Amortissement linéaire ou dégressif : différences, calcul, choix optimal

L’essentiel

  • Linéaire : annuité constante = valeur d’origine ÷ durée. Applicable à tous les biens amortissables, méthode par défaut.
  • Dégressif : annuité décroissante = VNC × (1/durée × coefficient). Applicable aux biens neufs d’au moins 3 ans de durée et inscrits sur la liste des biens éligibles (article 39 A du CGI).
  • Coefficient fiscal : 1,25 pour 3-4 ans, 1,75 pour 5-6 ans, 2,25 au-delà de 6 ans.
  • Avantage fiscal du dégressif : 75 % d’amortissement supplémentaire la première année par rapport au linéaire (sur durée 5 ans). Réduction immédiate du résultat imposable.
  • Avantage du linéaire : simplicité, prévisibilité, applicable sans condition.
  • Basculement dégressif → linéaire : automatique dès que l’annuité linéaire calculée sur le résiduel devient supérieure à l’annuité dégressive. Prévu par le CGI, il garantit que l’amortissement se termine bien à zéro.
  • Biens exclus du dégressif : véhicules de tourisme, mobilier de bureau classique, bâtiments commerciaux et industriels (sauf exceptions limitées).
  • Choix une fois fait, irréversible : passer du linéaire au dégressif après le démarrage du plan n’est pas autorisé.

Définitions courtes

L’amortissement comptable est la traduction de la perte de valeur d’une immobilisation au fil du temps. Il diminue le résultat imposable de l’entreprise (charge déductible) et le bilan (l’actif amorti perd de sa valeur nette comptable, ou VNC).

Deux méthodes principales coexistent en France :

L’amortissement linéaire étale la valeur du bien en parts égales sur sa durée d’utilisation. Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans, l’annuité est de 6 000 € chaque année — identique du début à la fin.

L’amortissement dégressif accélère la dotation les premières années en appliquant un coefficient fiscal au taux linéaire. Pour le même bien sur 5 ans, l’annuité année 1 est de 10 500 € (75 % de plus que le linéaire) et décroît ensuite chaque année jusqu’au basculement vers le linéaire.

Vocabulaire de l’amortissement linéaire et dégressif

Choisir entre amortissement linéaire et dégressif mobilise un vocabulaire fiscal précis. Voici les termes clés du Code général des impôts et de la doctrine BOFiP que vous croiserez dans toute décision comptable.

  • Article 39 A du CGI — texte qui définit le régime fiscal de l’amortissement dégressif, ses conditions d’éligibilité et la liste des biens autorisés.
  • Article 39 B du CGI — règle de l’amortissement minimal obligatoire : à chaque clôture, l’amortissement cumulé doit être au moins égal à l’amortissement linéaire correspondant.
  • Coefficient fiscal dégressif — multiplicateur appliqué au taux linéaire : 1,25 (durée 3-4 ans), 1,75 (5-6 ans), 2,25 (au-delà de 6 ans).
  • Taux dégressif — taux d’amortissement majoré = (1/durée) × coefficient. Sur 5 ans : 20 % × 1,75 = 35 %.
  • Annuité dégressive — VNC en début de période × taux dégressif. Décroît à chaque année car la VNC décroît.
  • Annuité linéaire résiduelle — VNC ÷ années restantes. Comparée à chaque année à l’annuité dégressive ; la plus grande est retenue.
  • Basculement — passage automatique du dégressif au linéaire dès que l’annuité linéaire résiduelle dépasse l’annuité dégressive. Imposé par le CGI pour solder le plan à zéro.
  • Bien neuf — bien jamais utilisé auparavant. Condition obligatoire pour bénéficier du dégressif (article 39 A I du CGI).
  • Catégorie éligible — bien appartenant à la liste de l’article 39 A : matériel et outillage industriels, matériel informatique, équipement de manutention, etc.
  • Biens exclus du dégressif — véhicules de tourisme, mobilier de bureau classique, immeubles commerciaux et industriels (sauf exceptions limitées).
  • Prorata temporis dégressif — calcul en mois entiers : le mois d’acquisition compte intégralement quelle que soit la date dans le mois (différent du linéaire qui se calcule en jours).
  • Amortissement dérogatoire — différentiel entre l’amortissement fiscal (dégressif) et l’amortissement comptable (linéaire). Inscrit en provisions réglementées au passif (compte 145).
  • Économie de trésorerie — décalage de paiement d’IS dû à la majoration de l’annuité en début de plan. Sur 30 000 € à IS 25 % : (10 500 − 6 000) × 25 % = 1 125 € de cash en plus l’année 1.
  • Régime de droit commun — l’amortissement linéaire, applicable sans condition à tous les biens amortissables.
  • Régime optionnel — l’amortissement dégressif, à choisir au moment de l’inscription du bien. Choix irréversible : on ne peut pas passer du linéaire au dégressif en cours de plan.
  • BOFiP BIC-AMT — section de la doctrine fiscale dédiée aux amortissements (BIC = Bénéfices Industriels et Commerciaux, AMT = amortissements).

Linéaire ou dégressif : tableau comparatif

Critère Linéaire Dégressif
Formule de l’annuité Valeur ÷ durée VNC × (1/durée × coefficient)
Annuité année 1 (sur 30 000 € / 5 ans) 6 000 € 10 500 €
Évolution Constante Décroissante puis basculement linéaire
Conditions d’éligibilité Aucune Bien neuf, durée ≥ 3 ans, catégorie listée par l’article 39 A du CGI
Biens exclus Aucun Véhicules de tourisme, mobilier de bureau, bâtiments
Prorata temporis En jours (de la mise en service au 31/12 ÷ 365) En mois entiers (mois d’acquisition compté pour un mois)
Coefficient fiscal Sans objet 1,25 / 1,75 / 2,25 selon la durée
Avantage fiscal immédiat Faible Élevé (réduit le résultat imposable la 1ʳᵉ année)
Avantage trésorerie Régulier Concentré au début
Complexité Simple Modérée (basculement à gérer)

Le calcul du linéaire en détail

La formule

Annuité linéaire = Valeur d’origine HT × Taux linéaire, où Taux linéaire = 1 / Durée d’utilisation.

Pour un bien de 30 000 € amorti sur 5 ans :

  • Taux linéaire = 1 / 5 = 20 %
  • Annuité = 30 000 × 20 % = 6 000 €/an

L’annuité reste identique chaque année. À la fin du plan (année 5), la VNC tombe exactement à zéro.

Tableau d’amortissement linéaire complet

Année Base amortissable Annuité Cumul VNC fin
1 30 000 € 6 000 € 6 000 € 24 000 €
2 30 000 € 6 000 € 12 000 € 18 000 €
3 30 000 € 6 000 € 18 000 € 12 000 €
4 30 000 € 6 000 € 24 000 € 6 000 €
5 30 000 € 6 000 € 30 000 € 0 €

Le prorata temporis en linéaire

Si le bien est mis en service en cours d’année, l’annuité de la première année est proratisée en jours. Pour une mise en service le 1ᵉʳ juillet 2026 :

Prorata = nombre de jours du 01/07 au 31/12 ÷ 365 = 184 / 365 ≈ 0,504

Annuité année 1 = 6 000 × 0,504 ≈ 3 025 €. L’annuité non consommée (2 975 €) est reportée sur une année 6 supplémentaire pour solder le plan.

Le calcul du dégressif en détail

Le coefficient fiscal

Le coefficient à appliquer au taux linéaire dépend de la durée d’utilisation :

Durée d’utilisation Coefficient dégressif
3 ou 4 ans 1,25
5 ou 6 ans 1,75
Plus de 6 ans 2,25

La formule

Annuité dégressive = VNC en début de période × Taux dégressif Taux dégressif = (1 / Durée) × Coefficient fiscal

Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans (coefficient 1,75) :

  • Taux linéaire = 1 / 5 = 20 %
  • Taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %
  • Annuité année 1 = 30 000 × 35 % = 10 500 €

L’année suivante, l’annuité s’applique à la VNC restante (30 000 − 10 500 = 19 500 €), pas à la valeur d’origine. Donc annuité année 2 = 19 500 × 35 % = 6 825 €, et ainsi de suite.

La règle du basculement vers le linéaire

Le calcul dégressif est conçu pour ne jamais atteindre zéro mathématiquement (35 % de plus en plus petit). Pour solder le plan, le CGI prévoit un basculement automatique vers le linéaire :

À chaque année, on compare deux annuités :

  • L’annuité dégressive = VNC × taux dégressif
  • L’annuité linéaire résiduelle = VNC ÷ années restantes

On retient la plus grande des deux. Le calcul bascule en linéaire dès que ce dernier devient plus favorable, ce qui arrive systématiquement vers la fin du plan.

Tableau d’amortissement dégressif complet

Pour 30 000 € sur 5 ans, coefficient 1,75 :

Année VNC début Annuité dégressive Annuité linéaire résiduelle Annuité retenue VNC fin
1 30 000 € 30 000 × 35 % = 10 500 € 30 000 / 5 = 6 000 € 10 500 € (dégressif) 19 500 €
2 19 500 € 19 500 × 35 % = 6 825 € 19 500 / 4 = 4 875 € 6 825 € (dégressif) 12 675 €
3 12 675 € 12 675 × 35 % = 4 436 € 12 675 / 3 = 4 225 € 4 436 € (dégressif) 8 239 €
4 8 239 € 8 239 × 35 % = 2 884 € 8 239 / 2 = 4 119 € 4 119 € (linéaire) 4 119 €
5 4 119 € 4 119 × 35 % = 1 442 € 4 119 / 1 = 4 119 € 4 119 € (linéaire) 0 €

L’année 4 marque le basculement : pour la première fois, l’annuité linéaire résiduelle (4 119 €) dépasse l’annuité dégressive (2 884 €). À partir de là et jusqu’à la fin, on amortit en linéaire.

Le prorata temporis en dégressif

Différence importante avec le linéaire : le prorata se calcule en mois entiers, pas en jours. Le mois d’acquisition compte intégralement, quelle que soit la date dans le mois.

Pour une mise en service le 15 juillet 2026 :

  • Prorata = 6 mois (juillet à décembre) / 12 = 0,5
  • Annuité année 1 = 30 000 × 35 % × 0,5 = 5 250 €

Le solde non consommé (5 250 €) est reporté sur une année supplémentaire, ou réparti selon le basculement.

Comparatif chiffré linéaire vs dégressif

Sur le même bien (30 000 € / 5 ans), voici les deux plans côte à côte :

Année Linéaire Dégressif Différence
1 6 000 € 10 500 € +4 500 €
2 6 000 € 6 825 € +825 €
3 6 000 € 4 436 € −1 564 €
4 6 000 € 4 119 € −1 881 €
5 6 000 € 4 119 € −1 881 €
Total 30 000 € 30 000 € 0 €

Le total amorti est strictement identique sur les deux méthodes — c’est la valeur du bien. Ce qui change, c’est la répartition dans le temps : le dégressif concentre l’amortissement au début.

À taux d’IS de 25 %, l’économie d’impôt est :

  • Linéaire : 6 000 € × 25 % = 1 500 € chaque année (sur 5 ans = 7 500 € au total).
  • Dégressif : 10 500 × 25 % = 2 625 € en année 1, puis dégressif (sur 5 ans = 7 500 € au total également).

Sur la durée totale, l’économie d’impôt est la même. La différence est qu’au temps t=1, le dégressif a généré 2 625 € de cash en plus de trésorerie disponible — un avantage qui peut être réinvesti.

Pourquoi choisir le linéaire

L’amortissement linéaire est le bon choix par défaut dans cinq cas :

1. Quand le bien n’est pas éligible au dégressif. Véhicules de tourisme, mobilier de bureau classique, immeubles commerciaux : pas le choix, c’est linéaire.

2. Quand vous achetez en seconde main. Le dégressif exige un bien neuf. Un matériel d’occasion, même éligible par catégorie, est obligatoirement amorti en linéaire.

3. Quand la durée est courte (1 à 2 ans). Pas de coefficient applicable au-delà de 1,25 sur les durées courtes — le gain devient marginal.

4. Quand l’entreprise est en déficit ou faiblement bénéficiaire. Si vous n’avez pas d’IS à payer en année 1, le dégressif perd son intérêt fiscal. Linéaire = plus simple, plus prévisible.

5. Quand vous voulez une lisibilité maximale du bilan. Dotations stables, prévisions financières simples, ratios économiques constants. Idéal pour un bilan présenté à un banquier ou un investisseur.

Pourquoi choisir le dégressif

L’amortissement dégressif est systématiquement avantageux fiscalement dès lors qu’il est applicable, dans cinq situations principales :

1. Quand vous voulez optimiser votre trésorerie en année 1. Une annuité majorée de 75 % la première année réduit immédiatement le résultat imposable et donc l’IS à payer.

2. Quand vous prévoyez une croissance forte les années suivantes. Si votre bénéfice va exploser dans 3 ans, autant amortir massivement aujourd’hui pendant que vous avez du résultat à neutraliser.

3. Quand vous achetez du matériel à obsolescence rapide. Outillage industriel, équipement informatique, matériel high-tech : le dégressif reflète mieux la perte de valeur réelle des premières années.

4. Quand vous comptez revendre le bien avant la fin du plan. En cas de cession, la VNC plus basse en dégressif réduit la plus-value imposable.

5. Quand le coût administratif est négligeable. Aucune contrainte particulière à respecter au-delà de la mention dans la liasse fiscale et du basculement vers le linéaire — gain fiscal avec un effort minimal.

Quand passer du dégressif au linéaire

Le passage du dégressif au linéaire est automatique et obligatoire dès que l’annuité linéaire résiduelle (VNC ÷ années restantes) devient supérieure à l’annuité dégressive. C’est une règle prudentielle prévue par le CGI pour ne pas amortir indéfiniment.

Concrètement, le basculement intervient :

  • Sur durée 5 ans, coefficient 1,75 : généralement à l’année 4 ou 5.
  • Sur durée 8 ans, coefficient 2,25 : généralement à l’année 5 ou 6.
  • Sur durée 3 ans, coefficient 1,25 : généralement à l’année 2 ou 3.

Le passage en sens inverse — du linéaire au dégressif en cours d’amortissement — n’est jamais autorisé. Le choix se fait au démarrage du plan et engage l’entreprise pour toute la durée.

Cas par type de bien

Matériel informatique (durée 3 ans)

Coefficient 1,25 → taux dégressif = 33 % × 1,25 = 41,67 %.

Sur un PC de 2 400 € sur 3 ans :

  • Linéaire : 800 € × 3 ans
  • Dégressif : 1 000 € (an 1), 800 € (an 2), 600 € (an 3) — basculement an 3.

Économie de trésorerie an 1 : 200 € × taux d’IS 25 % = 50 € de cash supplémentaire. Faible, durée trop courte.

Véhicule utilitaire (durée 4 ans)

Coefficient 1,25 → taux dégressif = 25 % × 1,25 = 31,25 %.

Sur un utilitaire de 25 000 € HT sur 4 ans :

  • Linéaire : 6 250 € × 4 ans
  • Dégressif : 7 813 € (an 1), 5 371 € (an 2), 5 908 € (an 3 — basculement), 5 908 € (an 4).

Économie an 1 : (7 813 − 6 250) × 25 % = 390 €.

⚠️ Les véhicules de tourisme ne sont pas éligibles au dégressif (seulement les utilitaires affectés exclusivement à un usage professionnel).

Machine industrielle (durée 8 ans)

Coefficient 2,25 → taux dégressif = 12,5 % × 2,25 = 28,125 %.

Sur une machine de 100 000 € HT sur 8 ans :

  • Linéaire : 12 500 € × 8 ans
  • Dégressif an 1 : 28 125 €, an 2 : 20 215 €, an 3 : 14 530 €, an 4 : 12 500 € (basculement), 12 500 € × 4.

Économie de trésorerie an 1 : (28 125 − 12 500) × 25 % = 3 906 €. Significatif.

Exercice corrigé

Énoncé : Une PME acquiert un robot industriel le 1ᵉʳ avril 2026 pour 60 000 € HT. Durée d’utilisation 6 ans. Le robot figure dans la liste des biens éligibles au dégressif. Calculer le tableau d’amortissement dégressif.

Solution :

Coefficient pour 6 ans = 1,75. Taux linéaire = 1/6 ≈ 16,67 %. Taux dégressif = 16,67 % × 1,75 = 29,17 %.

Prorata année 1 (acquisition au 1ᵉʳ avril) = 9 mois / 12 = 0,75.

Année VNC début Annuité dégressive Annuité linéaire résiduelle Annuité retenue VNC fin
1 60 000 € 60 000 × 29,17 % × 0,75 = 13 125 € 60 000 / 6 = 10 000 € 13 125 € 46 875 €
2 46 875 € 46 875 × 29,17 % = 13 672 € 46 875 / 5 = 9 375 € 13 672 € 33 203 €
3 33 203 € 33 203 × 29,17 % = 9 685 € 33 203 / 4 = 8 301 € 9 685 € 23 518 €
4 23 518 € 23 518 × 29,17 % = 6 860 € 23 518 / 3 = 7 839 € 7 839 € (linéaire) 15 679 €
5 15 679 € 15 679 × 29,17 % = 4 573 € 15 679 / 2 = 7 840 € 7 840 € 7 840 €
6 7 840 € 7 840 × 29,17 % = 2 287 € 7 840 / 1 = 7 840 € 7 840 € 0 €

Total amorti = 60 000 € ✓. Basculement à l’année 4. L’annuité non consommée année 1 (2 875 € en équivalent linéaire 12 mois) est récupérée sur la durée restante via le basculement.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l’amortissement linéaire et le dégressif ?

L’amortissement linéaire étale la valeur du bien en annuités constantes (= valeur ÷ durée). L’amortissement dégressif applique un coefficient fiscal au taux linéaire pour générer des annuités décroissantes plus élevées les premières années. Sur la durée totale, le montant amorti est identique — seule la répartition change.

Quand utiliser l’amortissement dégressif ?

Dès lors que le bien est neuf, qu’il a une durée d’utilisation d’au moins 3 ans, et qu’il appartient à une catégorie éligible par l’article 39 A du CGI (matériel industriel, informatique, équipement de manutention, etc.). Le dégressif est avantageux quand l’entreprise a un résultat fiscal positif à neutraliser et veut améliorer sa trésorerie en année 1.

Pourquoi choisir l’amortissement linéaire ?

Pour la simplicité, la prévisibilité, et parce qu’il est applicable sans condition. Si le bien n’est pas éligible au dégressif (véhicule de tourisme, mobilier de bureau, immeuble commercial) ou s’il est acquis en seconde main, le linéaire est obligatoire. Il est aussi préférable si l’entreprise est déficitaire (le dégressif n’apporte alors aucun bénéfice fiscal).

Quand passer du dégressif au linéaire ?

Le passage est automatique et obligatoire dès que l’annuité linéaire calculée sur la VNC restante (VNC ÷ années restantes) devient supérieure à l’annuité dégressive (VNC × taux dégressif). En pratique, le basculement intervient au cours du dernier tiers du plan d’amortissement.

Peut-on changer de méthode après le démarrage de l’amortissement ?

Non. Le passage du linéaire au dégressif après la mise en service du bien n’est pas autorisé. Le choix se fait à l’inscription au plan d’amortissement initial et engage l’entreprise pour toute la durée. Seul le basculement automatique dégressif → linéaire en fin de plan échappe à cette règle (il est imposé par le CGI).

Quels sont les biens éligibles au dégressif ?

Liste précisée par l’article 39 A du CGI : matériel et outillage industriels, matériel informatique, équipement de manutention, machines de bureau (sauf machines à écrire), matériel de bureautique scientifique, installations de magasinage, équipements anti-pollution. Les véhicules utilitaires (camionnettes affectées exclusivement à l’usage professionnel) sont éligibles ; les véhicules de tourisme sont exclus.

Comment calculer l’économie de trésorerie offerte par le dégressif ?

Différence d’annuité entre dégressif et linéaire en année 1, multipliée par le taux d’IS. Sur 30 000 € / 5 ans à IS 25 % : (10 500 − 6 000) × 25 % = 1 125 € de trésorerie en plus la première année. Ce gain est réinjectable dans l’activité.

Le dégressif est-il avantageux en LMNP ?

Non. Le régime LMNP au réel impose l’amortissement par composants en méthode strictement linéaire. Le dégressif n’est pas autorisé pour l’immobilier locatif meublé, qu’il s’agisse du bâti, du mobilier ou des composants.

Quel mode d’amortissement choisir pour optimiser fiscalement ?

Le dégressif est systématiquement plus avantageux fiscalement quand il est applicable, car il décale le paiement de l’IS sur les premières années (effet trésorerie). Conditions cumulatives : bien neuf, durée d’utilisation ≥ 3 ans, catégorie éligible (article 39 A CGI), entreprise bénéficiaire (sinon le dégressif n’apporte rien). Si une condition manque, ou si l’entreprise est en déficit, le linéaire suffit.

Le passage du linéaire au dégressif est-il possible en cours de plan ?

Non, jamais. Le choix se fait à l’inscription du bien au plan d’amortissement et engage l’entreprise pour toute la durée. Seul le basculement automatique du dégressif vers le linéaire en fin de plan échappe à cette règle, car il est imposé par le CGI pour solder le plan à zéro mathématiquement.

Comment savoir si un bien est éligible au dégressif ?

Trois critères cumulatifs : (1) le bien doit être neuf à l’acquisition ; (2) sa durée d’utilisation doit être au moins 3 ans ; (3) il doit appartenir à une catégorie listée par l’article 39 A du CGI : matériel et outillage industriels, matériel informatique, équipement de manutention, machines de bureau (sauf machines à écrire), équipements anti-pollution, installations de magasinage. Vérifiez aussi le BOFiP BIC-AMT pour les cas particuliers.

Quelle est la formule du coefficient dégressif en 2026 ?

Le coefficient fiscal n’a pas changé depuis 2001 et reste : 1,25 pour une durée de 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans, 2,25 au-delà de 6 ans. Il s’applique au taux linéaire (1/durée) pour donner le taux dégressif. Sur durée 5 ans : taux dégressif = (1/5) × 1,75 = 35 %. Ce barème est inscrit à l’article 39 A I du CGI.

Le dégressif fait-il payer plus ou moins d’impôt au total ?

Pareil au total. Sur la durée complète du plan, l’amortissement cumulé est strictement identique en linéaire et en dégressif (= valeur du bien). L’économie d’impôt totale est donc la même. Ce qui change, c’est la répartition dans le temps : le dégressif concentre les déductions sur les premières années → décalage favorable de trésorerie (l’argent économisé peut être réinvesti). Sur 30 000 € à IS 25 %, économie totale = 7 500 € dans les deux cas.

Pourquoi un véhicule de tourisme ne peut-il pas être amorti en dégressif ?

Le législateur a explicitement exclu les véhicules de tourisme du régime dégressif (article 39 A III du CGI), pour éviter une optimisation fiscale jugée excessive. Seuls les véhicules utilitaires affectés exclusivement à un usage professionnel (camionnettes, fourgons) sont éligibles. La frontière dépend de la carte grise : VP (véhicule particulier) = exclu, VU (véhicule utilitaire) = éligible.

Quand intervient le basculement vers le linéaire ?

Automatiquement, dès que l’annuité linéaire résiduelle (VNC ÷ années restantes) dépasse l’annuité dégressive (VNC × taux dégressif). En pratique, le basculement intervient dans le dernier tiers du plan : généralement à l’année 4 ou 5 sur durée 5 ans (coefficient 1,75), à l’année 5 ou 6 sur durée 8 ans (coefficient 2,25). Excel le gère via une formule =MAX(annuité_dégressive ; VNC/années_restantes).

Comment passer en comptabilité l’écart dégressif – linéaire ?

Avec un amortissement dérogatoire. La comptabilité passe l’amortissement économique (généralement linéaire pour respecter l’image fidèle), tandis que la fiscalité retient le dégressif. La différence est inscrite en provisions réglementées (compte 145) au passif, débit 6872 « Dotations aux amortissements dérogatoires », crédit 145. Cet écart se reverse en fin de plan quand le linéaire dépasse le dégressif.

Le dégressif fonctionne-t-il pour un investissement locatif (LMNP, SCI) ?

Non, l’immobilier locatif est exclu du régime dégressif. En LMNP au régime réel, l’amortissement est obligatoirement linéaire, par composants séparés (gros œuvre, toiture, installations, mobilier). Idem pour les SCI à l’IR (revenus fonciers ne permettent pas l’amortissement) ou à l’IS (linéaire uniquement sur l’immobilier). Le dégressif est réservé aux biens industriels et professionnels neufs.

Quel impact fiscal en cas de revente avant la fin du plan ?

La cession sort le bien du bilan à sa VNC (valeur d’origine moins amortissements cumulés). Plus-value = prix de cession − VNC. En dégressif, la VNC est plus basse les premières années qu’en linéaire (amortissement plus rapide), ce qui mécaniquement augmente la plus-value imposable en cas de revente précoce. C’est l’inconvénient symétrique de l’avantage trésorerie initial. À calculer si vous prévoyez de revendre rapidement.

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