 500 €
    Total remboursé 327 500 €

    Le surcoût par rapport au capital initial est de +63,8 %. Autrement dit, pour acheter un bien à 200 000 €, vous payez réellement 327 500 € si vous gardez le prêt jusqu’au bout.

    C’est exactement ce que le calculateur Amortia restitue ligne par ligne, avec le tableau d’amortissement complet sur 300 lignes — capital remboursé, intérêts payés, capital restant dû à chaque échéance.

    Quelle mensualité pour un prêt de 100 000 € à 300 000 € ?

    À taux et durée identiques, la mensualité varie linéairement avec le capital emprunté. Voici les mensualités totales (assurance 0,34 % comprise) pour les tranches de capital les plus courantes, au taux de 3,80 % sur 25 ans :

    Capital emprunté Mensualité totale Coût total du crédit Total remboursé
    100 000 € 546 € 63 800 € 163 800 €
    150 000 € 819 € 95 700 € 245 700 €
    200 000 € 1 092 € 127 500 € 327 500 €
    250 000 € 1 365 € 159 400 € 409 400 €
    300 000 € 1 638 € 191 300 € 491 300 €

    Sur 20 ans au même taux, les mensualités montent (durée plus courte) mais le coût total baisse :

    Capital Mensualité (20 ans) Coût total
    150 000 € 940 € 75 600 €
    200 000 € 1 253 € 100 800 €
    250 000 € 1 567 € 126 100 €

    Pour calculer une mensualité sur votre cas exact (capital, durée, taux, assurance personnalisés), le calculateur Amortia restitue le résultat en moins d’une seconde.

    Quel salaire pour emprunter 100 000 € à 300 000 € ?

    La règle française du taux d’endettement à 33 % (relevée à 35 % depuis l’assouplissement HCSF de 2023) fixe le plafond de ce que vous pouvez emprunter selon vos revenus nets. La mensualité totale (assurance comprise + autres crédits en cours) ne doit pas dépasser un tiers de vos revenus nets.

    Pour un prêt sur 25 ans à 3,80 % avec assurance 0,34 %, voici les salaires nets minimums théoriquement requis pour emprunter (sans aucun autre crédit en cours) :

    Capital visé Mensualité totale Salaire net minimum (35 %)
    100 000 € 546 € 1 560 €
    150 000 € 819 € 2 340 €
    200 000 € 1 092 € 3 120 €
    250 000 € 1 365 € 3 900 €
    300 000 € 1 638 € 4 680 €

    Ce sont des minimums théoriques. Dans la pratique, la banque demande un reste à vivre suffisant après mensualité (généralement 800 à 1 200 € par adulte du foyer), examine la stabilité professionnelle (CDI confirmé, ancienneté), et peut majorer ses exigences en cas d’enfants à charge ou d’autres crédits en cours.

    Comment varient les chiffres selon la durée

    Pour un même capital de 200 000 € à 3,80 %, voici l’effet de la durée sur la mensualité et le coût total :

    Durée Mensualité (HA) Coût intérêts % du capital
    15 ans 1 460 € 62 800 € 31 %
    20 ans 1 195 € 86 800 € 43 %
    25 ans 1 035 € 110 500 € 55 %
    30 ans 932 € 135 500 € 68 %

    Allonger de 15 à 30 ans fait baisser la mensualité de 36 % mais multiplie le coût des intérêts par plus de 2. Le gain de capacité d’emprunt mensuelle se paye cher.

    Comment varient les chiffres selon le taux

    À durée constante (25 ans, 200 000 €), un point de taux représente :

    Taux nominal Mensualité Coût intérêts
    2,80 % 928 € 78 500 €
    3,30 % 980 € 94 000 €
    3,80 % 1 035 € 110 500 €
    4,30 % 1 090 € 127 100 €
    4,80 % 1 148 € 144 200 €

    Un demi-point de taux représente environ 17 000 € sur 25 ans pour un prêt de 200 000 €. Négocier 0,2 point de moins, c’est récupérer le coût d’une voiture neuve sur la durée du prêt.

    L’apport personnel et son effet sur le calcul

    L’apport personnel est la part du prix d’achat que vous financez sur fonds propres. Il vient se soustraire au capital emprunté, ce qui réduit mécaniquement la mensualité, le coût des intérêts et le coût total du crédit.

    Exemple : pour un bien à 250 000 € (frais de notaire compris), avec :

    • Sans apport (financement à 110 %) : capital 250 000 € → mensualité 1 365 €, coût total 159 400 €
    • Apport de 10 % (25 000 €) : capital 225 000 € → mensualité 1 228 €, coût total 143 500 €
    • Apport de 20 % (50 000 €) : capital 200 000 € → mensualité 1 092 €, coût total 127 500 €

    Chaque tranche d’apport de 25 000 € fait économiser environ 16 000 € d’intérêts + assurance sur 25 ans. Au-delà de ces économies, un apport élevé ouvre l’accès à de meilleurs taux (les banques accordent souvent un demi-point de moins aux dossiers avec 20 % d’apport).

    La règle empirique en 2026 : un apport de 10 % minimum est généralement attendu pour couvrir les frais de notaire et de garantie. En-dessous, l’accès au prêt devient compliqué sauf primo-accédant éligible au PTZ.

    Le prêt relais, calcul différent

    Le prêt relais est un crédit court (1 à 2 ans) qui finance l’achat d’un nouveau bien avant la vente de l’ancien. Son calcul ne suit pas la formule des annuités constantes : seuls les intérêts sont payés mensuellement, le capital est remboursé en totalité à la vente du bien initial.

    Exemple : prêt relais de 200 000 € à 4,5 % sur 24 mois.

    Mensualité d’intérêts = capital × taux / 12 = 200 000 × 0,045 / 12 = 750 €/mois

    Au moment de la vente, vous remboursez les 200 000 € en une fois. Le coût total des intérêts dépend de la durée effective du prêt — d’où l’importance de vendre vite pour limiter la facture. La banque finance généralement 60 à 80 % de la valeur estimée du bien à vendre.

    Erreurs fréquentes dans le calcul

    1. Confondre taux nominal et TAEG. Le taux affiché par la banque dans une pub est le taux nominal. Le coût réel inclut l’assurance et les frais. Demandez systématiquement le TAEG.

    2. Oublier l’assurance dans la mensualité totale. Une mensualité « hors assurance » à 1 035 € devient 1 092 € avec assurance. Sur le taux d’endettement (33 % maximum), c’est cette mensualité totale qui compte.

    3. Calculer sur le capital final au lieu du capital initial pour l’assurance. Si vous êtes en assurance « groupe », la prime se calcule sur le capital initial pendant toute la durée (vous payez 57 €/mois même quand il ne reste plus que 50 000 € à rembourser). En assurance déléguée, elle décroît avec le capital restant dû.

    4. Oublier les frais annexes. Frais de dossier (500 à 1 500 €), garantie (1 à 2 % du capital pour la caution Crédit Logement), frais de notaire si financés, frais de courtage éventuels. Tout ça se rajoute.

    5. Ne pas projeter de remboursement anticipé. En cas de revente du bien avant la fin du prêt, vous remboursez le capital restant dû. Le tableau d’amortissement vous dit exactement combien il vous reste à payer à n’importe quelle date — utile pour anticiper.

    Calculer le coût d’un remboursement anticipé

    En cas de revente du bien ou d’apport d’argent (héritage, prime), vous pouvez rembourser tout ou partie du capital restant dû avant l’échéance. La banque applique alors des Indemnités de Remboursement Anticipé (IRA), plafonnées par la loi à :

    • 3 % du capital remboursé, OU
    • 6 mois d’intérêts au taux moyen du prêt, le moins élevé des deux.

    Exemple : remboursement anticipé de 100 000 € sur un prêt à 3,80 %.

    3 % de 100 000 € = 3 000 € 6 mois d’intérêts = 100 000 × 3,80 % × 0,5 = 1 900 €

    L’IRA appliquée sera 1 900 € (le moins élevé). À cette pénalité s’ajoutent éventuellement des frais de mainlevée d’hypothèque (300 à 800 €) si votre garantie était une hypothèque.

    L’IRA est exonérée dans certains cas prévus par le Code de la consommation : vente du bien suite à mutation professionnelle, décès, cessation forcée d’activité. Vérifiez la clause exacte de votre contrat.

    Questions fréquentes

    Quelle est la durée idéale d’un prêt immobilier ?

    Mathématiquement, la durée la plus courte que votre taux d’endettement permet est toujours la moins coûteuse. Sociologiquement, la durée moyenne en France oscille entre 20 et 25 ans. La règle simple : empruntez sur la durée qui maintient votre mensualité totale (assurance comprise) en-dessous de 33 % de vos revenus nets.

    Comment calculer la capacité d’emprunt ?

    À partir du taux d’endettement maximum (33 %), de vos revenus nets mensuels et de la mensualité maximale qui en découle. Avec 4 000 € de revenus nets, votre mensualité maximale est de 1 320 €. Au taux de 3,80 % sur 25 ans, ça donne un capital empruntable d’environ 241 000 € hors assurance, 228 000 € assurance comprise.

    Le tableau d’amortissement, c’est quoi exactement ?

    C’est le détail mois par mois de votre prêt : pour chaque échéance, combien part en remboursement du capital, combien part en paiement des intérêts, et combien il reste à rembourser. Sur les premières années, l’essentiel de la mensualité va aux intérêts ; sur les dernières années, c’est l’inverse. Le calculateur Amortia génère ce tableau ligne par ligne.

    Faut-il intégrer les frais de notaire dans le prêt ?

    Si vous avez peu d’apport, oui (financement à 110 %). Si vous avez de l’apport, mieux vaut le mettre sur les frais de notaire pour réduire le capital emprunté et donc le coût total des intérêts. Les frais de notaire représentent environ 7-8 % du prix d’achat dans l’ancien et 2-3 % dans le neuf.

    Quelle différence entre TAEG et taux d’usure ?

    Le TAEG est le coût réel de votre prêt. Le taux d’usure est le plafond légal au-dessus duquel un prêt ne peut pas être accordé en France — il est fixé chaque trimestre par la Banque de France selon la durée du prêt. Si votre TAEG dépasse le taux d’usure, la banque refuse le dossier.

    Quelle différence entre mensualité et annuité ?

    La mensualité est ce que vous remboursez chaque mois ; l’annuité est le total annuel (mensualité × 12). En France, les prêts immobiliers se remboursent quasi exclusivement par mensualités constantes — l’annuité reste un concept plus utilisé en comptabilité ou pour les prêts professionnels. Sur notre exemple à 1 035 € de mensualité hors assurance, l’annuité hors assurance vaut 12 420 €.

    Quel est le meilleur outil pour calculer son prêt : calculatrice, calculette ou simulateur ?

    Les trois termes désignent la même chose. « Calculatrice de prêt », « calculette de crédit immobilier » et « simulateur d’emprunt » sont des synonymes commerciaux que les banques et comparateurs utilisent. Ce qui compte, c’est que l’outil prenne en compte le TAEG complet (taux + assurance + frais) et restitue le tableau d’amortissement détaillé. Beaucoup de calculettes se contentent de la mensualité hors assurance — méfiez-vous de cet angle mort.

    Quelle mensualité pour 200 000 € sur 20 ans ?

    Au taux de 3,80 % avec une assurance emprunteur de 0,34 %, la mensualité totale d’un crédit immobilier de 200 000 € sur 20 ans (240 échéances) ressort à environ 1 253 €. La même opération sur 25 ans descend à 1 092 € de mensualité, mais le coût total des intérêts grimpe de 100 800 € à 127 500 €. Allonger la durée fait baisser la traite mais alourdit la facture finale.

    Quel salaire pour emprunter 250 000 € ?

    Avec la règle française du taux d’endettement plafonné à 35 % (HCSF 2023), il faut un salaire net mensuel d’environ 3 900 € pour emprunter 250 000 € sur 25 ans (mensualité 1 365 € assurance comprise). À 30 % de taux d’endettement (norme bancaire prudente), il faut viser plutôt 4 550 €. Le banquier examine aussi le reste à vivre, la stabilité professionnelle (CDI confirmé) et l’apport personnel.

    Comment se compose une mensualité de prêt immobilier ?

    Une échéance mensuelle est composée de trois éléments : le capital amorti (la part de la dette remboursée à la banque), les intérêts (calculés sur le capital restant dû à chaque période), et la prime d’assurance emprunteur (calculée sur le capital initial en assurance groupe, ou sur le capital restant dû en assurance déléguée). La somme des trois donne la mensualité totale qu’on retrouve sur le tableau d’amortissement.

    Pourquoi paye-t-on plus d’intérêts au début du prêt ?

    Parce que les intérêts sont calculés à chaque échéance sur le capital restant dû, et que ce capital est maximal en début de prêt. Sur les premières mensualités, environ 75 % de la traite passe en intérêts et 25 % en remboursement du capital. À mi-parcours la répartition s’inverse, et sur les dernières années, l’essentiel rembourse le principal. C’est ce qu’on appelle un prêt amortissable à mensualités constantes — le mode standard du crédit immobilier français.

    Combien je peux emprunter avec mon salaire ?

    Capacité d’emprunt approximative = salaire net mensuel × 35 % × durée du prêt × coefficient lié au taux. Une formule rapide : avec un salaire net de 3 000 €, vous pouvez consacrer 1 050 € à la mensualité et donc emprunter environ 192 000 € sur 25 ans à 3,80 %. Pour un calcul précis tenant compte de l’apport, des autres crédits en cours et de l’assurance, utilisez le calculateur Amortia.

    Comment lire un tableau d’amortissement ?

    Un tableau d’amortissement (aussi appelé échéancier de prêt ou plan de remboursement) liste pour chaque mensualité quatre colonnes essentielles : le numéro d’échéance, le capital amorti sur la période, les intérêts payés, et le capital restant dû (CRD) après l’échéance. La somme des colonnes capital amorti + intérêts donne la mensualité (hors assurance). Le CRD de la dernière ligne doit être nul à l’arrondi près.

    Quelle est la différence entre prêt amortissable et prêt in fine ?

    Dans un prêt amortissable (le cas standard du crédit immobilier résidentiel), chaque mensualité rembourse une partie du capital + les intérêts ; le capital décroît à chaque échéance. Dans un prêt in fine, on ne paie que les intérêts pendant toute la durée et on rembourse l’intégralité du capital en une seule fois à l’échéance finale. Le prêt in fine est utilisé en investissement locatif ou patrimonial, rarement en résidence principale.

    Comment calculer le coût total d’un crédit immobilier ?

    Coût total = (mensualité totale × nombre d’échéances) − capital emprunté. Pour un prêt de 200 000 € sur 25 ans à 3,80 % avec 0,34 % d’assurance : 1 092 € × 300 mois − 200 000 € = 127 500 €. À ça s’ajoutent les frais de dossier (500-1 500 €), les frais de garantie (caution Crédit Logement ~1-2 % du capital ou hypothèque) et les éventuels frais de notaire si financés.

    Peut-on changer d’assurance emprunteur en cours de prêt ?

    Oui, depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, vous pouvez résilier et changer votre assurance emprunteur à tout moment, sans attendre une date anniversaire. La nouvelle assurance doit présenter une couverture équivalente (mêmes garanties décès, invalidité, incapacité). L’économie potentielle pour les bons profils peut atteindre 30 à 50 % du coût de l’assurance, soit 5 000 à 15 000 € sur 25 ans.

    Qu’est-ce que le taux d’usure et comment me concerne-t-il ?

    Le taux d’usure est le plafond légal du TAEG fixé chaque trimestre par la Banque de France selon la durée du prêt. Si le TAEG de l’offre proposée dépasse ce plafond, la banque ne peut pas vous accorder le prêt. Pour un prêt immobilier de 20 ans et plus, le taux d’usure se situe en 2026 dans une fourchette de 5 à 6 % selon le trimestre.

    Aller plus loin

    Pour appliquer toutes ces formules sur un tableur sans recopier les calculs à la main, voir notre guide Tableau d’amortissement de prêt sur Excel : formules PMT, IPMT, PPMT — il détaille les fonctions natives, la gestion de l’assurance et les pièges fréquents avec un modèle prêt à l’emploi.

    Pour calculer rapidement votre cas personnel sans formule à recopier, le calculateur Amortia vous demande quatre paramètres et restitue mensualité, coût total, tableau d’amortissement complet et coût d’assurance — en deux secondes, sans inscription.