Calculateur d'amortissement comptable
Comment fonctionne ce calculateur
Le calculateur Amortia génère le plan d’amortissement comptable d’une immobilisation selon les règles fiscales françaises. Vous saisissez la valeur d’origine HT, la durée d’utilisation, la méthode (linéaire ou dégressif) et la date de mise en service — le calculateur restitue l’annuité année 1 (avec prorata temporis si l’acquisition est en cours d’année), le taux appliqué, le coefficient fiscal et le tableau d’amortissement complet jusqu’à la valeur nette comptable nulle.
Tous les calculs sont conformes au Code général des impôts (CGI) et à la doctrine fiscale en vigueur en 2026. Les durées d’utilisation et coefficients dégressifs sont alignés sur les usages comptables admis par l’administration.
Choisir votre type d’actif (10 presets disponibles)
Le menu déroulant « Type d’actif » en haut du formulaire pré-remplit automatiquement la durée d’utilisation et la méthode d’amortissement les plus courantes pour 10 catégories de biens. Vous achetez un MacBook Pro à 2 500 € pour votre activité ? Sélectionnez « Matériel informatique » et la durée passe à 3 ans en dégressif (le mode fiscalement le plus avantageux pour ce type de bien). Une voiture pour votre dirigeant à 35 000 € ? Sélectionnez « Véhicule de tourisme » et la durée passe à 5 ans en linéaire — avec un champ CO2 qui apparaît pour gérer le plafond fiscal (voir plus bas).
| Type d’actif | Durée par défaut | Méthode | Cas d’usage typique |
|---|---|---|---|
| Logiciel | 3 ans | Linéaire | Licence Microsoft 365, suite Adobe, ERP |
| Matériel informatique | 3 ans | Dégressif | Ordinateur, serveur, écran |
| Mobilier de bureau | 10 ans | Linéaire | Bureau, chaise, armoire |
| Véhicule de tourisme | 5 ans | Linéaire | Voiture pour dirigeant, commercial |
| Véhicule électrique | 5 ans | Linéaire | Tesla, Zoé, ID.3 (plafond avantageux) |
| Véhicule utilitaire | 5 ans | Dégressif | Fourgon, camion benne, utilitaire de chantier |
| Site internet | 4 ans | Linéaire | Refonte de site vitrine, e-commerce |
| Fonds de commerce | 10 ans | Linéaire | Rachat d’activité (PME, sous conditions) |
| Immobilier (gros œuvre) | 40 ans | Linéaire | Bâtiment, structure, charpente |
| Panneau photovoltaïque | 25 ans | Linéaire | Installation solaire toiture, ombrière |
Si votre bien ne correspond à aucune de ces catégories, laissez « Personnalisé » et saisissez manuellement la durée et la méthode. Les durées proposées correspondent aux usages comptables admis par l’administration fiscale ; consultez votre expert-comptable si vous avez un doute sur un cas particulier (composants d’immeuble, bien d’occasion, équipement spécifique à votre métier).
Linéaire ou dégressif : que choisir
L’amortissement linéaire étale la valeur du bien en parts égales sur la durée d’utilisation. Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans, ça donne 6 000 € d’annuité chaque année. Simple, applicable à tous les biens amortissables, c’est le mode par défaut en comptabilité française.
L’amortissement dégressif accélère l’amortissement les premières années en appliquant un coefficient fiscal au taux linéaire. Plus le bien est neuf, plus la dotation est élevée — ce qui réduit le résultat imposable les premières années et améliore la trésorerie.
Trois conditions pour utiliser le dégressif :
- Le bien doit être neuf à l’acquisition,
- Sa durée d’utilisation doit être d’au moins 3 ans,
- Il doit appartenir à une catégorie éligible au dégressif (matériel industriel, informatique, équipement de manutention, etc. — cf. article 39 A du CGI).
Les biens explicitement exclus du dégressif : véhicules de tourisme, mobilier de bureau classique, bâtiments commerciaux et industriels (sauf exceptions).
Le coefficient fiscal
Le coefficient dégressif appliqué au taux linéaire dépend de la durée d’utilisation :
- Durée 3 à 4 ans : coefficient 1,25
- Durée 5 à 6 ans : coefficient 1,75
- Durée supérieure à 6 ans : coefficient 2,25
Pour un bien de 30 000 € sur 5 ans amorti en dégressif :
- Taux linéaire = 1 / 5 = 20 %
- Coefficient = 1,75
- Taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %
Année 1 : 30 000 × 35 % = 10 500 € (vs 6 000 € en linéaire — l’écart est massif).
Le calculateur bascule automatiquement en linéaire dès que le linéaire devient plus avantageux que le dégressif sur le résiduel — c’est la règle du « basculement » prévue par le CGI pour ne pas amortir indéfiniment.
Les véhicules de tourisme : un cas particulier (plafond fiscal art. 39-4 CGI)
L’État pénalise fiscalement l’achat de voitures de fonction polluantes ou trop chères. Concrètement : si vous immobilisez une voiture de tourisme dans votre société, vous l’amortissez comptablement sur sa valeur réelle — mais vous ne pouvez déduire fiscalement que la part qui ne dépasse pas un certain plafond fixé selon les émissions CO2.
Le plafond applicable en 2026 :
| Émissions CO2 (g/km WLTP) | Plafond fiscal | Type de véhicule typique |
|---|---|---|
| 0 g/km (électrique) | 30 000 € | Tesla, Zoé, ID.3, Mégane E-Tech |
| 1 à 19 g/km | 30 000 € | Hybride rechargeable très peu émissif |
| 20 à 49 g/km | 20 300 € | Hybride rechargeable courant |
| 50 à 160 g/km | 18 300 € | Essence ou diesel récents (plupart des modèles) |
| Plus de 160 g/km | 9 900 € | SUV puissant, sportive, gros 4×4 |
Exemple concret. Vous achetez une Tesla Model 3 à 50 000 € HT pour le dirigeant. CO2 = 0 g/km → plafond 30 000 €.
- Annuité comptable année pleine : 50 000 / 5 = 10 000 € par an (sur 5 ans)
- Annuité fiscalement déductible : 30 000 / 5 = 6 000 € par an
- Fraction non déductible : 4 000 € par an, soit 20 000 € sur 5 ans à réintégrer dans le résultat fiscal
Bonne nouvelle pour les électriques : le plafond de 30 000 € est le plus élevé du barème, et la plupart des Tesla / e-208 / Zoé / ID.3 passent sous ce plafond — donc 100 % déductible. C’est un des leviers fiscaux qui rend l’investissement véhicule électrique en société particulièrement intéressant.
Le calculateur applique ce plafond automatiquement quand vous sélectionnez « Véhicule de tourisme » ou « Véhicule électrique » et saisissez les émissions CO2. Un bandeau jaune s’affiche au-dessus du tableau pour rappeler le montant à réintégrer chaque année.
Annuité comptable vs annuité fiscale : pourquoi deux colonnes
Le tableau d’amortissement affiche deux colonnes qui peuvent diverger : annuité comptable et annuité fiscale.
- L’annuité comptable est la dotation que vous passez réellement en comptabilité (compte 681 « Dotations aux amortissements », contrepartie en compte 281). Elle se base sur la valeur d’origine HT complète du bien.
- L’annuité fiscale est la part qui vient effectivement réduire votre résultat imposable. Elle se base sur la valeur d’origine plafonnée si un plafond fiscal s’applique (cas des véhicules de tourisme, vu plus haut).
Pour la grande majorité des biens (matériel, mobilier, logiciel, immobilier hors résidence), les deux colonnes sont identiques — il n’y a pas de plafond, donc l’amortissement comptable = l’amortissement fiscal. Le calculateur le signale en affichant « n/a » dans la case « Coefficient fiscal » du panneau de résultats.
Pour les véhicules de tourisme dépassant le plafond, les deux colonnes divergent. La différence (la « fraction non déductible ») doit être réintégrée extra-comptablement dans la déclaration fiscale annuelle (case WE de la liasse 2058-A). Si vous déléguez votre comptabilité à un expert-comptable ou à un logiciel SaaS comptable, cette réintégration se fait automatiquement à partir de la fiche d’immobilisation.
Le prorata temporis
Si la mise en service intervient en cours d’année, l’annuité de la première année est proratisée :
- En linéaire, le prorata se calcule en jours calendaires sur la base d’une année civile de 365 jours, comme le font les logiciels comptables modernes.
- En dégressif, le prorata se calcule en mois entiers (le mois d’acquisition compte pour un mois entier, quelle que soit la date dans le mois).
Exemple : un bien acquis et mis en service le 1ᵉʳ juillet 2026 amorti en dégressif sur 5 ans.
- Prorata = 6 mois / 12 = 0,5
- Annuité année 1 = 30 000 × 35 % × 0,5 = 5 250 €
L’annuité non consommée (ici 5 250 €) est reportée sur la dernière année du plan, qui sera donc plus chargée que les autres.
Les cas d’usage du calculateur
Acquisition d’une immobilisation en SCI ou société — pour planifier l’impact fiscal d’un investissement (matériel, véhicule utilitaire, équipement) sur le résultat des prochains exercices.
Bilan prévisionnel — pour intégrer les dotations aux amortissements dans un budget prévisionnel à 5 ans, avec ou sans prorata selon la date prévue d’acquisition.
Choix entre linéaire et dégressif — comparez les deux méthodes sur le même bien pour mesurer le gain de trésorerie immédiate offert par le dégressif (et l’inversion les dernières années où le dégressif amortit moins que le linéaire).
LMNP en régime réel — calcul de la dotation annuelle pour un bien immobilier mis en location meublée non professionnelle. Attention : pour le LMNP, on amortit séparément le bâti (durée 25-30 ans), les composants (10-20 ans) et le mobilier (5-7 ans), avec uniquement la méthode linéaire.
Préparation d’une liasse fiscale — pour anticiper les dotations à intégrer dans le tableau 2055 (actif amortissable) avant la clôture.
Les paramètres à saisir
La valeur d’origine HT correspond au prix d’acquisition hors TVA, augmenté des frais accessoires nécessaires à la mise en service (transport, installation, frais de douane). La TVA récupérable n’entre pas dans la base amortissable.
La durée d’utilisation est la durée pendant laquelle le bien rendra ses services à l’entreprise. Elle se distingue de la durée d’usage fiscale (admise par l’administration). Pour la plupart des biens courants, l’usage admet une durée fiscale précise (5 ans pour un ordinateur, 4-5 ans pour un véhicule, 10 ans pour du mobilier, etc.).
La méthode : linéaire si le bien est utilisé de manière régulière sur sa durée, dégressif si le bien perd plus rapidement de la valeur ou si vous cherchez à optimiser fiscalement les premières années.
La date de mise en service déclenche le démarrage de l’amortissement. C’est la date où le bien devient utilisable, pas nécessairement la date de la facture.
Questions fréquentes
Quelle différence entre amortissement comptable et amortissement fiscal ?
L’amortissement comptable est celui inscrit en comptabilité selon le plan d’amortissement validé par l’entreprise. L’amortissement fiscal est celui admis en déduction du résultat imposable. Les deux peuvent diverger : par exemple, un amortissement comptable plus rapide que l’amortissement fiscal autorisé crée un amortissement « différé » à réintégrer.
Peut-on changer de méthode en cours d’amortissement ?
Le passage du linéaire au dégressif n’est pas autorisé. L’inverse (dégressif → linéaire) est implicite : le calcul bascule automatiquement en linéaire sur le résiduel quand celui-ci devient plus favorable, sur la base de la valeur nette comptable et de la durée résiduelle.
Que se passe-t-il en cas de cession du bien avant la fin du plan ?
La VNC (Valeur Nette Comptable) à la date de cession est sortie de l’actif. La différence entre prix de cession et VNC constitue une plus-value ou moins-value à court ou long terme selon l’ancienneté du bien.
Le calculateur gère-t-il l’amortissement par composants ?
Non, il calcule un seul plan d’amortissement par bien. Pour un bien décomposé (immeuble = bâti + composants + agencements), il faut faire tourner le calculateur autant de fois qu’il y a de composants, chacun avec sa propre durée et méthode.
Peut-on amortir au-delà de la durée prévue ?
Non. La VNC ne peut pas devenir négative. Sur la dernière année, l’annuité est ajustée pour que la VNC tombe exactement à zéro (ou à la valeur résiduelle si vous avez prévu une valeur de revente).
Pourquoi l’annuité fiscale de mon véhicule est-elle plus faible que l’annuité comptable ?
C’est le plafond fiscal de l’article 39-4 du CGI qui s’applique. L’État limite la part déductible de l’amortissement d’un véhicule de tourisme selon ses émissions CO2 (entre 9 900 € et 30 000 € de base amortissable selon le profil). La fraction au-delà reste comptabilisée mais n’est pas déductible fiscalement et doit être réintégrée chaque année dans la liasse 2058-A. Voir la section « Les véhicules de tourisme » plus haut.
Que veut dire la ligne en jaune dans le tableau dégressif ?
C’est l’année où le calculateur bascule du dégressif au linéaire. Mécaniquement, à un moment donné, l’annuité dégressive (un pourcentage de la valeur résiduelle qui diminue chaque année) devient inférieure à ce que donnerait un amortissement linéaire sur la durée résiduelle restante. À ce moment, on bascule. C’est une règle prévue par le CGI pour ne pas amortir indéfiniment un bien en dégressif (sinon la VNC ne tomberait jamais à zéro). Tout est fait automatiquement, vous n’avez rien à calculer — la ligne jaune sert juste à visualiser où ça se passe sur votre plan d’amortissement.
Comment exporter le tableau pour mon comptable ?
Deux options sous le tableau : « Exporter CSV » télécharge un fichier .csv ouvrable dans Excel ou Google Sheets (avec en en-tête les paramètres : coût, durée, méthode, et les colonnes Année / Période / Base / Annuité comptable / Annuité fiscale / Cumul / VNC). « Imprimer / PDF » ouvre l’aperçu d’impression de votre navigateur — depuis là, choisissez « Enregistrer au format PDF » comme imprimante pour générer un PDF propre du plan d’amortissement, sans les boutons et avec le bandeau résultat reformaté en mode noir-sur-blanc adapté à l’impression.
Mon bien ne correspond à aucun preset, que faire ?
Laissez « Personnalisé » dans le menu déroulant et saisissez manuellement la durée et la méthode. Les presets ne sont que des raccourcis sur les cas les plus courants — vous pouvez parfaitement amortir un équipement spécifique à votre métier (machine outil, tracteur agricole, robot industriel, etc.) en saisissant ses caractéristiques propres. En cas de doute sur la durée admise par l’administration pour un équipement particulier, consultez le BOFiP (BOI-BIC-AMT-10-40-10) ou demandez à votre expert-comptable.
Comment intégrer le résultat dans la liasse fiscale ?
Les dotations annuelles vont dans le compte 681 (charge), avec une contrepartie en 281 (amortissement de l’immobilisation). Sur la liasse, le tableau 2055 détaille l’actif amortissable et les dotations de l’exercice.
Les valeurs résiduelles sont-elles prises en compte ?
Le calculateur amortit jusqu’à zéro. Si vous avez prévu une valeur résiduelle (cas d’un véhicule avec une valeur de revente certaine), il faut soustraire cette valeur de la base amortissable avant la saisie.
Aller plus loin
Pour comprendre en profondeur la mécanique de l’amortissement, ses conditions d’application et les pièges à éviter, lisez notre guide « L’amortissement comptable : guide complet » qui détaille les règles fiscales et propose plusieurs cas pratiques.
Si vous cherchez plutôt à calculer le remboursement d’un prêt (et non l’amortissement d’un actif), c’est le calculateur de prêt immobilier qu’il vous faut — la logique mathématique est différente (annuités constantes au lieu de linéaire/dégressif).